‹ De l'enseignement de notre langueChapitre 10 sur 19 · I. Œuvres de Condilïac. —Paris, Houel, 1798. t. IV, p · texte numérisé non relu

I. Œuvres de Condilïac. —Paris, Houel, 1798. t. IV, p

sa grammaire complète, est pris d'un fort légitime scrupule et fait en note la déclaration suivante :

« Les règles de dérivation que nous indiquons ici sont purement artificielles ; c'est un moyen mécanique d'aider l'élève à former les temps i. »

Nous sommes tout disposé à savoir beaucoup de gré à M. Guérard de cet aveu ; mais n'est-il pas de nature à surprendre les élèves, qui apprennent ainsi, tout à coup, que la théorie étudiée par eux depuis plusieurs années ne repose sur rien, et que tous leurs efforts n'ont abouti qu'à se surcharger la mémoire de notions arbitraires, jugées telles par celui qui les leur a enseignées?

Puisque tout le monde tombe d'accord de l'inexactitude de ces règles, il est inutile de les considérer dans leur principe; mais il n'est peut-être pas sans intérêt d'examiner, en prenant pour guide l'ouvrage de M. Guérard, si elles ont du moins de l'efficacité comme moyen mécanique et si elles apportent en réalité quelque aide aux élèves.

La grammaire que nous venons de citer nous signale, comme la plupart des traités analogues, cinq temps primitifs « qui servent à former les autres dans les quatre conjugaisons ».

De ces cinq temps primitifs, nous n'en reconnaissons que deux :

1° Le participe passé, qui forme avec avoir les

I. Cours complet de langue française, par M. Guérard, deuxième partie. Grammaire et compléments, 15e édition, 1867, p. 41, note I.

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temps composée du verbe actif, et avec être le verbe passif tout entier.

2° Vinfinitif qui sert à former le futur et le conditionnel; mais à l'aide d'un procédé tout particulier, exclusivement propre aux langues néolatines et qui n'a rien de commun avec ceux qu'indiquent les grammaires élémentaires^.

Ces réserves faites, il nous reste trois temps primitifs destinés à former quatre temps dérivés, ce qui est, pour un moyen mécanique, un résultat assez médiocre; encore le fonctionnement en est-il imparfait et compliqué : ainsi, le présent de l'indicatif, mis cependant au nombre des temps primitifs , ne peut former ses trois personnes plurielles qu'à l'aide du participe présent; et, malgré cette intervention inattendue, on ne peut rendre compte de la formation de la troisième personne plurielle du type même de la troisième conjugaison : ils reçoivent, considérée, en désespoir, de cause, comme irrégulière.

Enfin la règle suivante nous paraît plus extraordinaire encore que tout le reste :

Du présent de l'indicatif on forme l'impératif en ôtant les pronoms je, noxis, vous.

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