‹ De l'enseignement de notre langueChapitre 11 sur 19 · INDICATIF · texte numérisé non relu

INDICATIF

IMPERA.T

J'aime ....

. . aime.

Nous aimons. .

. . aimons.

Vous aimez . .

. . aimez.

Comme on nous prévient d'autre part, à l'imt. Voyez cl-aprcs, page ^î.

4+ DELENSEIGNEMENT

pératif, dans la conjugaison même, que ce mode n'a point de première personne, c'est faire croire à l'élève que par la suppression du pronom je on peut métamorphoser une première personne en seconde personne, transformation grammaticale à coup sûr assez curieuse.

Telles sont les merveilles de la mécanique !

C'est là encore un des résultats de l'application inconsidérée des procédés de la grammaire latine au français.

Fausse relativement aux deux langues, la théorie de la formation des temps a, pour le latin, l'avantage d'aider la mémoire, puisque quatre temps primitifs y servent à former huit temps dérivés; mais, pour le français, cet amas de règles de fantaisie ne présente que des inconvénients et peut être remplacé par deux ou trois observations exactes et courtes sur les rapports et les différences des terminaisons des temps.

Sans donner lieu à des changements aussi importants, les chapitres consacrés aux mots invariables contiendront toutefois un bon nombre de modifications de détail sur lesquelles il est inutile d'insister ici.

uANT à la grammaire du degré supérieur, qui doit, suivant nous, être une véritable grammaire historique, il ne suffit pas qu'ainsi qu'il arrive t-^:î2!Sêiy aujourd'hui dans la plupart des ouvra^js de ce genre, elle contienne plus de règles particulières et d'exceptions que la grammaire cicmentaire, qu'elle soit en un mot, suivant la naïve expression de certaines gens, qui consid<:rent ce terme comme un éloge, plus compliquée.

Son but principal doit être de faire comprendre, aussi bien que le permet l'état de la science, les principes des règles données dans le premier ouvrage, d'en faire connaître avec plus d'étendue et de détails les diverses applications, d'indiquer les vraies causes des exceptions et des irrégularités apparentes.

Mais il importe de ne point confondre la grammaire historique de notre langue avec l'histoire de la formation de notre vocabulaire ou avec la grammaire de l'ancien français, ainsi qu'on l'a fait dans quelques ouvrages récents, fort remarquables d'ailleurs.

Une grammaire historique pratique doit prendre notre grammaire actuelle telle qu'elle est, indi-

^uer l'origine ei parfois 'a date précise des règles aujourd'hui reconnues et observées , enfin , expliquer et résoudre les anomalies et les exceptions en les signalant comme des vestiges et des débris de divers états de la langue.

Ainsi entendue, elle devient le complément naturel et nécessaire de l'excellent dictionnaire de M. Littré, qui n'est pas non plus le vocabulaire complet de notre langue à toutes les époques, mais seulement celui du français de notre temps, éclairci par le rapprochement des formes et des sens actuels avec ceux qui ont été employés jadis.

La nécessité, indispensable même pour renseignement primaire, de ne plus avancer de faits sans en indiquer la cause, commence à frapper tous les bons esprits; et nous ne saurions mieux faire, pour donner plus de poids et d'autorité aux idées que nous défendons, que de citer cette page excellente, et parfaitement appropriée à notre sujet, d'un livre de M. Bréal, l'éminent professeur du Collège de France :

u II est certain qu'une règle ainsi formulée : Gens est féminin quand l'adjectif précède, masculin quand l'adjectif suit, n'a rien qui stimule l'esprit. C'est un cas de tératologie grammaticale devant lequel l'intelligence est invitée à s'incliner. Mais si, lisant La Fontaine avec un de mes élèves, je trouve ces vers :

Je fuis Oyfeau : voyez mes aides.

Vive la gent qui fend les airs > !

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