‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 42 sur 262 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

tonie des sujets, ennuyeux par l'emploi de procédés endormants? C'est ainsi que, même dans le cours supérieur, ils font épeler toute la dictée et tous les mots de la dictée, sans omission ni rémission. Il y a dans tout morceau beaucoup de mots que les enfants connaissent et sont en état d'écrire, et d'autres qui leur sont nouveaux ou du moins peu connus. A quoi bon épeler les premiers? Si l'enfant les a mal écrits, c'est par étourderie et non par ignorance. Le maître, qui revoit les cahiers, doit corriger ces fautes ou exiger que l'enfant les corrige ; mais en faire l'objet d'une correction générale et vingt fois répétée, c'est perdre un temps précieux, c'est fatiguer sans profit l'attention des élèves, ou, pour mieux dire, c'est la décourager et la rendre impossible.

D'autres en usent avec la grammaire comme ils en usent avec les mots ; toutes les règles qu'ils rencontrent dans la dictée, ils condamnent les enfants à les énoncer, sans leur faire grâce d'une seule. Ce régime de répétition à outrance lasserait la patience elle-même, il ne peut qu'engendrer l'ennui et le dégoût, ou endormir l'élève, ou le changer en machine. C'est un exercice à la mécanique.

Chaque dictée, choisie à dessein, doit renfermer un certain nombre de règles soit nouvelles, soit oubliées, et dont le maître se propose ou d'enseigner l'application ou de réveiller le souvenir. C'est sur celles-là qu'il convient d'appuyer, c'est à celles-

là qu'il faut se borner, réservant les autres pour les dictées suivantes. Presque toute la grammaire peut tenir dans un morceau de vingt lignes ; il ne faut pas s'imposer de revoir chaque jour et dans chaque morceau la grammaire en entier. Ajoutons que ces procédés ont pour effet inévitable d'allonger indéfiniment la durée, d'un seul exercice au détriment des autres, et de favoriser la paresse d'esprit d'abord chez les enfants, et, faut-il le dire, chez les maîtres eux-mêmes.

Dans la correction de la dictée, quel doit être Te rôle du tableau noir ? Faut-il, comme on en a presque partout l'habitude, faut-il y faire écrire la dictée d'un bout à l'autre, soit par un élève faible dont on corrige les fautes aussi nombreuses qu'inévitables, soit par un des meilleurs élèves, qui la transcrit correctement? Je crois qu'il est bon d'envoyer tour à tour au tableau des élèves de force diverse, mais je considère comme une perte de temps la transcription de la dictée entière. A mon sens, il vaudrait mieux se borner, surtout dans le cours supérieur, à faire reproduire au tableau les mots dont l'orthographe offre quelque difficulté, et les phrases qui contiennent les règles que le maître a en vue d'expliquer. C'est là la part de la correction générale, le reste est l'affaire de la correction individuelle. Cependant il est bon, une fois la correction terminée, d'appeler au tableau quelques-uns des enfants dont la faiblesse ou l'étourderie sont" bien

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