DESCRIPTION DES ANIMAUX
SOMMAIRE. — Méthode analytique. — Division naturelle. — Exemples tirés de L. Figuier et de Buffon. — L'âne. - L'oi seau-mouche.
Du végétal à l'animal, nous montons d'un degré ; Jes organismes deviennent plus riches, plus compliqués, plus délicats; la sensibilité plus vive ; et enfin l'intelligence apparaît ; la volonté parfois est si bien réglée, qu'on la croirait plutôt dirigée par la raison que soumise à l'instinct.
La description ici devient plus la&orieuse, car la difficulté va croissant avec la complexité des sujets; il est difficile de tout voir, là où il y a tant avoir; il est difficile de mettre de Tordre dans cette foule de détails, et difficile encore de faire un choix judicieux, car on ne peut pas tout dire. Prenons un animal, et voyons comment nous pourrons le décrire ; prenons, non le roi des animaux, mais un de ses plus humbles sujets, l'âne, si vous le voulez bien. Voici donc l'âne, ce pelé, ce galeux, dont on dit
tant de mal à la cour du lion, et dont il y a cependant tant de bien à dire. Écoutons M. L. Figuier :
« L'âne est un quadrupède de taille moyenne ; son pelage est gris de souris ou gris argenté, luisant
ou mêlé de taches obscures Si on le compare
au cheval pour la figure et le port, on reconnaît tout de suite que l'âne a la tête plus grosse, les oreilles beaucoup plus allongées, le front et les tempes garnies d'un poil plus long, les yeux moins saillants, la lèvre supérieure plus pointue, Vencolure plus épaisse, le garrot moins élevé et le poitrail plus étroit. Le dos est convexe, Y épine saillante, lesAawches sont plus hautes que le garrot ; la croupe est plate et ravalée et la queue dégarnie de poils jusqu'aux trois quarts de sa longueur. Si Ton ajoute que le cheval a un hennissement d'une puissance et d'une fierté remarquables, tandis que le braiement de l'âne est affreusement discordant, on serait porté à décrier ce pauvre animal; cependant il est digne d'occuper un rang élevé dans notre estime. »
Arrêtons-nous un moment et voyons le chemin parcouru par l'auteur.
Il a commencé par ce qui frappe d'abord la vue, c'est-à-dire l'ensemble, la taille et la couleur ; puis, prenant l'animal par la tête, ou par les oreilles et pour cause, il a méthodiquement conduit son regard d'observateur des oreilles au front, puis aux tempes, aux yeux, à la bouche, à l'encolure, au garrot, au poitrail, au dos, à l'épine, aux hanches, a la