chapitre: IV
De la MÉTHora, et des procédés que tesprU humain peut employer dans la recherche de la Fénté.
S !• De» PréliiiiniaSMad«.la Méthode.
Le mtA,méthode signifie littéralement, et d'après sa valeur étymologique * , le chiemin que Ton suit pour trouver une chose qu'on cherche ou que l'on veut atteindre; la route qui conduit à cette chose, c est-à-dire ici le moyen ou l'ensemble des moyens dont on se sert pour la trouver. Ainsi, la logique ou l'art d'appliquer notre raison à la recherche et à la découverte de la vérité , n'est en effet que la méthode considérée dans son emploi le plus général et le plus étendu; c'est l'ensemble des procédés qu'il &ut suivre, en chaque genre de questions ou de connaissances, pour parvenir à connaître la vérité, à la démêler ou à la dégager de tout ce qui n'est pas elle; mais il est facile de voir que ces procédé doivent être modifiés, suivant que les objets auxquels on les applique sont eux-mêmes différents. Leibnitz compare avec raison la méthode à ces lignes tracées
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au crayon sur le papier pour diriger la main vacillante et incertaine des enfants qui commencent à écrire. Notre esprit, dit-il, étant souvent incertain et chancelant y surtout dans les sujets qui lui sout peu femiliers, la méthode lui est absolument nécessaire pour se diriger avec quelque sûreté.
Mais avant d'exposer les procédés généraux qu'embrasse la méthode telle que nous la concevons , peutêtre convient -il de présenter quelques notions, 1* sur Tensemble des objets auxquels elle peut être appliquée, et a** sur les conditions requises pour que Ton puisse espérer de rappliquer avec succès. Tels sont les deux genres de considérations que nous avons . cm devoir indiquer ici sous rexpression de préliminaires de la méthode*
S ». I* Coup ^€t& swt te/uéMe des Co/fnaissancet humâmes,
La première pensée peut-être qui se présente à l'esprit d'un homme qui entreprend de réfléchir sur lui-même et sur tout ce qui Tenvironne , celle du moins qu il peut concevoir le plus facilement et le plus naturellement, c'est de partager Tuniversalilé des existeuces en deux, parties qui lui semblent essentiellement distinctes, le moi et tout ce qui n'est pas 1720^': l'homme et l'univers. Mais en continuant • de méditer sur ce sujet , il s'aperçoit bientôt que son existence, qui lui semblait d'abord si nettement se-
HÀisoif. 369 parée de celle de tous le^ autres êtres , y tient, au contraire , presque par tous les points dans lesquels il peut la supposer divisible. Chaque être, chaque objet du monde extérieur agit ou peut agir sur ses organes et sur son intelligence d'une infinité de manières diverses, et ce sont ces actions mêmes qui mettent en jeu toutes les facultés qu'il a eu occasion de reconnaître en lui , par les manières diverses dont il est afFectë à leur occasion. £n un mot, il lui est facile devoir qu'il est, presque dans tous les instans de sou existence, en rapport avec toute la nature. La somme des connaissances, la totalité des sciences diverses, des professions et des arts de toute espèce,, cultivés ou pratiqués à une époqiie donnée de l'exis* tence des sociétés humaines, peut donc être considérée comme l'expression ou la manifestation de la partie que Ton est parvenu à connaître des rapports qui existent entre l'homme et l'univers, entre l'homme et la nature des êtres et des choses. Telle est, en effet, comme nous l'avons déjà dit, la vérité qu'il est appelé à étudier et à découvrir dans les limites assignées à son intelligence. Mais , tout indéfinie qu elle soit à ses yeux , elle est nécessairement conçue par lui , ainsi que nous l'avons dit encore, comme excessivement bornée , et presque comme un pur néant, en comparaison de l'infini qui s'offre à sa pensée, à mesure qu'il fidt de véritables progrès dans les sciences.
Celui donc qui veut se faire une idée convenable