CHAPITRE IV
Conclusion
11 n'est pas nécessaire d'avoir étudié sous le père Enfantin. pour comprendre avec quelle facilité l'on peut pousser l'opinion dans tin sens ou dans un autre à l'aide de telles tonmt— lires, et l'Élat aurait bien du malheur, ou plutôt du bonheur. si, dans ce siècle d'industrie, il ne se présentait pas ;t lui chaque matin vingt spéculateurs pour un sollicitant la concession de l'esprit public.
v, Quoi I lui peuvent dire ces entrepreneurs armés <k chiffres, le fantôme de traditions récalcitrantes se dresse devant votre politique, importun, irritant, et vous D'en fiiu-sn pas avec sa présence incommode? Les idées de ce pays ^ii donc bien difficiles à changer* En religion, il a cru, il émit encore un peu à Rousseau, à Voltaire. En politique, il a cm à Sieyès, a Pétion ; son gouvernement s'est appelé Dant^u, Robespierre, Barras, que sais-je? Celte mobilité ne le rend pas bien inabordable, et vous d'ailleurs, vous l'abordo*. i toute heuro et comme il vous plait, puisque vous hatitez chez lui, ou plutôt que c'est chez vous qu'il habite. Dans une démocratie, rien no produit d'effet que ce qui se répète, e\ les écrits périodiques n'existant que par vous, l'éloge ou le ' itenldansuneproportiondontvousétesroailre. nocratie, rien ne se fait que par association. *l tion intellectuelle en dehors dB la vôtre ne ut ance ou de soumission. L'Église seule formait n à cette grande règle, et la voilà enfermée loir alication gênante dans une prédication céle-ie ius réservez de définir les limites. Restent dont l'État, la science de l'Etat, les trésors de l'Eut
miroir autorisé enfin, ou plutôt favorisé, lui persuadera plu» aisément qu'A tout autre qu'elle n'est plus la même, liai* combien durera celle illusion 1 Ce qu'ont duré tant d'autres. Je na sais qu'un moyen de prévenir à cet égard de nou- " I funestes pour tout le monde. Que les réf-
action administrative se détendent un peu. renie moins. Le pays est encore le meilleur igent gardien de ces traditions nationale, nt avec la patrie elle-même, et que tous les quels qu'ils soient, ont besoin de ne |u~ it de vue, puisqu'ils veulent s'attacher apqui dure, et qu'on voit réapparaître réunit le lendemain du jour où un nouveau coup té quelque nouveau badigeonnage.
mon opinion, qu'on me permette un wul îme qui ne cherche que la vérité, je le prenrii honore le pouvoir, quoiqu'il se concilie <fifquelques autres parties de son système, et ause de cela.
■aneaisc demeure peut-être aujourd'hui le i que l'État ait renoncé à gouverner par une et immédiate. Point de commissaires de portions. Point de Conseil d'État pour l'enfernmaire comme les évéques dans le Crffo. le a échappé en cela aux traditions les plu» premier. S'il a mis la main sur la morale et i ne sont après tout que des science?, Ses traités en confrères. Contradiction heureux ne d'éloges ; car, pour la même raison qui c'est Vkomme, les lettres nationales sont la
js que l'État doive regretter beaucoup en a escendanco ? Qui est-ce qui le sert le mieui le moins? qui est-ce qui comprend véritace, des professeurs nommés qui nous imarticles de nouveautés Hegel et son néant, îents d'une presse privilégiée, ou du Corj* ricade résolument contre l'importation et les
quement à la porte de sa demeure séculaire. On la fait répondre à tous les catéchismes, y compris celui de l'Empire, qui plaçait l'amour de l'Empereur sous la sauvegarde dr ii peur du diable. La change-t-on pour cela? Moins qu'elle h le croit elle-même.
L'important à connaître, c'est ce qu'elle est, non w qu'on peut en foire pour un jour ou pour une heure. Or,* ces deux problèmes, les pouvoirs forts excellent à résoudre le second, mais les gouvernements libres ont seuls la rlef du premier. Sous le régime de l'auto ri sa lion préalable et de la protection excessive, les lois de l'optique sont faussée*. 1/ passé qu'on masque avec soin suffirait seul à déranger toute la perspective. Qu'eu résulte- -t-il* Cette peine effrouh'que le gouvernement prend pour y mal voir, altère en dwok temps l'intelligence du pays et y produit à la longue, lu profit de quelque organisation plus ou moins secrète, une de ces erreurs qui se traduisent régulièrement et infailliblement en nouvelles révolutions.
Seule, la nation, sérieusement interrogée, aurait la forte de rompue le charme et d'en finir avec la conspiration a silence qui s'ourdit en faveur de gens qui en ont besnin. Ou parle de souveraineté renversée par des rhéteurs importants, Hélas 1 la rhétorique la plus dangereuse n'est [US celle qui enseigne à parler pour ne rien dire, niais Wr. celle qui apprend à tout remuer à grands frais pour foire peu de chose. Les importants qui menacent la someraineté, ce ne sont pas ceux du premier rang qui aient qu'il faut qu'elle reste maîtresse en droit pour que la justice et la vérité le deviennent en fait , ce sont ceux du quatrième rang qui sans violence ne s'élèveraient jamais su premier, et le savent. Qui est-ce qui n'a pu rester dan- le stance légitime et s'est mis à soulever lis 1 1848 et 1*30 pour se donner de l'impordéclamations contre la tête et la pensée itu ctement l'idéologie qui concède en Iwile îrlé politique à l'aristocratie anglaise, et s démocratiques pieds et poings liés i te r le plus grand agrément des bureaucrates . commodes, mais heureusement elles «*■!
de précision. Le petit fonctionnai re a ea petite balance, le grand fonctionnaire, sa grande. Le ministre de l'instruction publique équilibre la sienne de son mieux entre les évéques du Dieu personnel el les docteurs du Dieu impersonnel, persuadé qu'il a réussi quand il a emprisonné les premiers dans la liturgie et ouvert le Blonde entier aux divagations des antres. Le maire de village n'a. lui, que son ér harpe octroyée pour peser les mérites et démérites de l'enseignement ecclésiastique et du laïque, de l'instituteur et dn frère; mais il se sert de ce qu'il a, et au besoin, le sous-préfet lui vient en aide. De son coté, le ministre de l'intérieur équilibre les monarchistes et les républicains, les blancs et les rouges , les associations charitables qui montrent leurs œuvres et les sociétés secrètes qui ont leurs raisons pour ne point moitrer les leurs. Il suppute les mérites de celles-ci. les dangers de celles-là, et le dernier agent dé1 poli ce initié à cette pondération universelle s'y emploie si bien que la besogne aboutit à l'égalité de forces qu'on a pu constater récemment, dans les grands centres, entre ceux qui élevaient des barricades contre l'Elysée en 1848 et 1849, et ceux qui s'employaient à la même époque à les détruire.
Les poids sont justes. Le ciel me préserve d'en douter! L'État a un si grand intérêt a bien peser! 11 met dans re labeur tout ce qu'il a de conscience; et si on le voit par moments Taire pencher la balance en y jetant l'appoint de ses deux milliards de revenus, de ses cinq cent mille hommes etde son autre armée de fonctionnaires nommée et innommés. c'est uniquement pour corriger, comme vérificateur, quelque irrégularité. Il veut empêcher que l'erreur ne soit emportée par la vérité et les impérissables traditions de ce généreuv pays, par les préjugés et les vices d'un jour. 11 protège en un mot le génie de la nation en rétablissant l'équilibre entre ses facultés intellectuelles, comme il protège l'ordre en faisant leur part aux trois classes de H. de Persigny.
Je concède tout cela , et voici la conclusion que je tire de ce que je concède. Puisque le travail réussit si médiocrement avec des travailleurs si équitables et si laborieux, rendons hommage aux travailleurs, mais défions-nous de l'opération elle-même.
E-t-ce qu'elle excéderait par hasard les forces de tous les lui iM ucra tes et de toutes les bureaucraties? Est-ce que la nul ion organisée trouverait en elle-même contre le désordre e1 l'impiété plus de lumières et de secours encore que « celte uw^riilique hiérarchie » ne peut lui en procurerî
Tel est au fond le redoutable problème que le dernier minière de l'intérieur éprouve le besoin d'agiter en toute rennintrc , el dont on le dirait intérieurement préoccupé , bien qu'il le tranche toujours en paroles avec la même imperturkilile confiance. C'est un cercle d'arts et métiers qu'il a choisi l'elle fois pour y exposer les prodiges de l'omnipotente el omnisciente hiérarchie. On l'en a blâmé. Moi je l'en louerai hautement. D'abord, l'art jouant un grand rôle et le métier un l'Iii'S itrand encore dans la solution que l'admirateur des liberlés anglaises préconise pour la France,- ce discours, quoi qu'on ail dit, «tait parfaitement à sa place. Ensuite tout ce qui explique ou prétend expliquer la stabilité ou l'instabilité 'lis institutions, l'élévation ou l'abaissement de l'esprit public, offre tant d'intérêt en soi, qu'on doit remercier ceux qui ont le privilège de poser ces graves questions n'importe ou et qui en usent. C'est en effet le seul moyen que l'opinion s'en empare et les éclaircissc à son tour, éclairée elle-même |mr la marche des événements et par une foule d'incidenls i|iii répandent à flots la lumière. Or, gouverné beaucoup ou peu . mal ou bien , l'esprit français reste encore logique et net, quoique engourdi parfois. Sincère avec lui-même, il sent le pri\ , i! a l'amour du vrai , el l'on peut attendre beaucoup de lui le jour où il se mettra à considérer, du haut de son histoire, le vide des Ihéories au bruit desquelles on le berce ei les périls de la protection exagérée sous laquelle il s'endurt.
PARIS
E. DENTU, LIBRAIRE-ÉDI'
PAUIS-1UIAL, 17 ET 1U. OUHII D'OaU»f
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UNE
PÉTITION AU SÉNAT