‹ De l'enseignement antialcoolique a l'ecoleChapitre 5 sur 11 · EDIT. 150,43% 280070 1068 S · texte numérisé non relu

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Accroissement au 31 décembre 1904 :

‘La consommation de l'alcool s’est accrue en Belgique jusqu’ en 1895. Hn 1850, elle était de 5,83 litres par habitant; en 1870, de 7,86 litres, et en 1895, elle arrivait au û chiffre exorbitant de 10,50 litres. À partir de ce moment, … elle décroît d'année en année. En 1898, elle n'était plus " que c de 8,60 litres; en 1902, de 8,45 jus et-en 1903; elle ait tombée à 5,37 litres ; | n ivrets à la caisse d'épargne va en nn En

CE

Rae RUE

5,480 ; et en 1903, il A dot e nombre

Res et la and antialcooliques dans les écoles sont tellement considérables et frappants, que dans la ce culaire de M. Doumergue rappelée plus haut, le Ministre. : 2

cite la Belgique comme un exemple de ce qu’on peut at. je tendre de l’enseignement de la tempérance à |” école, et ie

donne en même temps quelques-uns des CHUTES que ee viens de rapporter. Se e.

L'année même où le frère Maurice présentait son inté- is ressant rapport au Congrès de Liège, le Gouvernement re Belge adressait aux Gouverneurs de Provinces une nou- a. velle circulaire en vue d'amener les communes à inscrire - à leur budget annuel une petite subvention qui servirait. à fonder des prix spéciaux aux maîtres qui se seraient le. plus distingués dans l’enseignement antialcoolique. La circulaire constate la diminution énorme de la consommation de l'alcool en Belgique, et elle attribue les trois quarts de cette décroissance à l’enseignement ee

lique à l’école. à + J'arrive à la Norvège. À | Au mois d'août 1906, une des plus puissantes Sociétés .

de tempérance du Royaume Uni, The Scottish Ten. 2e

perance Legislation Board, qui a son siège à Edimburg,

Ecosse, envoyait en Norvège une Commission extraordi- .

naire chargée d'étudier les lois de ce pays concernant le

commerce des liqueurs. Er, GREEN étaient as

hautes positions sociales en Ecosse.

Les membres de la Commission firent sur enquête minutieuse et complète, et en Se

“IIS constaté, disent-ils, ue lé peuplé --norvé-

gien qui, il y a moins de cinquante ans, tenait le premier rang sous le rapport de l’ivrognerie, est aujourd'hui la nation la plus sobre de la terre.”

Or ils attribuent ce miracle à deux causes principales, qui sont en quelque sorte la conséquence l’une de l'autre: au sentiment réel de la témpérance dont le peuple est fortement imprégné, qui n'est que la conséquence d'un enseignement antialcoolique poussé à son suprême degré de

LP con “De là une formation pondérée de |” opinion,

qui a permis aux pouvoirs publics de mettre en pratique

une législation efficace." ee Ces notes sur la Norvège sont extraites d’un mémoire préparé en 1909 par feu Edmond Rousseau, Secrétaire de la Ligue antialcoolique de Québec. M. Rousseau entre- tenait une correspondance avec M. Seth, l’un des Commis- saires de Norvège, et je sais par M. Rousseau, qui d’ailleurs le déclare dans son mémoire, que M. Seth, lui adres- sant le rapport provisoire de la Commission, confir- mait, dans une lettre, l’entière véracité des allégations ci-haut. | |

__ L'exemple des Etats-Unis n’est pas moins frappant que celui de la Norvège, de la Belgique et de la France. Personne n'’ignore la lutte acharnée qui se poursuit aux

D Unis contre l’alcool. C’est le pays de la prohibi- | À l'heure actuelle, la plupart des États de la grande

- Fédération sont sous ce régime, qui de plusen plus devient __ le régime commun chez nos voisins, et paraît devoir s’é- 4 tendre, dans un avenir assez rapproché, à tout le territoire

Fe Le encore AD aux Statuts, te nie se font I Re

américain. Et dans certains Etats où la prohibition n'est

si elles sont de par la voix du peuple. j in, bien. est-ce le peuple américain qui veut la prohibition ét Pas déjà obtenue en plusieurs Etats. Le sens de labs e F totale et le sentiment prohibitif sont développés aux Etats- en Unis plus peut-être qu’en aucun pays au monde. Fu Mais comment donc s’est affiné ce sens et développé | ce sentiment ? qui a fait du peuple américain un peuple. aux convictions antialcooliques si ardentes qu’elles le font . ge exiger de ses législateurs l’abolition des buvettes et une ë guerre sans merci à l’alcool ? : | Voici la réponse. | Æ En ce temps-là — c'était 1l y a trente ans, — il vintà l'esprit d’une femme américaine, Mde Mary H. Hunt, de Boston, qu'un des moyens les plus propres à combattre. 4. l’intempérance et à faire triompher l'idée de prohibition

était de Co à aux os dans les écoles des ne nt.

nistes. SUR AÀ l’une des Conventions de la National 1 oman'’s Chris tian Temperance Union elle développa son projet, que >

l'Union endossa avec enthousiasme, s’engageant à tra

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vailler à son entière réalisation.

Cependant, la Trésorière de l'Union n'avait pas d’argent pour entreprendre une telle campagne. N'importe

Sans argent, sans manuels scolaires de tempérance, s

ficultés, des manuels furent . préparés, et des éditer Barnes & Sons, de New York, risquèrent l'aventure de les éditer. |

. Le résultat? Les uns aprés les autres les Etats de la je De cblique décrétèrent l° enseignement, dans les écoles, de . RE hygiène, et par ce moyen de l’antialcoolisme. C’ est ce ee

que demandait Mde Funt. Et la conséquence de cet en- =

seignement? Mde Hunt voulait former des électeurs tem-

pérants et des voteurs prohibitionnistes — l'Ecole lui a

AE

- formé la génération actuelle des citoyens américains, que se nous voyons avec stupeur balayer du sol de leur patrie les

buvettes et tous les débits d'alcool.

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= Franchissant la ligne 45°, passons au Canada, et d’a- : si établissons un compte exact quoique sommaire de la situation de l’enseignement antialcoolique dans chacune

des Provinces du Dominion, pour enfin arriver à notre none où nous établirons une enquête plus complète.

ee Nouveau-Brunswick. Le N.-B. a l’enseignement anti- LE

alcoolique obligatoire depuis une vingtaine d'années. Les | en fants reçoivent d’abord un enseignement oral, puis, lors

au ils sont plus avancés, on leur met entre les mains un à manuel approprié et approuvé, entr'autres le Temperance

Lesson Book du Dr Richardson, Dans les High

© Schools le cours de tempérance 5e continue, et dans les … 5 Ecoles modèles et les Ecoles normales les élèves-maîtres sont formés à cet enseignement. La loi est assez bien : servée, les manuels donnent satisfaction, et aux. exa- ‘ | la tempérance fait l’objet de questions spéciales. ce

pere tes

Nouvelle-Ecosse. Enseignement antialcoolique également obligatoire depuis 1892. Enseignement oral pour les jeunes élèves,des manuels pour les plus avancés, Ceux= ci reçoivent l’enseignement sous la rubrique de l'hygiène et de la physiologie. Ecoles modèles et Ecoles normales pourvues aussi de cet enseignement. Examens obligatoires. D'après les rapports officiels il appert que l’enseignement antialcoolique dépend pour beaucoup de la bonne volonté du personnel enseignant. Cependant, la loi est généralement observée, et les manuels sont satis-

faisants.

Ile du Prince Edouard. Même législation scolaire antialcoolique que dans Îles autres Provinces Maritimes, avec une application peut-être plus générale et des résultats plus consolants.

Ontario. En 1887, pour faire droit à une requête largement signée, le Gouvernement décréta l’enseignement antialcoolique obligatoire, et le manuel du Dr Richardson fut approuvé à cet effet. Ce n’est qu'en 1893 quecette matière prit place parmi les matières des examens. En même temps le manuel de Richardson était remplacé par célui du Dr Nattrass Physiology and Temperance, ce qui était un progrès. Malheureusement, le nouveau programme d’études de 1894 annula pratiquement l’enseignement antialcoolique en négligeant de le sanctionner par des examens. C’est le statu quo depuis lors. Les Sociétés dé tempérance font de persévérants efforts auprès du Gouvernement et du personnel enseignant pour tâcher d'améliorer la situation.

Manitoba. Enseignement facultatif, donné par un bon. nombre d’instituteurs et d’institutrices à l’occasion du cours de physiologie et d'hygiène. Pas de manuel approuvé ni d'examen. Des efforts sont également tentés pour cbhtenir davantage.

Alberta et Saskatchewa non toutefois dans les High Schools. Dans les Ecoles modeles et les Ecoles normales les élèves sont formés À

un. Enseignement obligatoire,

cet enseignement, Le livre du Dr Nattrass est autorisé comme livre du maître. Les élèves n’ont pas de manuel, et il n'y a pas d'examen sur cette matière. Dans ces Provinces également une campagne se poursuit pour rendre plus efficace l’enseignement antialcoolique.

Colombie anglaise. Pas d'enseignement obligatoire ; celui-c1 n’est donné que si les citoyens le demandent. Le Surintendant lui-même veut obtenir une législation plus HÉHEHSCRSUr cette matière, et-ce, :pour/tous- les cours. Actuellement, 1l semble que l’enseignement antialçcoolique, lorsqu'il est donné, ne l’est qu'aux élèves du cours

modèle. Dans la Colombie comme ailleurs où l’enseigne-

ment antialcoolique n’est pas obligatoire ni sanctionné par des examens, cet enseignement dépend beaucoup de la bonne volonté de l’instituteur,

Québec. Chez nous, l’enseignement se trouve dans une situation spéciale. Dans les autres Provinces l'instruction

publique relève du Gouvernement. Ici elle relève du

Conseil de l’Instruction publique, Comité catholique et Comité protestant.

Comité protestant. En 1886, l’enseignement de l’hygiène et de la physiologie, et par cet enseignement celui de la tempérance, fut inscrit au programme d’études pour chacune des classes des cours élémentaire, modèle et académique. Une demi-heure par semaine y était consacrée,

et les ouvrages de la série ‘Barnes Pathfinder” furent autorisés comme manuels.

En 1898, un nouveau programme d’études est préparé, duquel, pour des motifs de surcharge, sont éliminées comme obligatoires certaines matières, par exemple Île français et l'hygiène, lesquels deviennent facultatifs, et

soumis seulement à l'examen de l’Inspecteur des Ecoles

supérieures. Le résultat a été que depuis lors l’enseignement antialcoolique est très négligé. Tout ce qu'on peut maintenant attendre est un enseignement oral, et cela jusqu'au cours académique seulement. Pas de manuel autorisé. La W. C. T. U. de la Province de Obs des efforts pour obtenir une législation efficace, mais sans résultat. : La W. C. T. U: publié én ane, en français un Catéchisme de tempérance à l’usage des écoles de la Province de Québec contre la bière, l'alcool, le tabac. Il ne paraît pas être en usage dans les écoles: C'est plutôt un ouvrage de propagande.

Comilé catholique. [1 ne paraît pas que jusqu’en 190$ ce Comité ait fait aucun règlement touchant l’enseignement antialcoolique. En 1905 et 1906 la croisade de tempérance est inaugurée, et les lettres épiscopales demandent et imposent cet enseignement dans les écoles. Il est permis de penser que Nos Seigneurs ‘les Eveèques membres du Conseil de l’Instruction publique, saisirent le Comité catholique de cette grave question.

En tout cas, le 13 septembre 1905, le Comité catholique adopte le rapport suivant du sous-comité chargé de l’exa= men des livres classiques : “Ce sous-comité est d'avis que la diffusion de ce manuel (le ‘Petit Manuel antialcoolique” du chanoine Sylvain) sera très utile aux points de vue moral et hygiénique; mais comme ce n’est pas un livre de classe proprement dit, il n’est pas dans ses attributions de 1e recommander comme tel.”

En 1906, le 31 janvier, le même sous-comité fait rapport au Comité ‘qu'ayant pris connaissance du livre intitulé Alcool et Alcoolisme par M. Edmond Rousseau, ce sous-comité est d'avis que la diffusion de ce livre sera très utile aux points de vue moral et hygiénique, 5. rapport est adopté. ù

La même année 1906, à la session du printemps, le 25 mal, les Règlements du Comité catholique, ayant été

ê) DORE & tee

refondus, sont Ssanctionnés. Pour la première fois le mot

‘'alcoolisme’” est inscrit au Programme, parmi les leçons

d'hygiène du cours primaire intermédiaire, 5° ou 6° année,

Le 1% avril 1907, la Ligue antialcoolique de Québec adopte une motion proposée par un de ses membres, l’hon. L.-P, Pelletier, touchant l’enseignement obligatoire de la tempérance. Après plusieurs considérands, la motion

conclut à ce ‘‘qu'il soit résolu de S’adresser au Comité catholique du Conseil de l’Instruction Publique de cette Province, le priant de vouloir bien encourager l’enseignement antialcoolique dans les écoles publiques, et ce sous

telle forme qu'il croira opportune.’

A sa séance du 15 mai suivant, le Comité catholique prit communication de la résolution de la Ligue de Québec, ainsi que d’une lettre de M. Edmond Rousseau, secrétaire de la Ligue. Alors, Mgr l’archevêque de Montréal, secondé par l’hon. Thos Chapais, propose et il est adopte :

‘‘Que, relativement à l’article du programme d’études concernant l'alcoolisme, ce Comité croit nécessaire de faire donner, dans les écoles, un enseignement antialcoolique, et prie M. le Surintendant d'envoyer aux instituteurs et aux institutrices une lettre annuelle pour les guider dans leurs leçons et leurs conseils pratiques aux élèves sur Île danger que ce fléau fait courir aux individus, à la famille et à la société. Cet enseignement devra faire l’objet de l'attention spéciale de M'M. les Inspecteurs dans leurs visites, et ceux-ci seront invités à en parler dans leur rap-

port officiel.”

À la session d'automne de 1907, le Comité adopte le rapport du. sous-comité approuvant la 4° édition d’Alcoo!l et Alcoolisme, augmentée de questions et réponses à la

suite de chaque chapitre. Voici les termes du rapport: ‘Le sous-comité est d’avis de ‘recommander ce livre pour l’usage des instituteurs et des institutrices dans les écoles

de la Province." C'est un progrès sur la recommandation . du même ouvrage en 1906.

En 1908, à la session du printemps, fut soumis au Comité catholique le ‘Rapport des Délégués de la Commission Scolaire catholique de Montréal sur leur Mission Pédagogique en Europe”. La Commission a enquêté sur l’enseignement antialcoolique. Le rapport conclut que cet enseignement ‘‘devrait être organisé (dans nos écoles) régulièrement, suivant la méthode suivie avec succès en plusieurs endroits.

“Un programme détaillé est donné aux maîtres, suivant qu’ils enseignent un cours intermédiaire ou supérieur, et ils doivent expliquer les effets de l’alcoo! sur l’individu, sur la famille, sur la société, etc. (voir programme“de Belgique). Nous encourageons l’achat de tableaux démontrant l'effet de l'alcool sur l'organisme humain; mais nous ne voulons nullement de ceux qui, dans le but de montrer l'ivresse odieuse, la représentent telle qu'elle est. Ce serait une mesure antipédagogique; elle pourrait faire naître chez l’enfant le désir d'imitation. |

‘‘Pour organiser l’enseignement antialcoolique dans les écoles de Paris, on fit d’abord des conférences dans les écoles primaires; puis dans. quelques écoles commerciales. A ces dernières conférences, les instituteurs ‘et les institutrices furent spécialement invités. Il fallait, en effet, préparer le personnel au nouvel enseignement. MM. les docteurs Roubinovitsh, Marillier et Legrain s’acquittèrent admirablement de cette tâche. La même chose ne pourrait-elle pas se pratiquer ici ?””

Aucune mesure n’a encore que je sache été prise pos | répondre à ce vœu de la Commission.

A son tour, M. C.-J.- Magnan, Directeur de PEnseignement Primaire, qui a fait cette année même un voyage officiel d’études pédagogiques en Europe, dans le rapport qu'il présentera au Comité catholique, consacrera tout. un

chapitre aux méthodes et à l'efficacité de l’enseignement antialcoolique en France et en Belgique. Toutes ces

lumières accumulées ne devront pas manquer d’éclairer

la voie à uné législation similaire dans notre Province.

Le dernier acte officiel du Comité catholique a été de recommander, le 11 mai 1909, le Petit Catéchisme de lempérance et de TuberculoSe, par feu Edmond Rousseau, comme livre du maître.

On le voit, — et il sied de le faire observer — le Comité catholique a jusqu'ici plus fait pour la cause de la tempérance que le Comité protestant. Il a inscrit l’alcoolisme parmi les leçons à donner sur l’hygiène pour le cours primaire intermédiaire, et sans nul doute l’enseignement de l'hygiène au cours académique comporte aussi celui de l’antialcoolisme, bien que le mot ne se trouve plus au programme de ce cours. Surtout il a adopté la motion de Mgr Bruchési. Le Comité catholique a en outre donné de bonnes notes au Petit manuel antialcoolique du chanoine Sylvain, ainsi qu'à l'ouvrage Alcool et Alcoolisme du regretté Edmond Rousseau ; qui plus est, il a formellement approuvé comme livres du maître ce dernier

ouvrage et le Catéchisme de Tempérance et de Tubercu-

loïe du même auteur. C’est beaucoup, car désormais se trouve écartée du chemin législatif scolaire sur l’antialcolisme l’ardue question de manuels appropriés, du moins celle des manuels à l’usage du professeur.

Il paraît, en effet, que la question du manuel à donner aux élèves a été un obstacle — et peut-être le principal — à l'inscription de: l’enseignement antialcoolique au programme des études. Cet obstacle n’a-t-1l pas disparu avec la publication du Catéchisme d'Edmond Rousseau? Et de livre du maître ce manuel n'est-il pas en tous points digne de devenir livre de l’élève ?

Et d’abord, c’est un véritable livre classique, condition essentielle pour qu'un ouvrage puisse être approuvé comme

manuel scolaire -— condition que le Comité catholique n’a pu reconnaître à l’opuscule plein de mérites du reste de M. le chanoine Sylvain. Fallüt-11l une transformation considérable de cet opuscule pour en faire=un manuel classique, que les qualités si appréciées du Manuel antialcoolique rendraient M. Sylvain. justifiable de tenter cette heureuse transformation. Sans nul doute ce manuél ainsi refondu ne le céderait alors en rien comme classique à celui de M. Rousseau.

De fait, le Caléchisme de Tempérance et de Tuberculose répond admirablement à tous les desiderata d’un manuel scolaire. Bref, bien que plus développé que fe manuel du chanoine Sylvain — il comprend une question pour chaque jour scolaire, — très simple, bien qu'il ne se contente pas d’affirmer mais qu’il motive ses allégations, très clair en même temps et à la portée de toutes les jeunes intelligences. L'auteur a eu l’ingénieuse pensée d'écrire. ce petit livre en collaboration avec ses jeunes enfants. HI leur lisait son texte et ne s’arrêtait à une rédaction définitive que lorsque ses enfants avaient par eux-mêmes, ou avec peu d'explications, parfaitement compris. En outre, les épreuves du Catèchisme furent soumises à plusieurs personnes compétentes, soit dans l’enseignement, soit dans l’antialcoolisme. Sur les suggestions très précises: de ces hommes du métier les épreuves furent encore remaniées et perfectionnées. Et le Catéchisme a cet avantage d’être à la fois un manuel antialcoolique et un manuel antituberculeux. A ce dernier point de vue il commande encore l'attention des éducateurs soucieux d’aider au mouvement qui se produit actuellement contre la peste blanche. Tuberculose et alcoolisme sont frère et sœur ; l'alcoolisme. est l’engrais de la phtisie, selon le mot d’un grand-méde- Cite | |

La question de l’enseignement antialcoolique n'a pas. été agitée qu’au sein du Comité catholique du Conseil de

jusqu

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Pinstruction publique. Le Gouvernement a lui-même

été saisi de la question. L’an dernier, 1908, la Ligue antialcoolique de Québec, avec l'appui en particulier de Mgr l'archevêque de Québec et de Mgr l’évêque de Nicolét, organisait un vaste pétitionnement auprès des Gouvernéments Fédéral et: Provemciat, à lPeffet d’obtenir;-à

même les deniers publics, la distribution, dans les écoles

de la Province, de livres d'enseignement antialcoolique. Déjà les évêques avaient, croyons-nous, demandé au Gouvernement de distribuer à tous les maîtres et maîtresses un livre (Alcool et Alcoolisme) approuvé par le Conseil de l’Instruction publique, portant le sceau du Conseil, et qui resterait la propriété de l’école. La Ligue de Québec appuya cette demande par 700 requêtes venant d'autant de villes et de villages de la Province, et signées par 200- 000 citoyens, membres des Sociétés de tempérance.

Le Gouvernement n’a encore rien fait pour répondre à ces requêtes, sauf qu'il a exprimé son entière bonne volonté à servir la cause de l’enseignement antialcoolique, et qu'il aurait, d’après un journal ministériel de Québec (septembre 1908), ‘‘mis à l'étude un plan général d'enseignement au moyen de traités pédagogiques et de cartes murales, de manière que toutes les écoles de la Province soient autant de sanctuaires où notre jeunesse apprendra à se prémunir contre les dangers des liqueurs enivrantes.”? |

Heureusement que l'initiative religieuse n’a pas attendu l'initiative gouvernementale pour faire de nos écoles au-

tant de Msanctuaires ’ de témpérance.......

L'enseignement antialcoolique se donne en effet dans

nombre d'écoles, ici depuis quatre ans, là depuis trois ans,

ailleurs depuis deux ans, un an. L'Eglise a pris cette

initiative. Plusieurs évêques de la Province ont tour à

tour décrété cet enseignement, spécifiant qu'il aurait lieu

à nouvel ordre au moyen du Manuel du chanoine n.

Sylvai Et pour assurer l'exécution de leur volonté,

ee 00. —

certains évêques ont eux-mêmes acheté ce manuel pour les écoles de leur diocèse, Ainsi Mgr de Chicoutimi avec quelques curés en a acheté 55,000 exemplaires; Mgr des Trois-Rivières 28,000; Mgr de Québec 14,000; Mgr. de Rimouski 5,000. Dans ce diocèse toutefois l’enseignement non plus que la prédication de la tempérance n’ont été ordonnés; mais en fait des missions de tempérance se donnent, et l’antialcoolisme est enseigné, surtout dans les écoles (15) tenues par les Sœurs du Saint-Rosaire. A Montréal, la Commission scolaire a acheté 5,000 exemplaires du Manuel antialcoolique pour distribution gratuite dans les écoles. (1)

À la suite des évêques et pour entrer dans la voie ouverte par eux, des hommes dévoués à la cause ont, à plus d’une reprise, traité de l’enseignement antialcoolique devant des auditoires d’instituteurs et d’institutrices. :

Ainsi, les membres de l'Association des Institutrices catholiques de la Province, section de Québec, avaient en 1906 l’avantage d'entendre à leur convention annuelle, à Québec, traiter cette question au point de vue pratique de la méthode d'enseignement.

Mais pour nous en tenir à Montréal, c’est Sa Grandeur Mer Bruchési lui-même qui, à la 122° Conférence de l’Association des [nstituteurs catholiques de Montréal, le 26 janvier 1906, prononçait un discours où il disait : ‘‘Je viens vous demander de vous faire les apôtres de la grande cause qui nous intéresse tous: celle de la tempérance. Je compte sur vous, Messieurs, d’une manière particulière pour la préparation d'une génération de tempérants et de sobres, et nous les préparerons énsemble.”” AECEMES

expose à l'assemblée son projet; il rappelle aux institu.

teurs l'influence qu'ils peuvent exercer à l’école en instrui-

(1) Notes sur la diffusion du Manuel antialcoolique obligeamment fournies par M. le chanoine Sylvain.

sant l'enfant sur les conséquences funestes de l'intempérance, puis 1] suggère des moyens de combat. Il compare les 120 écoles de Montréal à ses 400 buvettes où l’on fait des ivrognes, et il s’écrie: *Ce sont des écoles aussi! Ce qu'on y enseigne, vous le savez; c’est là que se perdent l’honneur et la foi; c’est là qu’on contracte l'habitude de la boisson et de tous les vices qui en sont la conséquence. Nous allons lutter contre ces maux épouvantables... et le pays et l'Eglise nous en devront une éternelle reconnaissance.” (1)

D an dermenéncore, ler janvier 1008, 4 la 120 Con. férence de la même Association, M. À. Létourneau, Prin- Cipal de l'Ecole Saint-Denis, traitait de l’Alcoolisme et l'Ecole.

Peu après, en février, c’est M. l'abbé Perrier, Inspecteur des Ecoles catholiques de Montréal, qui dans un rapport appuie sur cet enseignement, dont il trace même les grandes lignes : “On pourrait utiliser les conclusions suivantes adoptées dans une conférence d’instituteurs en France, il y a quelques années:

‘“(r1) Démontrer les effets nuisibles de l’abus des boissons fermentées, de l’usage habituel des boissons distillées, du simple usage des boissons alcooliques ;

‘“(2) Déraciner les préjugés et les habitudes répandus sur l’action fortifiante des boissons alcooliques ;

‘(3) Rappeler constamment les accidents irrémédiables que cause l'usage des spiritueux, les malheurs et les souffrances qu’amènent pour lui-même, pour les siens et pour la société les excès où un homme se laisse entraîner ;

‘“(4) Agir sur le cœur de l’enfant plus encore que sur son intelligence. Le convaincre par l’exemple;

‘“(s) Faire concourir toutes les branches de l’enseignement à l'œuvre antialcoolique ;

… (1) Enseignement Primaire, mars 1906.

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