‹ De l'enseignement de notre langueChapitre 5 sur 19 · I. A Paris, chez Augustin Courbé, in · texte numérisé non relu

I. A Paris, chez Augustin Courbé, in

DE NOTRE LAN GUE

toutes les parties de la Grammaire; car pour les autres qui n'ayant point eftuiié ne fçauront ce que c'elt que de toutes les parties de l'Oraifon, tant s'en faut que cet ordre leur agreaft ny leur donnait aucun auantage, qu'il pourroit les effaroucher, & leur faire croire qu'ils n'y comprendront rien, quoy qu'en effet elles {ces remarques) foient, ce me femble, conceuës d'vne forte, que les femmes & tous ceux qui n'ont nulle teinture de la langue Latine en peuuent tirer du profit i. »

On est assez porté, sur la foi de l'admiration que Vaugeias inspire aux femmes sçavantes de Molière, à considérer ce grammairien comme un étroit puriste, très-absolu dans ses décisions.

Il est impossible de le juger plus mal.

Il faut bien en convenir : lorsque Philaminte réprimande si vertement la pauvre Martine de son impardonnable faute , quand elle lui reproche d'avoir insulté son oreille

Par rimproprieté d'un mot fauvage & bas, Qu'en termes déciûfs condamne Vaugebs,

quand elle l'accuse d'oifenser

La Grammaire qui fçait régenter jufqu'aux Rois, Et les fait la main haute obéir à Tes lols^,

elle s'écarte de la doctrine du maître, ou du moins, ainsi qu'il arrive toujours aux disciples

t. Préface, ^ ï2.

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