‹ De l'entéro-anastomoseChapitre 33 sur 47 · OBJECTIONS FAITES A L’ENTÉRO-ANASTOMOSE. SES CAUSES D’INSUCCÉS · texte numérisé non relu

OBJECTIONS FAITES A L’ENTÉRO-ANASTOMOSE. SES CAUSES D’INSUCCÉS

Les données de l’expérimentation contemporaine, les progrès accomplis dans la technique opératoire, ont fait de l’entéro-anaslomose de Maisonneuve, anastomose par opposition latérale sans résection, une opération si simple et si rationnelle, qu’il est permis de rechercher à l’heure actuelle les causes de l'abandon dans lequel on l’a pendant si longtemps laissée. En effet, alors que des opérations plus hasardeuses et plus difficiles, la résection intestinale suivie d’entérorraphie, parexemple, étaient toujours en faveur, malgré le peu de résultats qu’elles donnaient, et que des chirurgiens, aussi mal armés pour les exécuter avec succès que pour entreprendre l’entèro-anastomose, continuaient à les mettre en pratique, l’opération de Maisonneuve ne tentait jamais le savoir-faire et l’habileté du praticien.

Faut-il voir en cela seulement la défiance naturelle qu’éveillent à leur apparition toute les nouveautés, ou faut-il chercher des raisons spéciales à cet oubli ?

Sans parler ici d’une raison qu'on n’a plus le droit de mettre en ligne de compte, et qui s’appliquait également à toutes les opérations entreprises pour le traitement des affections intestinales, la crainte qu’inspirait aux chirurgiens l'ouverture de la grande séreuse péritonéale, il nous semble qu’on peut trouver des causes multiples,expliquant la défaveur jetée sur ce procèdè à son origine et le peu de crédit que les médecins lui donnérent pendant longtemps.

Tout d’abord, les deux cas dans lesquels Maisonneuve était intervenu s'étaient terminés par deux insuccès, que les blâmes attirès sur l'opérateur etla condamnation portée par l’Acadèmie avaient rendus plus évidents. Maisonneuve avait négligé, lavant de pratiquer cette opération sur le malade, d’en faire l'expérience sur des animaux, pour en étudier la méthode, en éviter les inconvénients dans la mesure du possible, en perfectionner le manuel opératoire, et pouvoir tout au moins répondre par quelques preuves sérieuses aux objections et aux critiques qu’on ne manquerait pas de soulever. Lorsque Woëlfler pratiqua pour la première fois à la clinique de Billroth la gastro-entérostomie, il en avait précédemment fait une étude approfondie, fondé les règles, discuté les résultats expérimentaux. Ces recherches manquaient sibien À lopération de Maisonneuve qu'il ne répondit pas dans la suite aux accusations qu'on porta contre lui au jour de sa communication.

Nous avons vu dans le chapitre précèdent que des observations incomplètes que nous possédons sur les deux opérations de Maisonneuve, il est impossible de déduire claié

Poe rement le procèdé suivi dans l’exécution de l’entéro-anastomose, et qu’il est fort probable qu’un seul plan de sutures de Gèly réunit les deux lèvres des incisions. Or, nous savons, que quelle que soit l’habileté de l’opérateur et la perfection des sutures, il faut toujours compter avec les accidents ultérieurs que les tiraillements de l'intestin par les efforts de vomissement ou par les troubles digestifs, qui sont la conséquence des fautes commises dans le régime post-opératoire, peuvent produire,en rompant les faibles adhérences à peine formées et en faisant cêder les parois en contact, sous la traction des fils de la suture. La première opération de Maisonneuve, qui ne présentait pas des garanties suffisantes de solidité dans les sutures, dut en effet son insuccès à cette cause ; « un léger suintement des matières intestinales dans le péritoine amena la mort ».

Il existait encore un autre défaut de méthode dans l’opération telle que la pratiqua Maisonneuve, et sa seconde observation en donne la preuve évidente. Dans la thèse de Foucher (1), où elle est relatée, nous lisons : « L’ouverture pratiquée par le chirurgien est trop peu considérable et se trouve en dehors du passage des matières alimentaires ». Son incision avait cependant au début 4 à 5 centimètres sur chaque anse d’intestin. Mais c’est un fait d'observation, sur lequel nous aurons du reste à revenir longuement, à cause de son importance considérable et des indications qu’il comporte, que l’orifice de communication à une continuelle tendance à se rétrécir, et ce n’est que grâce à la méthode opératoire perfectionnée aujour-

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