‹ De l'entéro-anastomoseChapitre 29 sur 47 · SACS · texte numérisé non relu

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différences, il convient de les exposer, avant de porter sur eux une appréciation définitive et pour mieux en discuter la valeur.

Quelle que soit la méthode employée, l’entéro-anastomose peut être pratiquée sur toute l'étendue du tube intestinal. On peut l’établir entre deux anses d’intestin grêle : iléo-iléostomie, jejuno-iléostomie par exemple, entre l'intestin grêle et le gros intestin, iléo-côlostomie, entre deux anses du gros intestin, côlo-côlostomie. Enfin, en 1890, on trouve dans les Annales de la Socièlè médicale d'Anvers, un projet d’'Ullmann, consistant à anastomoser le côlon et le rectum — côlo-rectostomie — dans les carcinomes inopérables de la partie supérieure du rectum.

L'opération, dans toute sa simplicitè, telle que l’exécuta Maisonneuve et que la firent plus tard Billroth et ses assistants, consiste, comme nous l’avons vu, dans l'affrontement exact, par des sutures plus ou moins compliquées et perfectionnées, des lèvres de deux incisions longitudinales pratiquées sur le bord libre de deux anses d’intestin. Ainsi compris, le procèdè est d’une extraordinaire simplicité, mais n’échappe pas à la critique. Aussi, quelques chirurgiens ne voulant pas encourir le reproche d’avoir laissé l'obstacle intact sur le trajet intestinal, et désireux surtout d'éviter le danger si redoutè de l’accumulation de matières dans l’anse malade isolée, se sont appliqués à formuler des procèdès nouveaux dans l’espoir de résultats meilleurs, Cette crainte de l'introduction des matières dans la partie de l'intestin que l’anastomose isolait, crainte bien peu fondée, nous le verrons dans la

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suite, a été la grande raison qui a poussé les chercheurs dans cette voie. Dans sa deuxième opération, von Hacker (1) avait déjà cherché à éviter le passage des matiéres dans l’anse malade, en rétrécissant par une suture le calibre de l'intestin en arrière de l’anastomose.

Après une opération, dans laquelle des accidents mortels semblaient avoir résulté d’une perforation due à cet accident, bien que la preuve certaine n’en ait pas été faite, Comte (2) se préoccupa également de remédier à cet inconvénient. « Pour empêcher le cours des matières dans la partie inférieure de l'intestin grêle, on le coude et on le fixe par des sutures dans cette position. » Gette opération, pas plus que celle de Hacker, ne fut suivie du résultat attendu.

Hochenegg (3) a décrit un procédé différent et en apparence plus radical, qui semblerait devoir prévenir efficacement laccident si redouté. Ce procédé, étudié expérimentalement sur des animaux, consiste à sectionner en travers l’anse intestinale malade en avant du rétrécissement; puis, après avoir fermé le bout périphérique par suture, à fxer le bout central dans une ouverture correspondante faite au-delà de la partie malade, sur la paroi de l’anse intestinale. Malgré cette opération, décrite par Hochenegg sans le nom d’entéro-anastomose par implantation latérale, les matières n’en continuërent pas moins à s’accumuler dans le cul-de-sac ainsi formé. Ce

1. Wiener Klinische Wochenschrift, 1888, n. 17 et 18. 2. J. R. Comte. Diagn. et Trait. de l'occlus. intestinale. Revue méd. Suisse rom. XII, 1892.

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