‹ De l'enseignement primaire en BelgiqueChapitre 24 sur 59 · P. LXXIII · texte numérisé non relu

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et les passions de l'âge mûr parviennent difficilement à déraciner. Le domaine des faits , dans 1 éducation des filles , consiste dans une solide instruction , une vie chrétienne et l'importance suprême des vertus qui font spécialement l'ornement et la force de la femme ; il serait dangereux, absurde , ridicule, de parler à de petites filles de sept à quatorze ans de leur rôle futur d'épouse ou de mère. S'il est un fait certain dans l'histoire , c'est celui-ci : la dignité de la femme n'a été et n'est respectée que dans les sociétés chrétiennes. Si , par impossible, une femme n'avait aucun motif d'embrasser le christianisme , elle devrait se faire chrétienne, quand ce ne serait que par reconnaissance. Je ne veux pas prétendre que la spéculation rationnelle ne puisse engendrer chez la femme faite de « fortes « convictions morales » , pour la conduite à tenir par elle dans la famille et dans le monde ; mais , sans le christianisme et ses préceptes , je ne vois pas de salut pour sa dignité et sa personnalité (morale et physique) dans la société historique. C'est un fait ; aveugle qui ne le voit pas. En attendant une nouvelle rédemption , contentons-nous donc de l'ancienne , pour en faire la base inébranlable des fortes convictions de nos filles. Je pense que tous les parents et tous les maris à peu d'exceptions près seront de cet avis. Le moyen le plus sûr pour former des institutrices parfaites , est donc d'en faire des chrétiennes d'élite.

La question de savoir, s'il est utile que cette vocation soit soutenue par des vœux religieux et perpétuels, est d'une toute autre nature. Certainement , une institu-

trice qui se consacre à renseignement avec un dévouement absolu et qui, dans une pensée de religieuse abnégation , offre sa vie entière à l'auteur de toute science , pour le servir toujours en se sacrifiant corps et âme à l'éducation des enfants , certainement une telle institutrice présente des garanties exceptionnelles et évidentes, dont on ne peut raisonnablement contester la haute valeur morale. Mais une institutrice laïque, sans être plus apte à instruire l'enfance qu'une institutrice religieuse , peut donner des garanties identiques , si ellemême a reçu une éducation profondément chrétienne. Je n'ai pas l'intention de m'étendre longuement ici sur ce sujet important , j'ai simplement voulu prévenir une interprétation erronée de ma pensée : les congrégations religieuses , qui se vouent à l'enseignement , inspirent naturellement , surtout dans l'enseignement primaire des filles , une grande confiance aux parents ; mais l'enseignement, envisagé comme une carrière proprement dite , peut susciter et suscite chaque jour dans les rangs des laïques d'admirables dévouements.

L'organisation intérieure des quinze écoles agréées citées plus haut est calquée sur le modèle des écoles normales d'instituteurs. Dans chacune d'elles les élèvesinstitutrices s'exercent à la pratique de l'enseignement. Le roi Léopold P"" , qui s'occupait rarement des détails de l'administration publique , a recommandé à son gouvernement d'appeler l'attention des institutrices sur l'importance de l'art culinaire mis à la portée des classes populaires (i).

(i) Lebon, de VInstruction 'primaire en Belgique.

Toutes les écoles normales d elèves-institutrices sont soumises au régime de Imternat, sauf celle de Bruxelles qui n'admet que des externes (au prix de 120 fr. par an). Le prix le plus élevé de la pension se paie dans les écoles de Mons et de Gand (450 fr.) ; le prix le plus modique, à l'école de Champion (325 fr.).

Le montant des bourses payées en 1865-66 s'élevait à 114,125 fr. : 2 bourses communales , à 250 fr. ; 342 bourses provinciales, à 24,665 fr. ; 463 bourses de l'Etat, à 39,210 fr. Les parents ou les supérieurs religieux contribuaient aux dépenses pour 69,420 fr. L'enseignement pédagogique des élèves-institutrices coûtait donc en somme totale 183,545 fr. Ce chiffre représente une dépense moyenne par élève de fr. 353-65.

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