‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 30 sur 262 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

autres, on donne une idée de l'unité du pays, de l'importance des services, et de la nécessité d'une direction générale et d'un contrôle à tous les degrés. Ainsi se trouve expliquée la création successive des divers ministères, qui sont nés des besoins nationaux au fur et à mesure que ces besoins se faisaient sentir et dont quelques-uns, comme le ministère de l'agriculture, sont nés d'hier, et quelques autres, comme le ministère des colonies, naîtront demain ou après. Cette méthode, qui consiste à s'élever progressivement du particulier au général et à remonter des extrémités au centre, convient à presque toutes les questions d'organisation et de hiérarchie. S'agit-il au contraire de questions d'origine, et veut-on montrer par exemple d'où et comment sont nées la propriété, l'agriculture, l'industrie, les contrats, le commerce, les testaments, les héritages, etc., la forme narrative me paraît préférable, et à coup sûr les enfants la préfèrent; à l'aide d'un conte, dune histoire, d'un petit roman inventé à dessein, on montre sans peine comment toutes ces choses découlent de nos besoins matériels et moraux, comment la propriété a sa source dans le sentiment profond de la justice ; les testaments, les héritages dans le sentiment sacré de l'amour paternel; les contrats, les

échanges, dans le sentiment de notre faiblesse et du besoin que nous avons les uns des autres. Il n'est pas nécessaire d'implanter ces idées dans l'esprit de l'enfant; elles y sont en germe, et les incidents du

récit les en font sortir. Sa nature droite et simple souffre à voir dépouiller l'homme laborieux d'un bien acquis au prix de ses sueurs, et arracher à ses enfants le fruit de son travail et de sa prévoyance. Autant la bonté le touche, la générosité l'émeut, autant la spoliation le révolte et l'indigne.

Cette méthode narrative a été employée avec succès dans d'excellents livres comme Francinet. Il est à désirer que nos maîtres n'y voient pas seulement un ouvrage à lire, mais un modèle à imiter.

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