‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 91 sur 262 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

offrent-ils pas des images saisissantes de toutes les destinées humaines ?

Celui-ci, avec son feuillage tombant, n'est-il pas le symbole de la tristesse et de la douleur ? et cette ressemblance est si frappante qu'on Ta appelé le saule qui pleure. Cet autre avec son feuillage sombre et serré, avec sa noire immobilité, ne semble-t-il pas fait pour être le gardien de la mort et des tombeaux ? Voyez à côté ce peuplier tout frémissant, tout frissonnant, tout bruissant au moindre souffle de la brise ; ce bouleau au blanc corsage, au feuillage argenté, si léger qu'il semble plutôt flotter que pendre, ne respirent-ils pas la vie et la gaieté? Ce chêne aux bras vigoureux, à l'épais ombrage, n'est-il pas l'emblème reconnu de la force et de la majesté ? Et ce pin des montagnes, tortu et ramassé sur lui-même,

qui enfonce ses racines avides et tenaces dans les

fentes et jusqu'au cœur des rochers, ce pin fouetté, battu par le vent, desséché, brûlé du soleil, ne nous fait-il pas songer à ces volontés de fer, à ces caractères indomptables, que le sort frappe sans relâche, mais qu'il ne peut abattre ni briser ?

Quelle diversité dans les attitudes ! Ceux-ci laissent tomber leurs branches, d'un air de découragement, comme s'ils ne pouvaient plus les porter ; ceux-là les étendent d'un air protecteur ; d'autres les relèvent et les poussent droit vers le ciel en manière de défi; autant d'arbres, autant d'attitudes.

Et parmi tous ces arbres déjà si divers parla

forme, l'aspect, la couleur, quelles différences encore dans la destinée ! les uns robustes et luxuriants de verdure, les autres chétifs, pauvres de sève, pâles de feuillage. Enfin, comme parmi les hommes, il y a parmi eux des santés florissantes, des maladies incurables, des morts précoces et de vertes vieillesses ; les arbres vivent, c'est-à-dire, souffrent, jouissent et meurent.

Aussi quand nous donnons à l'enfant un arbre à décrire, tout en lui recommandant de suivre une marche réglée, de manière à être complet, nous ne l'empêcherons pas d'aller plus loin, et de chercher dans le caractère général et la physionomie de 'arbre l'unité et l'harmonie de sa description.

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