TITRE VI
SECTION 1x.
Nouveau programme et ordre des cours.
. 1°. Anatomie et Physiologie : Démonstration de toutes les parties du corps humain et de leurs Hisges.
2°, Clinique interne : Exposition du siége et
des causes des maladies internes et de la mé-.
thode de leur traitement. Dre
39. Clinique externe : Pratique des opérations chirurgicales et du traitement préservatif des maladies externes.
4°. Pathologie interne et Nosographie : His-
toire des maladies internes et de leur classification.
5°. Pathologie externe et Maladies des os:
Histoire des divers procédés et méthodes opéra-
toires de chirurgie.
6°. lfygiene et Physique médicale : Explication des causes naturelles et physiques, des phé-
nomènes de la vie, et des moyens de se conserver en santé.
7°. Chimie médicale et Pharmacie : Exposé des procédés chimiques et de l'usage des appareils qui servent aux opérations et PR ae pe pharmacvutiques.
6°. Botanique et Histoire naturelle : Classifi-
cation des plantes, d’après un système ou une méthode analytique.
0°. Théorie des ceouchignens et des maladies
des femmes et des enfans : La pratique ne pourra concerner les médecins.
10°. Médecine légale : Des rapports judiciaires et de leur application aux questions de jurisprudence qui ont rapport aux diverses branches de la médecine. | 119. Doctrine d'Hippocrate : Histoire de la | F 3
médecine ancienne et des divers systèmes, depuis l origine de l'art; explication des Aphorismes et des premier et troisième livres des Epidémies.
129. Bibliographie médicale : Plan de classification des différens écrits appartenans aux diverses branches de l’enseignement théorique et pratique de la médecine.
13°. Démonstration des drogues usuelles : des appareils des bandages et des instrumens de chirurgie.
Dans les facultés secondaires, on enseignera exclusivement :
1°. L'anatomie et la physiologie.
. Les opérations et les inaladies des os.
La botanique et la matière médicale.
4°. 1l y aura en outre un cours de clinique, pour les accouchemens.
Nota. La chaire de la doctrine d'Hippocrate renfermoit en elle-même la médecine; et l’on peut ajouter aussi que les ouvrages d'Hippocrate, la contiennent virtuellement toute entière; car, s'il étoit possible qué ce monument de la sagesse. des siècles disparüût jamais du sein de nos écoles, la médecine, telle qu’elle est maintenant constituée parmi nous, n’en resteroit pas moins exposée à toutes les erreurs des systèmes ; le luxe des sciences accessoires ne tarderoit pas à étouffer les précieux germes de cette même doctrine qui a pris naissance dans l'observation éclairée par l’expérience. Tout le monde le sait; Hippocrate, est toute la médecine ; c’est le seul auteur qui ait traversé tous les siècles , sans ressentir leurs ravages destructeurs. En un mot, une
(85 ) chaire d'Hippocrate est devenue de nécessité, le point de ralliement de toutes les époques; le fanal du médecin, contre toutes les hérésies; la pierre fondamentale de tout l'édifice médical. Ne pas reconnoître cette vérité, c’est as= seoir cet édifice sur un banc dé sable ; c’est appeler soi-même fa tempête , et provoquer le détEatngtitet des systèmes et des hérésies qui souffléront l’orage du faîte même du monu-
. ment de la science qui, chez tous les peuples ,; €t dans tous
les pays, s est soutenu, non per une vaine construction de l'architecte, maïs par le principes constans et uniformes des vrais imitateurs d'Hippocrate. Là fréquentation des h6pitaux, pendant plusieurs années , servira à constater Passiduité des élèves et leur capacité; pour cela, ils seront 6bligés de présenter des certificats signés du médecin ou chirtsien en chef. Dans les trois facultés, on s’assurera des progrès de l'instruction, par des examens par ticuliers, auxquels seront assujétis lés élèves , au moins tous les ans.
CoNCLUSIONS:
Il est facile de remarquer que les études seront toujours à-peu près les mêmes dans l’enseignement de l'art médical. On exigera à la fin de la troisième année, où l'élève aura pris le grade de bachelier; qu'il chôisisse la partie qu'il veut exercer. S'il veut être licencié ou docteur en médecine ou en chirurgie, on exige alors des études prolongées et des examéns plus nombreux; en outre, il lui faudra avoir suivi, au moins pendant trois ans, un praticien expérimenté, ou obtenir des chirurgiens et des médecins en chef des hôpipitaux civils où militaires, un certificat sur sa bonne conduite et see mœurs: ce certificat ser-
vira à constater si l'élève a.suivi assidument les visites du médecin , et s'ila pu donner des preuves de sagacité et de jugement par la rédaction des observations des maladies quil aura étudiées. Comme c’est un praticien qui délivre le certificat, il attestera que le candidat a vu et traité les malades. Ce certificat sera signé au moins de trois médecins où chirurgiens les plus connus; leur savoir et leur habileté seront la garantie des droits que le candidat fera valoir pour son admission. | |
. Suivant le même plan, les docteurs en médecine et en chirurgie ne seront plus isolés des facultés, ils seront sujets à la censure, sur les plaintes qui seroient portées au conseil présidé par le doyen et les présidens honoraires des facultés, qui prononceroient sur les accusations graves d'infractions aux lois et réglemens qui concernent la pratique de l’art médical.
Le concours pour l'admission des places de professeurs est inadmissible d'après l'ordonnance du Roi, sanctionnée par la nomination récente de plusiéurs professeurs à la faculté de médecine de Paris.
Les facultés seront toujours, sous les yeux du gouvernement, les sociétés de médeeine et de chirurgie seront consullées sur toutes les questions utiles aux progrès de l'art ou de la science, pour l'utilité publique et la salubrité.
Ces questions feront le sujet de mémoires, qu'on
(85) livrera à l'impression sur la demande des facultés et des académies, et seront publiés aux frais du gouvernement, autrement les mémoires des sociétés de médecine et de chirurgie seront publiés par les facultés et les académies.
Enfin, en renouvellant les sociétés de médecine et de chirurgie par dixième, chaque année, on régénère ces sociétés, et on entretient une émulation utile parmi les médecins; on assure au public, cette confiance qui doit avoir pour garantie l’assentiment des hommes éclairés, auxquels sont surtout confiées, dans l'enseignement, la vie et la santé des citoyens, sans aucune distinction de rang, d'âge et de fortune. |
La pharmacie livrée aujourd'hui à l’avidité des marchands droguistes et des épiciers , restera entre les mains des pharmaciens, Cette classe d'hommes estimables, bien différente de ces individus qui sacrifient tout à un intérêt sordide, doit assurer les succès de lart de guérir.
I importe que la culture de cette branche essentielle ne soit pas confiée à des mains ignorantes ou serviles, qui frustrent le public confiant, de la sécurité, qui est le fruit des leçons puisées à la source sacrée de l’art de guérir, et de laquelle on ne peut le priver sans compromettre l'honneur de la science et la réputation des médecins.