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CHAPITRE IIL

DES INDICATIONS ET DES CONTRE-INDICATIONS DE L’ANUS CONTRE-NATURE DANS LES RÉTRÉCISSEMENTS INTESTINAUX.

La

Dans l’ordre des faits que nous étudions, il existe deux cas dans lesquels la création d’un anus contre-nature est formellement indiquée, à l'exclusion de toute autre opération. L’une de ces indications vient de l’état général de l'individu, l’autre de la position qu’occupe sur l'intestin le rétrécissement qui s'oppose au cours normal des matières.

1° Le mauvais état général du malade provient de causes diverses. L'évolution lente des rétrècissements intestinaux s’accompagne de troubles digestifs qui amènent progressivement le patient à un état de faiblesse extrême. Si le rétrécissement est d’origine néoplasique et maligne, la cachexie arrive, fatale et rapide. Dans le cas, qui se prèsente parfois, d’une occlusion aiguë survenant brusquement au cours d’une obstruction chronique, les forces du patient, affaiblies déjà par les troubles antérieurs,sont rapidement à bout, épuisées par la douleur, les vomissements, l'infection stercorale. Le grand âge et l'extrême

eee jeunesse sont également deux contre-indications aux entreprises chirurgicales difficiles et prolongées.

2° La seconde indication de l’anus contre-nature vient de la position que le rétrécissement occupe sur l'intestin. Un cancer siégeant sur la partie inférieure du côlon ou sur la partie supérieure du rectum, et s’accompagnant de lésions de voisinage étendues, est inaccessible par la laparotomie et ne peut être extirpé par la voie sacrée qu'aux prix de délabrements considérables. Au cas même où une résection serait possible, il faudrait sans doute en venir à la création d’un anus contre-nature, en fixant dans la plaie le bout supèrieur de l'intestin, trop éloigné du bout inférieur pour tenter l’entérorraphie dans des conditions favorables, avec quelques chances de succès. Il est impossible d’établir une anastomose intestinale, et la seule ressource qui demeure est l’entérotomie iliaque ou lombaire d'emblée, à moins que l’on ne se résolve à créer un anus sacrè, après avoir détruit, au prix de difficultés considérables, et sans espoir d’une guérison durable, tout ou partie du néoplasme.

A part ces indications formelles dans des casoù Penterotomie se présente comme unique moyen de traitement, en est-il d’autres où, avec les progrès de la chirurgie actuelle il soit aujourd’hui permit de l’appliquer, à l’exclusion de toute autre opération ?

Maintenant que sont oubliées les discussions entre Îles partisans de l’anus iliaque et de l’anus lombaire, entre céux qui voulaient ouvrir le gros intestin el ceux qui s’attaquaient à l'intestin grêle, on en est venu à discuter l'utilité de l’anus contre-nature lui-même, et on tend au-

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jourd’hui à le rejeter presque d’un commun accord dans le traitement des rétrècissements.

Le but de l’entérotomie consiste uniquement à ouvrir aux matières intestinales une voie d’échappement artificielle au-dessus de obstacle qui ferme lintestin. En supprimant d’une façon complète le passage des matières intestinales dans l’anse malade, elle a l’incontestable avantage d'empêcher l’irritation continuelle et l’inflammation de la partie rétrècie que les frottements et la stagnation des contenta intestinaux entretiennent et augmentent, et d’éviter, ou tout au moins de retarder dans une certaine mesure, les graves accidents des perforations. Mais pour ces avantages, appréciables sans doute, combien de dangers persistent, dûs à Pinsuffisance du procédé, suivant les cas, suivant les accidents.

L’anus contre nature, établi dans les cas que nous avons regardés comme rationnels, dans les cas d’occlusion aiguë ou sur un sujet affaibli, opération d'exécution rapide, est une intervention tentée un peu à l’aventure, sans notion exacte de la localisation, parfois même dela nature de l’obstacle, et rien n’empêchera le chirurgien d'attirer, par l’étroite ouverture de l'abdomen, une anse intestinale haut placée, voisine de l’extrémité supérieure de liléon. Le fait doit même se produire fatalement dans un nombre de Cas assez considérable, si le chirurgien se conforme aux règles que lui donnent les auteurs classiques. Ils prescrivent en effet de saisir la première anse qui se présente et de la fixer dans la plaie pour l’ouvrir ensuite, seule solution raisonnable dans de pareils cas, où l’on veut éviter au patient une longue et

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