Désinsertion totale du ligament (obs. X
Arrachement des ligaments croisés (obs. XI).
ne.
osseux ou de désinsertion totale du ligament, le ligament latéral interne est séparé de sa portion accessoire et quelques fibres sont dilacérées à ce niveau, ce qui est bien suffisant pour expliquer la douleur légère et de courte durée que l’on trouve souvent à cet endroit.
Autres lésions. — Chez un homme, sur les deux genoux duquel nous avions expérimenté, nous avons trouvé d’un côté une désinsertion ordinaire du ligament, de l’autre une lésion particulière.
L'insertion inférieure du ligament latéral interne était arrachée; 1l existait, en outre, un arrachement osseux, à la face profonde du ligament latéral interne. C'était une lamelle de tissu compact comprenant juste la couche de ce tissu : elle avait 5 à 7 miilimètres de hauteur et 1 cm. 5 de largeur dans le sens transversal. Elle s'étendait tout le long de la face profonde du ligament latéral interne et le dépassait un peu en avant. Elle représentait le bord supérieur du plateau tibial. Le cartilage articulaire n'était pas lésé, mais simplement soulevé et décollé de la parcelle osseuse arrachée. Cette lamelle était intra-articulaire. Elle avait été arrachée par les fibres de la capsule qui s'étendent entre le ménisque et le tibia.
D'autres lésions peuvent venir compliquer la Îésion principale, ce sont des déchirures des surtouts fibreux latéro-rotuliens. Nous avons trouvé parfois une petite lésion au niveau de l'insertion sur le condyle interne du ligament croisé, mais jamais de déchirure vraie du ligament, ou d'ouverture de la syno-
ose viale. C’est certainement là une lésion accessoire dans l'entorse interne, elle doit suffire pourtant pour provoquer de la douleur au niveau du creux poplité.
Jamais ce ligament n'est désinséré en totalité; on trouve seulement quelques fibres détachées de leur insertion tibiale, sans que cet arrachement soit suffisant pour déchirer la synoviale. Chez un sujet jeune, la radiographie faite à quelques mois de distance peut montrer une réaction osseuse, comme dans la radiographie 3, de l'Observation XI, où l’on voit que les deux épines du tibia sont noyées dans une masse osseuse.
Nous avons expérimenté sur 40 genoux d'adultes, voici nos résultats :
1, Expérience négative, pas de lésions; 2, Arrachements d’un fragment tibial; 18, Arrachements osseux ; 10, Arrachements totaux du ligament ; 7, Arrachements partiels du ligament; 3, Déchirures du ligament portant sur sa portion inférieure.
Nous ne faisons pas rentrer dans cette statistique des cas où, malgré une dissection minutieuse, nous n'avons pas trouvé de lésion. En pratiquant cette expérience on produit souvent un craquement assez fort au niveau du genou ; ce craquement est dû probablement à un simple déplacement des surfaces articulaires. Il est analogue à celui qu'on produit par la flexion exagérée de la première phalange sur les métacarpiens. Au genou, sur le vivant, on peut le provoquer en appuyant le pied sur le sol par la tête du
Ro premier métatarsien et en portant le genou en dedans, le pied se mettant en rotation externe. C'est parce que nous Connaïssions mal ce fait que beaucoup de nos premières expériences ont été négatives.