‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 8 sur 262 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

lisait à former des sujets et des plébéien* ; le nouveau répond aux besoins et aux aspirations d'une société transformée par la science et la Révolution ; il est propre à former des hommes* des citoyens, à développer toutes les aptitudes, à ohvrir les voies par où le mérite peut arriver à tout.

Le programme d'autrefois ne s'occupait que de la culture de l'esprit, et, sous ce rapport même, il s'en tenait au strict nécessaire; il mesurait parcimonieusement à l'enfant du peuple la nourriture intellectuelle, il le tenait à la portion congrue. Savoir lire, écrire et compter, c'était bien assez pour qui devait se borner à lire l'almanach, à signer son contrat de mariage, à compter son fermage et ses impôts. La vieille conception de la vie humaine, conception essentiellement monarchique et théocratique, impliquait l'inutilité de la science. Pas n'est besoin d'être savant pour fajre son salut ou pousser le rabot et la charrue; et même, L'ignorance ne semblaitelle pas une garantie de sagesse et de docilité ? Dangereuse est l'instruction, elle rend volontiers les gens inquiets, indépendants. Dans cette conception, l'homme du peuple, ouvriers, paysans, devaient vivre d'une vie étroite, locale, étrangers au reste du monde, étrangers même aux destinées de leur pays.

Les temps ont changé ; la Révolution française d'abord, puis une série de révolutions engendrées par des restaurations impuissantes et éphémères, ont

peu à peu initié le peuple à la vie politique et l'ont enfin mis en possession de ses droits. C'en est fait, le suffrage universel est définitivement, irrévocablement acquis. La' contre-révolution elle-même n'oserait y toucher ; elle entreprendrait de le fausser peut-être, mais de le supprimer, jamais. Or, le suffrage univert el a fait autant de citoyens qu'il y a de Français ; ces citoyens, il fallait les préparer à l'accomplissement des devoirs civiques et moraux qu'imposent les institutions républicaines, à l'exercice des droits qu'elles confèrent; il fallait tremper les corps, former les cœurs, éclairer les esprits ; c'était pour l'État un devoir, et pour la République une nécessité. Ce devoir est rempli ; et les programmes du 27 juillet assurent à la nation française une éducation physique, intellectuelle et morale.

C'est là, en effet, le triple caractère imprimé à l'éducation primaire ; elle prend l'homme tout entier, corps, tête et cœur. Elle recommence, au milieu du calme et dans le fonctionnement régulier des institutions républicaines, l'œuvre qu'avait conçue . la Révolution française, que Lakanal avait préparée et que les terribles convulsions de la guerre civile, et les malheurs de la guerre étrangère vinrent brusquement interrompre et pour longtemps. Le projet Lakanal comprenait en effet dans l'enseignement primaire :

Les droits de l'homme ;

Les procédés des arts ;

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