‹ De l'enseignement philosophiqueChapitre 15 sur 18 · DE LA PHILOSOPHIE SE M. BAUTAIH · texte numérisé non relu

DE LA PHILOSOPHIE SE M. BAUTAIH

\je seroit maintenant le cas de faire l'analyse de la doctrine de M. Bautain sur la certitude. Mais, chose étrange! dans un livre présenté (/>. 3) au public comme une déclaration de principes, c'est justement le premier principe de toute philosophie qui manque En effet, Fauteur n'a for* mule nulle part son sentiment sur la certitude* soit qu'il ait cru son système philosophique assez solide par lui-même pour pouvoir se passer d'un fondement étranger, soit qu'il ait jugé qu'un critérium de la vérité n'étoit pas chose utile en philosophie, soit qu'ayant renoncé au sens commun, et s'étant ôté par là tout moyen de certitude, il n'ait pu trouver de base inébranlable pour y asseoir son enseignement Quelle que puisse être la cause d'une lacune aussi extraordinaire, elle nous impose une pénible tache, celle de rechercher laborieusement une à une, dans l'ouvrage de M. Bautain, ses opinions sur la certitude des connoissances humaines» à la

ioeur de ces traînée» lumineuses qu'une haute ioleffigence lame toujours après elle partout où elle a passé, semblable à ces comètes qui embrasent an loin le ciel de leur tmnypyw et flamliante cherehm, Ain», poor bien apprécier la manière de voir de M. Bautain, peser an juste la râleur objective de ses convictions en philosophie, amnoître les principes fou il doit partir avant de poser aucun principe proprement philosophique on scientifique, nous assurer si sa méthode est plus avantageuse qu'une autre, reconnaître ce qu'il est en lui-même elle juger sur ses paroles; pour répondre, en un mot, aux intentions qui ont présidé à la publication de sa brochure (/>. 3), nous en sommes réduit à extraire, pour ainsi dire, par petites parodies, du discours où die est disséminée, toute sa doctrine sur le sujet qui nous occupe, comme ou recueille minutieusement les paillettes d or dans les sables de certains fleures; et cest ce qui, joint à l'extrême réserve et à l'ambiguïté dei paroles de M. Bautain, qui semble toujours craindre de laisser deviner ce qu'il croit et ce qu'il pense 7 explique nos tâtonnements et la marche un peu embarrassée de notre ouvrage; cest ce qui nous a forcé de mettre le public dans k secret de notre composition, et de le faire winer en quelque sorte à toutes nos études pré*

liminaires sur M* Bautain. Noos ayons voulu, en procédant ainsi, procurer à nos lecteurs la facilite de juger si nous avons bien saisi la pensée de Fauteur auquel nous répondons» et 'nous avons mieux aimé qu'on eût quelques longueurs à nous reprocher, que de nous exposer à l'accusation banale de mauvaise foi. Le travail analytique dont il est question s'étant donc opéré sous leurs jeux, nous n'avons plus maintenant qu'à faire la récapitulation des résultats obtenus.* Ils se réduisent à sept règles, que nous avons découvertes dans l'écrit de M. Bautain, où elles se rencontrent plutôt comme constructions de guerre momentanées, que comme les parties fondamentales d'un édifice solide et durabla

1. La raison universelle est le critérium de la vérité , à condition qu'elle soit munie d?un signe qui serve à la faire reconnottre.

K Donc, c'est ce signe qui est véritablement et en réalité le critérium de la vérité.

2. Dans I étude des choses naturelles, jamais la raison absolue ne se produit avec son signe caractéristique.

Donc, dans cet ordre, elle n'est pas le critérium de la vérité.

Or , l'opération par laquelle on constate le sens commun en quelque matière que ce soit» est un acte purement naturel *

Donc, la. raison absolue n'est pas apte à nous (aire connottre le sens commun.

Donc, le sens comifmn ne peut être en aucun cas le critérium de. la vérité, ni le juge d'aucune controverse.

3. La raison privée est le critérium de la vérité dans V ordre de la nature.

Donc, la raison privée est infaillible dans cet ordre.

4. La raison privée est faillible en tout. Donc, elle ne peut être en aucun cas le critérium de la vérité.

5. Puisque la raison universelle est le critérium de la vérité à la condition exprimée plus haut, puisqu'elle ne Test pas dans Tordre de la nature, puisque M. Bautain ne distingue que deux ordres : l'ordre de la nature et celui de la métaphysique ou de la révélation; la raison universelle doit être le critérium de la vérité dans l'ordre des choses révélées.

Donc, elle doit se manifester dans cet ordre avec son signe distincti£

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