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DE L INSTRUCTION RELIGIEUSE

L'ignorance de la loi de 1842, cause principale de l'opposition qui lui est faite. — Détails historiques sur l'organisation de l'enseignement de la morale et de la religion.— Règlement général des écoles primaires. — Circulaires épiscopales de 1843 et 1846.

L'enseignement religieux étant la base de l'éducation populaire, il est utile de savoir comment il a été

organisé dans les écoles communales. Beaucoup de personnes l'ignorent; et cette ignorance est, selon moi, une des causes principales de l'opposition qui est faite à la loi. J'essaierai de donner un résumé de cette organisation dont la Belgique peut être fière.

Avant et pendant la discussion de la loi organique de l'enseignement primaire, des communications officieuses ont eu lieu entre le gouvernement et les membres de la législature d'une part, et les chefs des cultes de l'autre. Après l'adoption de la loi, le gouvernement s'est concerté avec les mêmes dignitaires , sur la manière d'exécuter les dispositions relatives à l'enseignement religieux (i).

« Le désir de remplir un rigoureux devoir de leur charge et de coopérer en même temps aux sages vues de la législature, en aidant au succès des écoles publiques ; l'assurance que Je gouvernement exécuterait loyalement la loi et rendrait la coopération du clergé réellement efficace ; engagea les évêques de Belgique à prêter un concours sincère et empressé à l'exécution de la loi. Dans la réunion extraordinaire qu'ils tinrent à Malines, le 24 janvier 1843 et les jours suivants, ils arrêtèrent, de concert avec un délégué du gouvernement , la manière dont l'inspection ecclésiastique des écoles aurait lieu, et ils publièrent, sous la date du 26 janvier 1843, une circulaire pour régler l'enseignement de la religion et de la morale (2). » Cette circulaire est

(1) Recueil de pièces officielles, etc. p. 9.

tn modèle de sollicitude pastorale et un des documents les plus éloquents dont fassent mention les annales de l'Église au XIX® siècle.

Ce n'est que le 15 août 1846 que parut le règlement général des écoles jpynmaires, publié par l'autorité civile. La première partie se divise en deux chapitres, dont l'un traite de Yenseignement et des instituteicrs , et l'autre de \instmction morale et religieuse. La seconde partie, destinée aux mesures variables d'intérêt local, était laissée à l'entière application du pouvoir communal. Le chapitre de Yinstriiction morale et religieuse a été rédigé de commun accord avec les évêques des six diocèses de Belgique. « Si d'une part, disait le ministre de l'intérieur dans son rapport au roi, le clergé n'a point à prescrire directement aux instituteurs la marche qu'ils doivent suivre ; d'un autre côté, le gouvernement ne peut insérer dans le règlement des écoles, des dispositions relatives à la religion et à la morale, sans s'être concerté avec les chefs du culte pour le fond comme pour la forme de ces prescriptions. Les évêques ont, en outre, communiqué au département de l'intérieur, les développements pratiques qu'ils désirent voir donner dans les écoles aux dispositions réglementaires arrêtées en commun. Ces explications sont présentées sous la forme d'une circulaire adressée à MM. les curés : elles devront, aux termes de l'arrêté qui fait l'objet du présent rapport, être considérées par les instituteurs comme une annexe et un commentaire légal du texte du règlement. C'est pour cette raison que les évêques l'ont également soumise à l'examen du gouver-

nement, qui a été admis à présenter ses observations auxquelles, je dois le déclarer, il a été fait droit en tous points. »

La circulaire nouvelle des évêques, arrêtée en juin, fut expédiée par eux, après le 15 août, à tous les curés du royaume.

D'après le règlement géyiéral des écoles primaires , publié par le gouvernement :

P Les classes commencent et finissent par une prière faite en commun (art. 15).

2° Les leçons de religion et de morale , dans les écoles dont la majorité des élèves professe la religion catholique , se donnent le matin , pendant la première demi-heure , et , l'après-midi , pendant la dernière demi-heure de la classe (art. 14).

3° L'éducation morale et religieuse sera entièrement prise à cœur. L'instituteur en fera l'objet de ses soins assidus. Il saisira avec zèle les occasions qui se présenteront sans cesse , pour développer les principes de religion et de morale (art. 16).

4'' Pour ces trois articles , l'instituteur catholique suivra la direction émanée des évêques , en vertu de l'art. 6 de la loi (art. 17).

5** Les instituteurs se conformeront , pour la méthode à employer dans l'enseignement de la religion et de la morale , aux instructions adressées par les évêques de Belgique à MM. les curés (art. 18).

Je vais dire maintenant , d'après les deux circulaires épiscopales de 1843 et 1846 , comment l'autorité ecclésiastique a entendu donner son concours à l'autorité

civile , pour renseignement de la religion et de la morale dans les écoles officielles. Les instructions des ëvêques peuvent se grouper sous les trois rubriques suivantes :

1° Direction à prendre par l'instituteur dans son enseignement ;

2° Rapports du curé avec l'instituteur ;

3° Rapports du curé avec l'inspecteur civil et avec l'inspecteur ecclésiastique.

Direction à j^rendrepar V instituteur dans renseignement de la morale et de la religion.

Les instructions des évêques concernent l'enseignement dogmatique et l'éducation.

Quant à l'enseignement dogmatique, le programme obligatoire du cours de religion et de morale comprend trois parties :

P Les prières ordinaires du chrétien ;

2° L'abrégé de la doctrine chrétienne , renfermé dans le catéchisme du diocèse ;

3*' L'histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament.

« Le soin principal de l'instituteur doit consister à faire apprendre par cœur à ses élèves le texte des prières et du catéchisme , à le leur faire comprendre d'une manière précise , et à leur imprimer un profond

respect pour ces prières et ces grandes vérités de la religion.

« L'instituteur ne doit entrer dans aucun développement du dogme : il se bornera à donner aux enfants des explications simples et familières sur le sens des mots ; il y joindra utilement quelques comparaisons choisies parmi les objets qui tombent sous le sens des enfants , ou le récit de faits historiques avérés , propres à faire sur eux une impression salutaire :

« L'enseignement religieux , compris de cette manière , n'exige ni recherches , ni efforts d'esprit ; c'est une œuvre de patience , qui demande de l'assiduité et du dévouement ; il faut tourner et retourner sans cesse les demandes et les réponses , converser avec les enfants , en s'abaissant jusqu'à eux , et mettre ainsi les connaissances sublimes de la religion à la portée de leur intelligence (i). »

« Quant à l'histoire sainte , si l'instituteur ne fait pas apprendre par cœur le chapitre dont il doit être question dans la leçon , il exige au moins que les enfants puissent en rendre compte ; et à cet eifet il les interroge en détail sur les faits et les principales circonstances relatés dans ce chapitre ; il les exerce ensuite à en faire le récit exact , quoiqu'en d'autres mots ; il exige de la précision dans les faits et de la netteté dans la forme , il a soin de faire suivre le récit de réflexions morales.

« Si l'instituteur ne peut exposer l'histoire sainte en

(i) Règlement de 1848 , art. 3. Voy. Recueil de pièces officielles , p. 88.

entier , il fera bien de se borner aux traits les plus saillants de l'Ancien Testament , afin de pouvoir donner plus en détail le Nouveau Testament (i). »

Le règlement épiscopal de 1846 entre ensuite dans les détails les plus minutieux sur le temps à employer à l'enseignement de la religion et de la morale , sur la méthode à suivre et sur la récitation des prières. Ces prescriptions ont une grande autorité , non-seulement parce qu'elles émanent des chefs de l'Eglise , mais encore parce qu'elles sont marquées au coin de la sagesse , du bon sens et d'une expérience séculaire.

Même parmi les personnes qui ne sont pas adversaires haineux de l'Église , il en est qui affectent un certain dédain pour le petit livre qu'on appelle catéchisme : et pourtant combien on en admire l'admirable philosophie, quand arrivé à l'âge mûr, on jette un regard en arrière sur les épreuves et les leçons de la vie qui va vers sa fin.

. Le catéchisme , charte de la doctrine chrétienne , si utile pour tant d'adultes orgueilleux , est indispensable à l'enfant , qui y trouve sous une forme simple , claire , saisissante , le moule du grand fait chrétien. Les évêques demandent aux instituteurs de le faire apprendre textuellement par cœur aux enfants ; mais ils les conjurent en même temps de vivifier cet enseignement par la méthode historique , par des explications famihères et graduées , suivant l'âge et l'esprit des jeunes auditeurs. S'il est des instituteurs qui se bornent sèche-

(i) Réglemeat de 1846, art, 4,

ment à enseigner sous la forme catéchistique, ils ne remplissent pas les devoirs que les évêques ont définis dans ce magnifique langage :

« Il ne suffit pas que le maître donne à l'enfant l'exposé des dogmes de notre foi et des devoirs qu elle impose , il doit surtout s'efforcer d'en inspirer l'amour. Montrez , dirons-nous aux maîtres chrétiens , montrez la religion à l'esprit et au cœur des enfants , revêtue de ses divins attraits , de ses touchantes amabilités, si propres à faire impression sur des âmes que l'innocence rend plus accessibles aux douces et pures émotions de la vertu. Qu'elle leur apparaisse , cette fille du ciel, cette grande bienfaitrice du genre humain, répandant partout le bonheur et la paix, possédant un baume pour toutes les plaies , des consolations appropriées à toutes les misères , des ressources , des bénédictions pour toutes les circonstances et pour toutes les conditions de la vie. Qu'ils la voient comme une tendre mère , qui veille sur leur berceau , et les conduit , comme par la main, à travers les écueils et les dangers de chaque âge , leur prodiguant jusqu'à la fin de leur carrière les soins les plus empressés et les effusions de la plus tendre charité. Relevez leurs pensées , purifiez leurs affections, ennoblissez leurs espérances , en les entretenant souvent des vérités générales sur lesquelles le Christianisme repose ; pénétrez-les vivement de la pensée de la présence de Dieu. Vous ferez beaucoup pour les rendre meilleurs , si vous les persuadez de cette vérité , qu'il y a un Être à la vue duquel ils ne peuvent se soustraire, au pouvoir duquel ils ne peuvei

résister ; que cet Être infiniment grand est cependant si bon , qu'il écoute toutes leurs prières , toutes leurs paroles. C'est par de pareilles idées quon parvient à inspirer aux enfants des motifs de conduite purs et élevés, en occupant leurs pensées non de la crainte de l'homme , qui ne voit que les apparences , mais de la crainte de Dieu , qui lit au fond des cœurs. Enfin , rendez vos leçons à la fois instructives et intéressantes, en les animant par les récits variés et touchants de l'histoire sublime de la religion. Et lorsque Tannée ramène dans son cours quelqu'une de ces fêtes qui parent l'Eglise de ses plus beaux ornements ou la couvrent de deuil , racontez à l'enfance le mystère qui en est l'objet , attendrissez son cœur au souvenir de tout ce que le divin Maître a fait par amour pour les' hommes. Mêlez ainsi les faits au dogme et à la morale de notre sainte religion. Cette méthode recommandée par les hommes les plus expérimentés dans l'instruction de la jeunesse , vous conduira aux résultats les plus utiles et les plus consolants (i). »

Les circulaires épiscopaleS appellent surtout l'attention des maître^ sur Y éducation de l'enfance. Pour faire apprécier toute la grandeur de ce soin , elles renvoient aux enseignements de la religion. « Que vous découvre « la foi, » répètent les évêques avec saint Jean Chrysostôme, s'adressant aux parents et aux maîtres chrétiens, « que vous découvre la foi dans cet enfant confié à « votre sollicitude ? Sur son front vous lisez le sceau de

(i) Circulaire de 1843. Voy. Recueil de pièces officielles , p. 56.

li la divine adoption; c'est à vous de veiller à ce que le « péché ne le rompe point. Sa langue est encore assai- « sonnée du sel de la sagesse que vous devez y con- « server. Sa tête , sa poitrine portent empreint le « caractère d'enfant de Dieu ; c'est vous qui en répon- « drez , s'il s'y altère. Son cœur est le vrai sanctuaire « du Saint-Esprit, et vous en êtes, pour ainsi parler, « le gardien. Dans son âme vous découvrez le germe « et le principe de' toutes les vertus , c'est à vous de « les y faire éclore. Jésus-Christ vous montre les anges « de Dieu , campés nuit et jour pour sa défense ; vous « partagez avec eux ce noble emploi. »

« Nous vous conjurons , Messieurs , écrivent encore les évêques aux curés du royaume , de ne jamais perdre de vue , que le succès de votre saint ministère dépend en grande partie de la première éducation de l'enfance. « Le jeune homme, » dit l'Esprit-Saint , suit « sa première voie ; dans sa vieillesse même il ne la (( quittera pas. » Donnez donc à cet âge si intéressant, tous les soins qu'il réclame de votre zèle et de votre tendresse ; efforcez-vous d'inspirer aux instituteurs les sentiments dont vous êtes vous-mêmes pénétrés (i). ))

Le règlement épiscopal de 1846 définit ainsi ce grand bienfait social : « L'éducation, destinée à former le cœur de l'enfant, à développer les germes de vertu qui se trouvent en lui, et à le prémunir contre les funestes

(i) Circulaire de 1843. Voy. Recueil , p. 68.

séductions du vice, est sans contredit la plus noble et la plus importante fonction de l'instituteur.

« Les indices d'une bonne éducation morale et religieuse sont : une piété sincère , une soumission respectueuse envers les parents et les supérieurs, un maintien modeste, de la complaisance et de la politesse à 1 égard des compagnons que Fenfant fréquente , et une déférence marquée pour les personnes d'un âge mûr.

« L'instituteur saisira les occasions qui se présentent fréquemment pour inspirer à ses élèves l'amour de ces vertus ; il aura soin d'écarter en même temps tout ce qui pourrait porter atteinte à l'innocence (i). »

Pour accomplir cette double tâche , le règlement trace avec précision de nombreuses instructions morales , dans un langage aussi élevé que les sentiments qui l'inspirent :

« L'instituteur sera partout le père de ses élèves. » (Art. 27.)

« Il fera en sorte que les préceptes et les conseils arrivent à l'enfance , non-seulement sous la forme catéchistique , mais à la faveur des enseignements les plus divers. » (Art. 23.)

« Il tâchera d'être toujours d'humeur égale devant les élèves ; il s'exercera à la patience , il saura souvent tolérer et attendre.

« Il ne châtiera pas les enfants par colère ; il ne fera jamais usage de paroles dures et injurieuses.

« Il s'abstiendra de crier , de menacer : les enfants

(i) Art. 16.

s'y accoutumeraient et n'en deviendraient pas meilleurs. » (Art. 19.)

« Il sera le modèle vivant de son école , s'il veut travailler avec succès à l'éducation des enfants.

« Outre l'obligation qui incombe au maître , comme à tous les chrétiens , d'édifier ses frères , nous trouvons dans le penchant à l'imitation qui se remarque chez tous les enfants , un motif spécial qui fait du bon exemple un des premiers devoirs de l'instituteur. Semblable à une cire molle qui prend toutes les impressions de la main qui la façonne, l'enfant se modèle sur son maître, il reproduit ses manières, ses bonnes qualités ou ses défauts ; il se règle comme par instinct sur une autorité qu'il a souvent devant les yeux, et qu'il voit environnée de confiance et de respect. Que les actions du maître n'offrent donc rien de répréhensible , et qui ne puisse être proposé à l'imitation de ses élèves ; qu'il soit intègre dans ses mœurs et exemplaire dans sa conduite ; et , afin que ses actes soient toujours l'expression des sentiments qui l'animent , qu'il soit avant tout sincèrement pieux , de cette piété qui est utile à tout , qui rend la vertu aimable et qui lui gagne les cœurs ; de cette piété qui consiste moins dans la multiplicité des pratiques de dévotion , que dans un amour sincère et filial , pour tout ce qui intéresse la gloire de notre sainte religion, et dans la pratique constante et exacte des devoirs qu'elle prescrit (i). »

« L'instituteur aura l'œil ouvert sur les mauvais pej

(i) Circulaire de 1843 , p. 60.

chants des enfants, et les corrigera dès qu'ils se manifesteront. Il portera toute son attention et toute sa sollicitude sur le trésor de l'enfance , l'inestimable innocence.

« L'instituteur religieux connaît tout le prix de ce trésor , et il sait combien il est difficile de le récupérer, quand une fois on l'a perdu. Gardien de ce précieux dépôt , quelles précautions ne prend-il point pour le conserver intact ! Non content d'inspirer aux enfants une grande estime de la pureté et une profonde horreur du vice , il s'attache surtout à les garantir des dangers qui les environnent , à bannir de lecole la grossièreté, l'indécence , les paroles obscènes , et tout ce qui pourrait blesser les bonnes moeurs. Plein d'indulgence pour beaucoup d'autres défauts , il est pour celui-ci d'une inflexible sévérité. On s'aperçoit aisément, que, porter atteinte à l'imiocence de ses enfants , c'est blesser la prunelle de son œil , c'est le frapper au cœur. Loin de s'endormir dans une criminelle indilférence , sa vigilance s'inquiète au moindre signe du danger , et si , à son insu , l'homme ennemi venait à pénétrer dans l'héritage du Seigneur , il en serait expulsé , avant d'avoir pu y faire germer l'ivraie de la perversité (i). »

Le règlement de 1846 et la circulaire de 1843 énumèrent avec une sollicitude paternelle toutes les mesures propres à sauvegarder la pudeur , la bienséance et les bonnes mœurs , dans l'école et hors de l'école.

(i) Circulaire de 1843, p. 61.

Plusieurs de ces mesures sont empruntées aux prescriptions d'anciens synodes provinciaux de Malines (i).

L'éducation, disent encore les évêques, est le fruit du zèle inspiré par la religion , « zèle tout à la fois empreint de douceur et de fermeté , zèle actif , patient et infatigable , zèle qui ne tarderait pas à convertir nos écoles en de véritables sanctuaires de piété , d'innocence et de bonheur. Que ne nous est-il donné d'en pénétrer les coeurs de tous ceux qui sont chargés de l'éducation de l'enfance , et de leur faire comprendre la douceur et les consolations que la religion leur procurerait, en échange des peines qu'ils se donnent et des sacrifices qu'ils s'imposent. Vous travaillerez , messieurs , à leur inculquer ce zèle , par vos paroles brûlantes de la charité de Jésus-Christ et par l'exemple d'une vie toute de dévouement (2). »

(1) Il est utile de rappeler à plusieurs que la sollicitude des catholiques pour l'enseignement primaire ne date pas du Congrès libéral de 1846.

« On instruira séparément , autant qu'il est possible , les garçons « et les filles. Les filles, surtout lorsqu'elles deviennent plus grandes , « seront confiées à des femmes respectables, qui sont d'ailleurs plus « propres à leur donner l'instruction convenable : les garçons seront « instruits par des hommes d'une capacité suffisante. » Synode provincial de Malines de l'an 1570, tit. 17, chap. 3.

« Nous désirons qu'aussi bien dans les écoles dominicales que dans « les autres, les garçons ne soient instruits que par des hommes, et « les filles par des femmes. Partout où il sera possible, on les placera « dans des locaux séparés, ou on les séparera par des espaces conve- « nables. » Synode provincial de Malines de l'an 1607, tit. 20, chap. 3.

(2) Circulaire de 1843, p. 61.

DE l'exseigxemext. 225

Rapports du curé avec VinstiUdeiir.

Les rapports du curé avec l'instituteur sont définis par les évêques avec une grande précision. Les chefs du culte catholique , fidèles au texte et à l'esprit de la loi, ne transmettent aucun « ordre » aux instituteurs. Ils ne parlent , d'aïUorité , qu'aux chefs des paroisses : « Dans les grandes paroisses où il y a plusieurs écoles, vous pourrez vous borner à ne les visiter qu'une fois tous les quinze jours , surtout lorsqu'elles sont disséminées dans plusieurs hameaux. Dans les petites communes rurales , où il n'y a qu'une école , vous la visiterez le plus souvent que vous pourrez , et régulièrement une à deux fois la semaine. Nous aimerions, lorsque vos autres fonctions le permettent, à vous y voir le samedi , pour préparer les enfants au catéchisme du dimanche ; et le lundi , pour faire répéter par l'un des enfants , soit ce catéchisme , soit le sermon de la veille (i). »

« La visite de l'école durera une demi-heure. Vous vous informerez de la conduite des enfants , de leur assiduité , de leur application et de leurs progrès. Soyez parmi eux , messieurs , comme un père au milieu de sa famille , mais toujours avec un air de dignité ,

(i) Circulaire de 1843 , § 23.

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