‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 54 sur 262 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Et l'autre dans la fable du Chêne et le Roseau :

Du bout de l'horizon accourt avec furie

Le plus terrible des enfants Que le Nord eût porté jusque-là dans ses flancs.

Un enterrement ne va pas comme un ouragan :

avec l'un le mouvement de la voix devra se ralentir ; avec l'autre, se précipiter. Ainsi, en général, il faut imiter la nature, dire vite ce.qui se fait vite et lentement ce qui se fait lentement.

Presque dans tous les membres de phrase, il y a un mot plus important que les autres, un mot où la pensée se concentre, où le sentiment afflue, et que par suite la voix doit mettre en relief par une intonation plus élevée et plus forte ; c'est ce qu'on appelle le mot de valeur. Dans l'étude préparatoire qui précède la récitation, le maître s'appliquera aie faire trouver aux enfants. Il n'est pas d'exercice meilleur à tous les points de vue, il n'en est pas qui fasse pénétrer plus avant dans l'intelligence des textes, qui révèle mieux les intentions de l'auteur, qui soit plus propre à aiguiser l'esprit et à former le goût. Les erreurs mêmes que l'enfant peut commettre tournent à son profit, car il est facile au maître démontrer en rapprochant les mots combien les uns sont pauvres et les autres riches de sens.

Dans les vers qui suivent et qui sont tirés de la fable de La Fontaine intitulée Le Coche et la Mouche :

La mouche, en un commun besoin Se plaint qu'elle agit seule, et qu'elle a tout le soin, Qu'aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire

les mots seule, tout, aucun, ont plus de valeur que les autres, ils accusent l'intention du poète qui, en les employant coup sur coup, a voulu faire voir l'importance ridicule que se donne cette mouche affairée, importune; on peut dire que le sens général de la fable est en quelque sorte condensé dans ces mots ; il faudra donc les chercher en étudiant le texte, et les accuser en le récitant.

Dans la fable qui a pour titre la Mort et le Mourant, celui-ci se plaint que la Mort le contraigne à partir

Sans qu'il ait fait son testament, Sans l'avertir au moins. Est-il juste qu'on meure Au pied levé? dit-il; attendez quelque peu.

Souffrez qu'à mon logis j'ajoute encore une aile; Que vous êtes pressante, ô déesse cruelle !

Il est clair que tous ces mots différents sans, juste, attendez, souffrez, pressante, servent tous à exprimer sous des formes diverses, par la plainte et par la prière, une seule et même idée, mère de la fable, un seul et même sentiment, qui est la répugnance invincible de l'homme pour la mort. Il sera donc bon de faire sentir aux enfants la valeur à la fois spéciale et commune à ces mots, pour qu'ils la fassent sentir à leur tour dans la récitation.

Nous avons montré comment Ton peut trouver le

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