‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 37 sur 262 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

mande le pourquoi, lui sera-t-il bien difficile de répondre qu'il est inutile de mettre un s là où il y en a un, x équivalant à es ? „

Grâce à ce petit travail de comparaison, grâce à ce petit effort de réflexion, il n'a plus besoin d'apprendre la règle, "car il là sait; et s'il l'oublie, l'ayant faite, il pourra la refaire.

C'est donc une méthode à changer, c'est une autre habitude à prendre, et la difficulté réside bien moins dans la faiblesse prétendue des enfants que dans la force trop réelle de la routine. On ne soit pas de la routine sans un effort vigoureux, soutenu, et, pour s'épargner cet effort, la paresse qu'engendre l'habitude ne manque jamais d'en exagérer la grandeur.

Quand on aura ainsi simplifié, vivifié l'étude de la grammaire par la pratique intelligente de la méthode inductive et par l'habitude de la réflexion, quand on aura fait circuler l'air et la lumière dans cet épais fourré de règles entrelacées d'exceptions, la mémoire aura encore assez à faire ; mais au moins elle. ne se fatiguera plus en efforts inutiles, que le jugement lui aura épargnés.

Ce qui est possible pour les règles, ne l'est pas moins pour les définitions. Combien de fois faut-il faire répéter aux enfants la définition de l'adjectif ordinal et celle de l'adjectif cardinal, avant qu'ils la possèdent! Si, au lieu de l'apprendre par cœur, ils. pouvaient la trouver eux-mêmes, quelle économie dejemps, quel profit pour l'esprit 1 Avec une phrase

comme celle-ci : « Nous étions trente dans notre classe, et j'étais le cinquième, » ou d'autres semblables, est-U si difficile de les amener à reconnaître que le mot trente exprime une idée de nombre et cinquième une idée de rang ? Admettons que l'enfant n'y arrive pas du premier coup ; ne peut-on, à l'aide de questions comme . les suivantes : « quel était le nombre des élèves? quel était votre rang ? » ne peut-on, dis-je, le mettre sur la voie, et l'acheminer vers la réponse ?

Apprise, la définition s'oublie; trouvée, elle reste ou se retrouve. La vérité est qu'il est bien plus commode de faire apprendre que de faire chercher. Dans le premier cas, un ordre suffit, qui est vite donné; dans le second, il faut de la patience, de la méthode, et un peu d'ingéniosité.

Rien n'empêche d'employer le même procédé pour faire déterminer le sens des préfixes et des suffixes, au moins de ceux qui expriment le plus clairement et le plus constamment la même idée. Au lieu, par exemple, de commencer par dire que le suffixe et te exprime ordinairement l'idée de petitesse, et de le prouver par des exemples, demandons aux enfants ce que c'est qu'une clochette, une maisonnette, une planchette, une colonnette,'une tablette, etc ; ils nous répondront certainement : c'est une petite cloche, une petite maison, une petite planche, etc. Déjà cette inévitable répétition de l'adjectif petite, frappant leur oreille, frappera leur esprit. Demandons-leur

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