‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 23 sur 262 · DE L'INSTRUCTION CIVIQUE · texte numérisé non relu

DE L'INSTRUCTION CIVIQUE

SOMMAIRE. — Des avantages de cet enseignement. — Difficultés qu'il présente. — Caractère à lui donner. — .Mesure à garder.

— Idées qu'il doit propager. — Sentiments qu'il doit inspirer.

— Méthodes qu'il comporte. — Qu'il ne faut pas se borner à l'exposition* - • Qu'il faut mettre en lumière les principes et en montrer l'application. —Qu'on peut faire trouver beaucoup aux enfants. — Méthode interrogative. — Application de la méthode aux attributions du conseil municipal, aux fonctions du maire, à l'organisation des divers ministères. — De la méthode narrative. — Dans quels cas on peut rappliquer.

L'enseignement civique est une des plus heureuses innovations du programme de 1882 ; il offre des avantages de tout genre. D'abord il initie l'enfant à la connaissance de la société dans laquelle il doit vivre; de plus, il fournit aux maîtres les moyens de le prémunir contre les erreurs grossières et les utopies dangereuses qui s'emparent des esprits incultes aux heures de trouble et de découragement ; enfin, -comme il se compose de parties bien distinctes, dont -chacune forme par elle-même un tout, il se prête aux nécessités d'un enseignement forcément frac-

tionné et à l'application des méthodes les plus rigoureuses.

La société est une machine immense, puissante et pourtant si délicate qu'on n'en peut fausser ou déranger le moindre ressort, sans compromettre le jeu de l'ensemble ; machine compliquée qui n'est point l'œuvre d'un seul inventeur, mais d'un peuple entier et parfois de plusieurs peuples ; qui n'a pas été fabriquée en une fois, ni montée en un jour, mais qui, d'abord grossière et simple, s'est enrichie peu à peu de pièces nouvelles, ajustées tant bien que mal aux anciennes, et incessamment retouchées. C'est là une virité fort élémentaire, il est vrai, mais d'une grande importance, et que l'enseignement civique ne saurait trop mettre en lumière ; car ils sont nombreux encore ceux qui s'imaginent qu'une société se coule *comme un bronze ou se construit comme un édifice, et que, pour faire une société parfaite, il suffît d'un modèle ou d'un plan. Les hommes ne sont pas des pierres ; ils ne se laissent pas tailler et ranger au gré d'un architecte, quelque habile qu'il puisse être. D'un'autre côté, on ne trouve nulle part un espace vide, une place nette pour y construire, et des matériaux tout prêts pour la construction ; mais partout des terrains encombrés de ruines, qu'on n'enlève pas d'un seul coup, couverts d'édifices qu'on ne rase et ne remplace pas instantanément. Tout cela est bon à dire.

Nombreux dans ce temps-ci sont les constructeurs de sociétés en chambre, quir demandent

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