‹ De l'enseignement à l'école et dans les classes élémentaires des lycées et collègesChapitre 99 sur 262 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

il fait répéter celui qui l'entretient, et il ne goûte que médiocrement tout ce qu'il lui dit : il déploie un ample mouchoir, et se mouche avec grand bruit ; il crache fort loin, et il éternue fort haut ; il dort le jour, il dort la nuit, et profondément; il ronfle en compagnie. Il occupe à table et à la promenade plus de place qu'un autre : il tient le milieu en se promenant avec ses égaux ; il s'arrête, et l'on s'arrête ; il continue de marcher, et l'on marche : tous se règlent sur lui : il interrompt, il redresse ceux qui ont la parole ; on ne l'interrompt pas, on l'écoute aussi longtemps qu'il veut parler; on est de son avis, on croit les nouvelles qu'il débite. SU s'assied, vous le voyez s'enfoncer dans un fauteuil, croiser les jambes l'une sur l'autre, froncer le sourcil, abaisser son chapeau sur ses yeux pour ne voir personne, ou le relever ensuite, et découvrir son front par fierté et par audace. «Il est enjoué, grand rieur, impatient, présomptueux, colère, libertin, politique, mystérieux sur les affaires du temps ; il se croit des talents et de l'esprit. Il est riche.

(Chapitre des Biens de fortune.)

Voici une manie, la manie des oiseaux ; voyons l'auteur à l'œuvre. Il nous introduit dans la maison de Dipkiïe ; du haut en bas, on ne voit, on n'entend

r que des oiseaux, on est étourdi par leur ramage. Le maître est en action ; il verse du grain, il nettoie les

; cages, pendant qu'un aide siffle des serins ; sa journée entière est consacrée à ces soins laborieux ; il ne s'endort que lorsque ses oiseaux sont endormis, et dans son sommeil, il en rêve encore ; ce n'est plus un homme ; La Bruyère achève la métamorphose et lui fait rêver qu'il devient oiseau. Chemin faisant, l'auteur a marqué de quelques traits rapides et incisifs les effets de cette manie, les jours perdus, « ces jours qui échappent et ne reviennent plus », et sacrifiés

à cette famille adoptive, les enfants de Diphile « sans maîtres et sans éducation ». C'est ici plus que le por- 1 trait d' un homme, c'est le tableau de sa vie. j

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