‹ De l'entéro-anastomoseChapitre 31 sur 47 · Hochenegz. Loc. cit · texte numérisé non relu

Hochenegz. Loc. cit

dont le calibre était sensiblement le même, et fixa dans la plaie abdominale les deux bouts de lanse isolée, créant ainsi un double anus artificiel par lequel s’échappaient des mucosiiès. Dans la suite, la tumeur diminua de volume et Hochenegg put en faire l’ablation.

Dans tous ces procédés, la rèsection intesiinale n’est pas complète. Ou la tumeur resie en communication avec le bout inférieur de l'intestin, ou on l’abandonne, sans rapports avec le reste du tube digestif, dans la cavité abdominale. Il en est d’autres qui, dans la pensée de leurs auteurs, ont ètè imaginés pour éviter les difficultés que l’on rencontre toujours dans l’exécution de lentérorraphie circulaire. C’est ainsi que Senn et Jesett emploient deux procédès d’entéro-anastomose accompagnès de rèsection complète de l’iniestin et d'ablaiion du rétrécistement. Dans l’un, après l’ablation, les deux bouis d’intesuün sont fermés séparément par suture, et la continuité du canal est assurée par une véritable anasiomose par apposition latérale, entre les deux anses, orientées de facon à ce que le flot des matières passe libremeni, sans venir heurter contre le véritable éperon qui rêsulierait de l'orientation des deux bouts dans le même sens,

Le deuxième procédé consiste dans l’anastomose par implantation, précédemment décrite, et n’en diffère que par l’ablation de la tumeur.

Il est enfin des adversaires acharné- de l’anus contre nature qui ont demandé à l’éniérorraphie et à l’entèreanasiomose, par les conc2ptions les plus originales, ce suppléer, envers et contre tout, aux inconvénients de l’e-

nus artificiel. C’est ainsi que Nicoladoni (1) a proposé dans les cas de résections de l'intestin et spécialement de VS iliaque, où l’entèrorraphie est impossible par suite de la grande distance qui existe entre les deux bouts, deux procèdès d’entéro-anastomose destinès à éviter l’anus contre nature. Nous les citerons pour mémoire, et sans y attacher une grande importance, car ils n’offrent d’intérêt Jusqu'ici que par leur originalité.

« Le premier procédè consisterait à interposer entre les deux bouts un segment d’intestin grêle pris aussi près que possible et nourri de son mésentère. La blessure faite à lintestin grêle serait réparèe à l’aide d’une suture. Les matières suivraient ainsi leur cours. »

« Le second procédé serait une simple section de l’intestin grêle, dont le bout supérieur serait suturè avec le bout supérieur de PS iliaque et le bout inférieur avec le segment rectal. De cette manière, les matières traverseraient d’abord l’une des portions de l'intestin grêle, puis le colon descendant, transverse, ascendant et le cœcum, puis l’autre portion de l'intestin grèle, enfin le rectum, et la velvule de Bauhin ne serait probablement pas un obsiacle au passage des matières la franchissant à rebours. »

À part ces derniers procèdès bizarres, qui sont restès jusqu’ici à l’état de projet et n'ont jamais êtè mis en praique, dont les indications seront d’ailleurs toujours rares, et que d’ailleurs peu d’opèrateurs se r'squeront à tenier, nous aurons à discuter dans un ch'pitre suivant les

1. Nicoladoni. Wien. med. Press, no ‘ 50, 1837. An. in. Rev. des Sc. méd., 1888,

nie

avantages de ces prétendues anastomoses intestinales. De même que l’on ne saurait comparer l’anus contre nature avec l’entérorraphie après résection, de même toute comparaison entre l’entéro-anastomose sans résection et ces opérations complexes, est irrationnelle et impossible. Diffèrences dans la technique opératoire, différences dans la longueur du procédé, dans la gravité des interventions et partant dans les résultats, tout s’oppose à mettre sur la même ligne ces diverses opérations. Seule l’opération de Maisonneuve, par l'originalité, la facilité d’exécution, la simplicité et la rapidité du manuel opératoire, doit être considèrèe comme l’anastomose véritable. Et c’est en comprenant la question dela sorte que l’on est autorisé, nonseulement à l’admettre, mais à la préconiser énergique ment comme moyen d'élection, dans le traitement de certains rétrécissements simples et des tumeurs de l’intestin. L

Modifications dans les sulures et le mode d'union des

anses anastomosées,

Les modiications apportées à l’opération de Maisonneuve n’ont pas seulement porté sur le procèä: opératoire lui-même. On s’est plu à modifier l’opèrai n dans tous les déiaiis qu’elle comporie, et alors que les {ransfü*mations successives de l’opération primitive n’ont contribuë qu’à en augmenter ia longueur et les ciificuliés, les ‘ravaux que nous allons exposer brièvement ici n’ont eu pour but en général que d’asrurer lez deux grandes conditions de succès de l’entèro-anastomose, la rapidité

de l’in‘ervention et la perf lion des satures. À ce rtint de vue, l’histoire de l’en‘éro-anastomore est en pertie celle des suiares intesanales dans leur génér: lié.

Le procédé employè par Ma °onneuve n'est pas a5:2 longuement décrit dans les ob‘ervations cai nous cont parvenues de ses deux opérations pour qu’on puisse apprécier ei le juger aujor-d’hui. Nous savons seulement Qu’il réunit les ouvertures intesiinales par la suture de Gély, et il est à supposer quil se contenta d’une seule rangée de sutures. Le” opérations de Woëlfler et de Von Hacker furent exécuiées, d’après le procèdè que Woëlfler avait établi pour la gactro-entérostomie, c’esià-dire que les lèvres des incis'ons intestinales furent affrontées et réunies par la suture de Lemberi-Czerny- Woëïder, une ligne de suture pour la muqueuse, une pour la musculeuse, une troisième pour la séreuse.

Certains inconvénients, que nous aurons à discuter dans la suite, ont servi de prétexte pour chercher d’autres moyens destinès à remplacer le procédé de Ja suture pure et simple. C’est ainsi que Senn imagina son procèdè d’anastomose par les plaques osseuses décalcifièes. L’expocé de sa méthode, qu’il fit lui-même dans les Annales of Surgery de 1886 (1), a êtè fait par Chaput dans son mémoire de 1891 (2), dans son Trailé des opérations sur l’inteslin ; enfin tout récemment, en 1894, dans sa thèse Sur l’anastomose intestinale par le procèdé de Senn, Magill, de Chicago en a fait toute l’his-

toire.

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