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« Aucun enfant ne peut quitter l'école avant d'avoir atteint l'âge de douze ans accomplis ; il doit avoir subi un examen et obtenu un certiûcat de sortie pour être reçu en apprentissage, et plus tard pour se marier... Cette prescription doit être universellement observée. De sa rigoureuse exécution dépend le bien-être moral, physique et civil des classes inférieures.»
Ce décret fondamental a été, depuis \ 802, commenté par une foule de règlements, d'arrêtés, etc. *, confirmé par tous les actes législatifs. Aujourd'hui encore, il est la base du système de l'instruction primaire en Bavière.
L'Autriche , on le sait , ne fait pas exception à la règle dont je constate ici l'universalité.
« Le gouvernement autrichien, disait en 1835 M. Saint- Marc Girardin*, cherche à résoudre deux grands problèmes : il veut que le peuple soit riche et heureux, et il ne veut pas qu'il s'avise jamais d'avoir les pensées d'indépendance et de fierté que donnent le bonheur et l'aisance. Il veut que le peuple soit instruit, et il ne veut pas que son intelligence s'enhardisse jamais, en se développant, à examiner les institutions politiques. Jusqu'ici il semble avoir réussi... Combien cela durera-t-il? »
Les événements de 1 848 n'ont pas changé la pensée du gouvernement autrichien. Ce qu'il voulait en 1835, il le veut en 1 852 ; et il le veut peut-être avec plus de netteté
(1) 24 décembre 1810, 13 août 1811, lî marw 18H, etc.; 11 mars 1833, 8, avril 1835, etc.
(S) De l'Instruction intermédiaire dam le midi de l'Allemagne, p. 170.
et de précision, parce qu'il croit le vouloir avec une plus entière connaissance de cause . « Combien cela durera-t-il ? » disait, il y a dix-sept-ans , rérainent écrivain. Le gouvernement autrichien croit que, malgré 1848, cela n'a pas pas cessé de durer. À ses yeux , le mouvement révolutionnaire, loin de lui aliéner le peuple, Ta rapproché de lui. «Le peuple d'Autriche, disait le prince de Schwar- « zenberg, est un honnête homme que des viveurs avaient • enivré, afin de le rosser et le voler par amour pour lui. » Le gouvernement autrichien croit que le peuple ne tient plus aux témoignages de cet amour, et que l'honnête homme est dégoûté des viveurs. L'indifférence politique lui parait le produit le plus net de l'agitation des dernières années, et je ne sais s'il déplore bien amèrement ce résultat. Le gouvernement ne pense donc pas s'être mépris dans la direction de l'éducation populaire ; il croit que l'Allemagne du nord — je dis ailleurs comment il le prouve — s'est bien autrement égarée; il ne juge pas que ses anciens principes ni les procédés d'application fussent périlleux, et il s'y tient.
Parmi ces principes , est celui de l'obligation de l'enseignement. Ici encore je dois citer la loi * :
« Tous les enfants, garçons et filles, dès qu'ils atteignent leur sixième année jusqu'à l'âge de douze ans accomplis, doivent aller à l'école.
m L'état des enfants est dressé tous les ans par le mal-
(1) Potitische Verfaaeung der deutschen Volksschulen fUr die osterreieb- Kcheii Provinzen.
tre d'école et l'inspecteur, aux fêtes d'automne, collationné avec les registres de baptême, et arrêté par le curé de la paroisse1. »
Après cette prescription générale, voici une disposition qui témoigne, pour le bien-être moral d'une nombreuse classe d'enfants , d'une sollicitude qu'on ne saurait trop louer :
■ La garde des troupeaux par les enfants les isolant de la surveillance des parents et tendant, en les privant d'instruction, à développer des habitudes sauvages et une précoce immoralité, on doit travailler, partout où faire se peut , à abolir cet usage. . . En tout cas, aucun pâtre ne peut être reçu en service, s'il ne produit un certificat de son curé, certificat constatant qu'il a reçu dans l'école l'instruction religieuse, et qu'il a subi sur ce point un examen satisfaisant. •
(I) L'état doit indiquer l'âge des enfants qui fréquentent l'école, afin qu'il soit facile de vérifier si \us enfants ne la quittent pas avant le temps fixé par la loi.