‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 24 sur 262 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

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qu'on leur livre le pays, pour le jeter dans leurs moules'; combien plus nombreuses sont les dupes de ces ambitions insensées, nées de l'ignorance et de la folie ! On peut dire et sans exagération que nombre de Français n'ont qu'une idée vague et confuse de ce qu'est une société, des éléments divers qui la composent, des modifications sans nombre qu'elle subit incessamment, des conditions de son existence, des lois de son développement, des améliorations qu'elle comporte et des changements qu'elle ne pourrait supporter sans périr; on peut dire aussi que c'est à la faveur de cette ignorance générale que se répandent les théories absurdes qui trouvent taat de partisans et qui en trouveraient bien plus encore si les inventeurs et les propagateurs de ces utopies ne se chargeaient de les discréditer eux* mêmes par leurs violences et leurs discordes.

Grâce à l'instruction civique, la génération nouvelle n'aura pjus l'excuse de l'ignorance, et l'on peut légitimement espérer qu'elle puisera dans une étude aussi instructive l'intelligence des progrès réalisableset le dégoût des chimères décevantes. Rien n'est pluspropre à développer le sens pratique et à mûrir la raison que l'étude analytique de la société contemporaine, si elle est faite avec clairvoyance et sagesse ; si, en mettant le présent sous les yeux des élèves, le maître n'oublie pas de tourner aussi leurs regards en arrière et en avant, équitable en ses jugements pour un passé trop souvent méconnu ou décrié,

préoccupé d'un avenir trop souvent escompté ou compromis.

Il n'est pas d'enseignement qui puisse répandre plus d'idées saines et dissiper plus de préjugés que celui qui doit successivement parler de la famille, de ]'école, de la commune, de la patrie et de l'humanité ; qui doit passer en revue toutes les formes de l'activité individuelle et sociale, apprécier les services que les métiers et les professions libérales, l'agriculture, l'industrie et le commerce rendent au pays; étudier les conditions du travail, de l'apprentissage, du patronat, de la concurrence, du capital, des sociétés de tout genre, des syndicats, des caisses de retraites, d'épargne, d'assurances ; exposer l'organisation administrative, militaire, politique, judiciaire, scolaire du pays.

Sur chacun de ces points, le véritable maître a -soin, en rapprochant le passé du présent, de faire mesurer le chemin parcouru, les progrès accomplis ; il montre les difficultés sans . nombre qu'on a eu h vaincre, les résistances intéressées, les obstacles inhérents à la nature des choses ; les lenteurs inévitables créées par la force des habitudes, par la ténacité des préjugés, £ar les conditions de temps imposées à toutes les améliorations matérielles ou morales; il prémunit les enfants contre ce tour d'esprit qui nous porte à ne voir d'autre obstacle à la réalisation de nos vœux que la mauvaise volonté présumée de nos semblables ; qui nous rend injustes

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