XVI II
vive et profonde, il s'efforçait de conformer en tout sa conduite à sa foi. On ne pouvait voir un chrétien plus vrai et plus fervent ; son livre favori était Ylmitation de Jésus-Christ. Il le lisait et le relisait sans cesse, cherchant à en traduire dans sa vie les admirables enseignements. Il aimait à méditer cette grande maxime, contre laquelle proteste l'orgueil humain : ama nesciri. Il tenait à être savant, vertueux, digne ; il ne tenait pas à le paraître. Il se dérobait aux regards peut-être avec un excès de modestie ; il s'effaçait avec joie. »
Baguet mourut, simple et calme, comme il avait vécu, le P^ décembre 1867. Nous l'avons beaucoup connu et beaucoup aimé. La Providence, qui est admirable dans ses voies, nous l'avait fait retrouver après une longue absence, et nous avait associé à ses travaux et à ses affections les plus chères. Avec lui , dans la même union et les mêmes labeurs, nous avions retrouvé un autre de nos anciens maîtres, pour qui nous éprouvions un égal amour, et qui lui aussi nous avait toujours montré une profonde affection. Séparé aujourd'hui de ces deux hommes si tendrement aimés , le premier recteur et le premier secrétaire de l'université, nous conservons religieusement leur mémoire en continuant l'œuvre cà laquelle ils s'étaient dévoués, et en attendant le jour prochain qui nous réunira dans
ce monde meilleur,où l'on s^aime toujours sans craind de se quitter jamais. Reposita est haec spes in sinu
meo.
26 Février 1874.