Foucher, Loc. cit
= 82 — d'hui que l’on est parvenu à éviter presque avec certitude, même dans l’anastomose par suture, ce grave inconvénient.
D'autre part, il est parfaitement reconnu à l’heure actuelle que l’entéro-anastomose a ses indications absolument spéciales et ne doit pas être appliquée, dans tous les cas, à l’exclusion des autres procédès. La première opération de Maisonneuve fut pratiquée pour un étranglement interne. Or, à l'heure actuelle, il est reconnu par tous que l’étranglement aigu est une des contre-indications de l’entéro-anastomose. Dans son article du Traité de chirurgie sur l’obstruction intestinale, M. Jalaguier (1), rèsumant la question, écrit : « L’entèro-anastomose, préconisée par Senn, me paraît devoir être proscrite dans l’occlusion aiguë. » C’est aussi la conclusion à laquelle arrive M. Chaput : « et cela non-seulement parce que l’état général du sujet commande le minimum de durée de l’opération, mais encore parce que avec un intestin distendu par les matières et les gaz, et souvent friable, il est bien difficile de ne pas souiller le péritoine et bien aléatoire de compter sur des sutures. »
Un point que l’on ne saurait oublier non plus dans cette discussion, raison qui eut sans doute sa force dans la critique de l’entéro-anastomose, est la faveur dont jouissait, au temps de ses dèbuts malheureux, l’entérotomie dans tous ses procédès. L’anus contre nature, prèconisé et perfectionné par Callisen et Amussat, réunissait tous les suffrages. Maisonneuve, en 1844, avait lui-même