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I. Il existe d’excellents ouvrages dont on pourra se servir

terminée, nous lui conseillons de faire ce que Ton entend par un cours d'harmonie 1. La pratique de cette science est d’une utilité incontestable et celui qui n’en a aucune notion est exposé, à chaque instant, à commettre les plus graves erreurs. S’il veut, par exemple, raccourcir un morceau, faire ce qu’on appelle une coupure, ignorant les lois qui régissent l’enchaînement des tonalités, sera-t-il bien certain de trouver une solution irréprochable? Une faute d’impression le troublera; pour la corriger il doutera de luimême et si, — le cas peut se présenter, — cette faute ne blesse pas l’oreille, son hésitation sera plus grande encore.

Ces connaissances techniques une fois acquises,

entre autres ceux qui ont pour titre ; Principes de la musique, par Augustin Savard, et Théorie de la musique, par A. Danhauser.

1. Pour acquérir des notions succinctes, le Manuel d'Harmonie, par Augustin Savard, suffira certainement. Si, au contiaire, on veut faire des études approfondies, nous recommanderons deux excellents ouvrages : le Cours complet d'Harmonie, du même auteur et le Cours d’Harmonie théorique et pratique, par François Bazin, membre de l’Institut.

des recherches historiques, relatives à l’art musical, prendront une large part dans les travaux de celui qui se destine au professorat. Il devra ne rien ignorer de tout ce qui concerne les compositeurs célèbres; dresser la nomenclature des oeuvres qu’ils ont écrites pour le piano; vérifier l’époque à laquelle ces œuvres ont été produites; en analyser le style, le caractère ; en comparer la forme et en déterminer le degré de difficulté. Pour toutes ces recherches, la Biographie universelle des musiciens, par Fétis, lui sera d’une utilité de chaque instant Des ouvrages spéciaux, de récentes publications pourront, en outre, être consultés avec fruit 2.

1. La Biographie universelle des musiciens, de Fétis, a été souvent critiquée au point de vue de l’exactitude de certains faits. Néanmoins, nous en conseillons l’emploi, ne connaissant pas d'autre ouvrage qui renferme un si vaste ensemble de renseignements instructifs.

2. Citons, entre autres publications intéressantes : Les Clavecinistes (le volume de texte) par Amédée Mércaux ; les Musiciens célèbres, par F’élix Clément; Notices sur la vie et les œuvres de Beethoven, Chopin, Haydn, Mendelssohn, Schubert et Weber, par H. Barbedette ; Beethoven et ses Trois Styles, par W. de Lenz, ouvrage qui renferme.

ENSElGxNEMENT DU PIANO

Les indications qui précèdent sont incomplètes, sans aucun doute, mais elles tracent la voie qu’il faut suivre pour acquérir l’érudition nécessaire à la didactique du piano. Celui qui, peu soucieux de se renfermer dans cette seule érudition, aura la légitime ambition de devenir un musicien véritablement instruit, compulsera soigneusement les nombreux ouvrages publiés depuis un quart de siècle, qui se rattachent à l’art musical L Qu’il ne craigne pas de multiplier ses lectures, fussentelles étrangères à cet art; car tout se tient et s’enchaîne dans les connaissances humaines; et, dans celles que l’on acquiert , en dehors des études spéciales auxquelles on consacre sa vie, dans celles mêmes qui, par leur nature, semblent s’en éloigner davantage, toujours il se rencontre quelques aperçus, quelques faits particu-

au milieu de nombreuses divagations, des appréciations assez originales, et une nomenclature très-complète des œuvres de Beethoven.

I. Ici les éléments instructifs sont trop nombreux, trop multipliés, pour qu’il soit possible de donner des indications complètes; et, restreindre ces indications ce serait s'exposer à commettre des omissions regrettables.

liers dont l’analogie fait naître en nous la méditation, étend la vue de notre esprit, ouvre devant lui des horizons inattendus, et profite ainsi au perfectionnement de l’art qui est le but constant de nos recherches et la plus douce récompense de

tous nos travaux.

Considérations générales. — Derniers conseils.

Terminons par quelques aperçus généraux ce petit livre qui s’adresse, plus particulièrement, aux professeurs récemment entrés dans la carrière de l’enseignement.

Le professorat demande une aptitude toute particülière . Quelque talent d’exécution qu’il possède d’ailleurs, celui qu’une vocatipn décidée ne porte pas vers l’enseignement ne sera jamais qu’un professeur médiocre. Ce don de transmission, si rare et si précieux; cette sorte d’intuition qui fait pénétrer tout d’abord le caractère d’un élève; ce jugement sûr et rapide qui découvre à

propos les moyens de réussir, soit l’affection, soit la douceur ou la fermeté; cette clarté dans la démonstration, si nécessaire surtout avec les enfants; en un mot, cet art difficile d’instruire en intéressant toujours, tout cela ne s’apprend guère: c’est un don de la nature plutôt qu’un fruit de l’étude.

Néanmoins le goût de l’enseignement fait naître quelquefois et développe peu à peu ces qualités essentielles. Appliquez-vous donc à les acquérir. Sur toute chose, faites en sorte, en présence de votre élève, de montrer constamment une aimable égalité d’humeur, car rien n’est contagieux comme l’ennui. Que peut-on espérer d’une leçon prise avec fatigue, avec dégoût? Si la forme en est attrayante, cette leçon, bien au contraire, sera toujours acceptée comme un plaisir ou comme un délassement. Sachez vous faire aimer, c’est la moitié du succès. Exercez sur votre jeune disciple cet ascendant moral dont j’ai parlé précédemment. Entre le maître et l’élève, a dit un compositeur célèbre, « il faut une con-

fiance réciproque, une foi active et sincère, une sympathie qui attire l’un vers l’autre, une sorte de rayonnement de l’amour paternel et du dévouement filial *. »

L’étude qu’on aime est toujours féconde. Inspirez donc, avant tout, l’amour du travail. Faites pressentir à votre élève les avantages, les jouissances que procure le talent. Employez les séductions mêmes de l’art qu’il cultive pour développer en lui le goût et le sentiment du beau. En un mot, faites aimer la musique. Mettez-vous donc fréquemment au piano. Mais si vous n’étes pas mille fois sûr de vous-même, si vous craignez que la plus légère hésitation vous trahisse, préparez-vous, étudiez d’avance, s’il le faut, car vous devez offrir le modèle d’une exécution irréprochable. N’oubliez jamais que chaque élève est pour vous un juge, et souvent un juge sévère. Les enfants surtout éprouvent une joie maligne à trouver leur professeur en défaut, et, le jour où

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