‹ De l'enseignement de notre langueChapitre 4 sur 19 · I» DE L'ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

I» DE L'ENSEIGNEMENT

par pure habitude après avoir été imprudemment copiées, au xvi^ siècle, dans les grammaires latines.

Par bonheur, dès le commencement du xvii* siècle, tandis que de tels ouvrages se trouvaient entre les mains des enfants et des étrangers, les questions littéraires et grammaticales commençaient à être soulevées dans les salons, dans les ruelles, oîi elles passionnaient autant les dames que la toilette en tout temps et aujourd'hui la musique. Chacun disait son mot : les gens de Cour, les érudits, les auteurs, les femmes surtout; ainsi s'établissait l'usage, ainsi se réglait la langue, avec instinct, avec goût, mais non sans arbitraire, ni caprice.

Les Remarques fur la langue françoife, vtiles à ceux qui veulent bien parler & bien ejcrire, par Vaugelas, publiées seulement « le huitiefme iour d'Octobre 164.71)), mais commencées fort longtemps auparavant, devinrent le manuel et le code de ces réunions. Doué d'un jugement silr et d'un tact exquis, Vaugelas n'employait pas exclusivement ces précieuses qualités à l'examen des questions grammaticales : il savait voir juste en d'autres matières, et appréciait très-finement le caractère de notre nation ainsi que les défauts et les qualités du public auquel il adre.ssait son livre. A ceux qui lui reprochaient de n'y avoir pas introduit l'ordre suivi d'ordinaire dans les traités grammaticaux, il répondait d'une façon fort judicieuse :

« Pour en parler fainement, il ne feruiroit qu'à ceux qui fçauent la langue Latine, & par confequent

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