‹ De l'enseignement primaire en BelgiqueChapitre 25 sur 59 · CONFÉRENCES PÉDAGOGIQUES · texte numérisé non relu

CONFÉRENCES PÉDAGOGIQUES

But des conférences. — Des cercles de conférence. — Programme des conférences. — Statistique des conférences. — Conférences d'institutrices. — Indemnités allouées aux membres des conférences. — Bibiliothèques des conférences.

Quand l'instituteur a été diplômé, au sortir d'une école normale, il n'est pas autorisé par la loi à cesser toute étude. Pour combattre la routine , pour entretenir le zèle, l'application et l'émulation, pour stimuler le progrès des méthodes, l'art. 14 de la loi de 1842 ordonne

que « l'inspecteur cantonal réunira , en conférence , sous sa direction, au moins une fois par trimestre, les instituteurs de son ressort ou de chaque canton. Les instituteurs libres peuvent aussi être admis à ces conférences, si l'inspecteur le juge convenable. Des jetons de présence seront accordés aux instituteurs qui y assisteront. Ces conférences auront pour objet tout ce qui peut concerner les progrès de l'enseignement primaire, et spécialement l'examen des méthodes et des livres employés dans les écoles. » Il n'est pas nécessaire je pense, de démontrer l'utilité de cette sage prescription.

Les 67 ressorts d'inspection cantonale étaient divisés, au 31 décembre 1866, en 147 cercles ou subdivisions de conférences. De 1863 à 1866 inclusivement, il avait été tenu 1839 conférences ; aux 651 conférences tenues en 1866 ont assisté par conférence, en moyenne :

Pour les écoles communales ' 23,27 inst^

» )) » adoptées 0,69 »

» » » privées inspectées ou libres 0,11 (i)

Ensemble 24,07

Il est peut-être regrettable que les instituteurs des écoles libres ne profitent pas avec plus d'empressement

(i) Ces moyennes étaient en 1863 , respectivement 23.85 0.85 0.05

Ensemble. . . 24.75

de la faculté que leur accorde la loi de pendre part à ces réunions si intéressantes et si salutaires. Je sais qu'ils y dépenderaient plus ou moins du bon vouloir de l'inspecteur civil officiel, mais leur présence y étant placée sous la garantie de la loi, il me semble que le petit inconvénient signalé serait largement compensé par les avantages qu'ils pourraient récolter de leurs rapports avec leurs collègues des écoles officielles. D'ailleurs, l'esprit d'initiative qui doit être le caractère des écoles libres n'a rien à redouter de la symétrie administrative qui est le propre des établissements de l'État. En assistant en masse et assiduement à ces conférences, les instituteurs privés et surtout les instituteurs privés religieux du pays, affermiraient la vitalité de leur enseignement et l'excellence de leurs établissements.

Les programmes, l'organisation et les règlements généraux de ces conférences ont été soumis à une ordonnance uniforme par des arrêtés royaux en date du 22 mars 1847 et du 5 juillet 1854.

Pour donner une idée générale de ces conférences, je citerai le résumé du rapport de l'inspecteur provincial du Brabant, d'après l'avant-dernier rapport triennal (i). « D'ordinaire les conférences durent de neuf heures à midi et de une à cinq heures de relevée. Le matin , des instituteurs désignés par l'inspecteur cantonal donnent aux élèves de l'école où se tient la conférence, des leçons pratiques en vue de montrer les meilleurs procédés d'enseignement. A la séance de l'après-midi, lorsqu'il n'y a plus

(i) Voy. Septième Rapport irien., p. li.

d'élèves présents, on lit le procès-verbal de la réunion précédente. Puis, des observations se produisent librement sur la manière dont l'enseignenient pratique a été donné ; on examine, on commente les procédés ; après quoi, l'on s'occupe des rédactions faites à domicile , de l'examen de livres, et enfin des questions d'actualité. Les leçons sur l'horticulture et l'arboriculture ont lieu comme précédemment dans les six ressorts d'inspection. »

Les instituteurs ne se bornent pas à assister matériellement aux réunions trimestrielles. Ils s'imposent volontairement des travaux à domicile dont ils apportent le résultat à la séance suivante.

En 1868, il a été tenu 87 conférences d'institutrices (49 de plus qu'en 1863) auxquelles ont assisté , par séance, en moyenne :

en 1863 en 1866

Pour les écoles communales 40,0 27,36

» )) adoptées 1,9 0,73

» » privées inspectées ou libres 39,2 1,28

Sauf certains points qui ont plus spécialement pour objet l'éducation de la femme, les programmes de ces réunions diffèrent peu de ceux des conférences d'instituteurs. A de très-rares exceptions près, les institutrices religieuses n'assistent pas à ces conférences. En 1863, pendant les vacances, des conférences ont eu lieu, dans la province de Namur, aux couvents de Pesche et de Champion, pour les institutrices religieuses, qui j ont

• assisté en grand nombre; de là sans doute le chiffre élevé de la moyenne (39,2) citée plus haut. En 1862, 2 religieuses ont assisté aux conférences de la province de Liège; mais l'année suivante, il n'y avait plus que des institutrices laïques. Le septième rapport triennal ne donne pas le motif de cette abstention systématique. Le huitième rapport triennal annonce que l'inspecteur ecclésiastique du Hainaut a résolu de ne plus rester étranger aux conférences d'institutrices.

Les instituteurs et les institutrices qui se rendent aux conférences reçoivent une indemnité, fixée par un arrêté royal du 7 mai 1863, par jour de présence, à

1,00 pour les instituteurs habitant au lieu de la conférence. 1,50 » » » dans un rayon de moins de 5 kilom.

2,50 » » » » » de 5 à 8 kil.

3,50 •>■> » » » » de plus de 8 kil.

Les conférences possèdent des bibliothèques qui comprenaient au 31 décembre 1866, 40,835 ouvrages évalués à 83,921 francs. Un arrêté royal du 10 janvier 1862 autorise les agents des postes à laisser provisoirement circuler en franchise de port, sous bande et avec contreseing, les livres appartenant aux bibliothèques cantonales que les bibliothécaires sont dans le cas d'échanger avec les instituteurs et les institutrices de leurs cercles respectifs.

Dans la province de Liège, les instituteurs possèdent chacun une bibliothèque particulière, contenant une partie des mêmes livres qui se trouvent dans les bibliothèques cantonales.

186 CHAPITRE m.

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