CHAPITRE
devant la loi ; comment ces juridictipns ont été créées par le désir et le besoin de garantir les citoyens contre les erreurs et les surprises, contre les illégalités et la partialité, et d'assurer un recours équitable à quiconque se croit victime d'une injustice voulue ou d'une irrégularité involontaire ; comment ces juridictions sont nées, la seconde de l'insuffisance de la première, la troisième de l'insuffisance de la seconde, et la dernière et la plus haute, de celle des trois autres. S'agit-il d'expliquer l'économie de notre système scolaire, il ne suffira pas d'étager les trois ordres d'enseignement, le primaire avec ses écoles maternelles, primaires, supérieures, professionnelles; le secondaire avec ses lycées et ses collèges ; le supérieur avec ses facultés et au-dessus l'Institut avec ses académies ; il faudra montrer le principe générateur de ce système dont le but est d'assurer à tous les ciloyens en général le minimum d'instruction nécessaire à l'exercice de leurs droits communs; à chacun en particulier la somme des connaissances nécessaires à l'exercice de son métier ou de sa profession ; au pays tout entier le développement littéraire et scientifique nécessaire au' maintien de son rang et de sa dignité ; il faudra faire voir comment lei pro- * grammes vont s'élargissant à mesure que l'on monte de degrés en degrés, comment les exigences de l'enseignement public augmentent et les difficultés grandissent avec l'importance des fonctions auxquelles il prépare ; comment enfin il
répond par la variété de ses formes à la diversité des aptitudes individuelles et à celle des besoins nationaux.»
Mais s'il est bon de donner aux enfants la raison des choses, il est meilleur encore de la leur faire trouver, et l'instruction civique est un domaine où le» enfants, biendirigés, peuvent découvrir beaucoup par eux-mêmes.
D'abord ils ont autour d'eux bien des éléments dont on peut tirer parti; ensuite avec ce qu'ils voient et avec ce qu'ils savent on peut par le raisonnement leur faire deviner bien des choses qu'ils ignorent. Supposons qu'on ait à leur parler de la commune et du conseil qu'on devrait appeler communal et qu'on nomme municipal. Le maître va-t-il, d'un ton dogmatique, commencer en ces termes :
« La commune est une portion de territoire administrée par un maire qui est assisté d'un ou de plusieurs adjoints et d'un conseil municipal. »
Il vaudra mieux, je crois, par une suite de questions posées avec ordre, faire trouver d'abord à l'enfant le sens du mot commune, et l'acheminer ainsi peu à peu à la découverte et à l'intelligence des institutions nécessaires à l'existence de la commune.
« A qui appartient la mairie, qu'on appelle encore la maison commune? à qui la place et les rues du village ? à qui les chemins dits vicinaux ? à qui les bois communaux ? à qui l'école ? etc. »