‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 28 sur 262 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Par ces questions et d'autres semblables, par les réponses qu'elles provoquent, on amènera l'enfant à comprendre que les habitants de sa ville où de son village ont un certain nombre de biens et d'intérêts communs, et que c'est de cette communauté que la commune a tiré son nom.

« Cette maison commune, ne4aut-il pas la réparer de temps à autre? Cette école, n'a-t-on pas été obligé de la reconstruire? Ces rues, ces chemins, ne faut- il pas les entretenir ? Ces bois, ne faut-il pas y faire des coupes? etc. »

Par cette seconde série de questions, auxquelles il

répondra sans peine, l'enfant arrive à reconnaître que la commune doit, comme tout propriétaire, entretenir ses propriétés ; qu'elle a par conséquent des travaux à exécuter, des dépenses à faire.

Mais pour ces travaux, pour ces dépenses, elle a besoin d'aTgent. Ici nouvelles questions pour lui faire découvrir une à une toutes les ressources de la commune, les contributions, les prestations en nature, les baux à ferme ou à loyer, les droits de place dans les foires et dans les marchés, les droits de pâture, etc.

« Et pour décider quels travaux on doit entreprendre, quelle somme on doit y consacrer, en un mot pour bien employer les revenus de la commune, ne faut-il pas choisir des hommes de bonne volonté, et surtout des hommes capables et honnêtes ? »

Voilà la nécessité du conseil municipal établie, et sa fonction principale trouvée.

« Comment choisit-on les conseillers? Que signifient les mots élections, électeur, éligible, élu, élire? que les conseillers doivent être une élite, etc. »

Mais c'est assez pour indiquer la méthode h suivre; elle consiste à tirer de l'enfant tout ce qu'il tfait sans le savoir, en suivant un ordre logique, et, comme on dit familièrement, à dévider le peloton. L'interrogation finie et le champ de la leçon pareouru, le maître revient au point de départ, il ramasse une à une les idées et les faits qu'il a laissés sur le bord du chemin, il les rapproche et les lie en faisceau, ou, pour parler sans métaphore, il en f dit" un sommaire, qui peut être, dicté, et qui, sous un petit volume, renferme Ja leçon tout entière.*

Dans l'instruction civique, presque tous les sujets comportent l'emploi de cette méthode, qui fait travailler l'esprit des enfants, qui les intéresse et les rend tout heureux et tout fiers de se trouver si savants. Pour la bien appliquer, le maître doit lire à l'avance le chapitre du manuel qui contient la substance delà leçon ; réfléchir un moment sur la marche à suivre et planter quelques jalons pour conduire ses interrogations; en s'ingéniant à diriger les enfants il apprendra sûrement à se diriger lui-même.

Prenons un sujet un«peu plus difficile que celui qui précède : il s'agit, je suppose,- de faire comprendre ce

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