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l'anus contre-nature, elles n’entrainent pas la redoutable alternative de vaincre pour... peu de temps ou de faire mourir de suite! »
Nous n'avons pas cité ces longues considérations de Bouilly pour nous faire avec lui l’apologiste de lanus contre-nature et de l’abstention. Tout en reconnaissant les dangers et les risques de l’entérectomie et son insuffisance qu’il a si bien mis en lumière, nous ne pouvons pas, étant données les connaissances actuelles, conserver entièrement ses vues sur le traitement des rétrécissements d’origine cancéreuse. Tout d’abord, du dilemme qu’il pose la première proposition est tout au moins discutable. Laisser évaluer un néoplasme intestinal jusqu’à ce que la cachexie fatale ou l’obstruction aiguë, infiniment probable dans un avenir rapproché, emporte le malade, était permis autrefois, à l’époque où toute opération était impuissante ou mortelle. Agir de même aujourd’hui serait faire preuve de bien peu de confiance dans l'intervention chirurgicale et nier les progrès accomplis. S'il n’est pas au pouvoir du chirurgien de procurer au malade une guérison durable au prix de peu de danger, il est de son devoir de lui épargner tout au moins dans la mesure de ses moyens, les douleurs et les accidents qui accompagnent l’évolution du cancer. On pourrait, dans un nombre considérable de cas, ouvrir l’abdomen pour constater l’état des choses, quitte à créer, si la tumeur n’est pas enlevable, une voie d'échappement aux matières au-dessus de l'obstacle? On éviterait ainsi au patient les douleurs de l’obstruction probable, et on obtiendrait sans doute un retard dans le développement de la tumeur, qui ne subi-
rait plus le contact permanent et l’irritation des matières.
Mais l’anus contre-nature ne saurait plus, à l'heure actuelle, en dehors des circonstances toutes spéciales que nous avons exposées, entrer dans la pratique. Une autre opération qui réunit tous ses avantages sans avoir ses inconvénients à pris rang dans le domaine chirurgical, et les résultats obtenus permettent de la proposer comme opération de choix dans le traitement des rétrécissements cancéreux et de quelques autres rétrècissements où l’étendue des lésions empêchent une résection ou la rendent trop peérilleuse. Nous allons montrer les avantages, la
supériorité réelle de cette autre intervention, l’entéroanastomose.