‹ De l'enseignement de notre langueChapitre 12 sur 19 · I. Livre II, fable · texte numérisé non relu

I. Livre II, fable

et que, expliquant ce mot, j'y rattache le pluriel gens et les expressions : les vieilles gens , les bonnes gens, voici que l'élève commencera à réfléchir. Je lui dirai alors que, le sens du mot gens étant devenu de plus en plus semblable à celui du mot homme, il a été fait masculin, excepté dans ces quelques locutions qui étaient trop bien établies par l'usage pour qu'on pût les modifier. L'élève aura une vue sur le passé de la langue, et il n'en retiendra que mieux la règle i. »

Ajoutons que, par suite d'une assimilation du même genre entre homme et personne , ce dernier mot a lui-même été suivi assez fréquemment, chez les auteurs du xvii^ siècle, d'un pronom masculin :

« On rend une perjonne infenfible quand on le reprend trop ^. »

« C'eftdeces fortes de pcrfonnes que le Seigneur a prédit qu'//5 feroient fauves difficilement 3^ »

Le nom indéfini on n'a point d'analogue dans la langue latine. On dit y était exprimé, soit par la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif passif : dicitur (il est dit); soit par la troisième personne plurielle du présent de l'indicatif actif, en sous-entendant homines : dicunt (ils disent ou les hommes disent).

1. Quelques mots sur l'instruction publique en France, par Michel Bréal. — Paris, Hachette, 1872, p. 46.

2. Racine. Livres annotés, tome VI, p. 307, édition de M. Mesnard.

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