‹ De l'Entorse Interne du Genou: Arrachement du ligament latéral interneChapitre 12 sur 23 · V. — PATHOGENIE · texte numérisé non relu

V. — PATHOGENIE

La fréquence de la lésion que nous avons décrite tient à une cause physiologique. En effet, nous voyons sur le squelette que l’axe de la cuisse fait avec l’axe de la jambe un angle à sommet interne. Sur le squelette ou sur le cadavre, si on laisse porter le poids du corps sur un seul membre, le genou du côté considéré se porte en avant et en dedans, exagérant ainsi l'angle normal.

La même expérience montre que le genou n’a aucune tendance à se porter en dehors. L’entorse du

genou se produira donc par l’exagération d’une disposition normale.

Et

L'accident arrive de la façon suivante. C'est,le plus souvent, un individu qui descend un escalier, il fait un faux pas, le pied se met en valgus, déterminant la rotation de la jambe en dehors, le genou se porte en dedans et l'individu tombe, tout le poids du corps portant sur le membre qui s’est dérobé et fléchi.

Dans des cas plus rares, l’entorse peut survenir par choc direct sur le plateau tibial (Obs. 1) ou par un mouvement brusque et violent d’adduction de la jambe (Obs. X).

Voyons pourquoi les lésions portent à peu près de façon constante sur la partie supérieure du ligament. Cela tient à plusieurs causes : petite surface d’insertion du ligament, tissu osseux plus friable et surtout mouvement de rotation. L'insertion inférieure du ligament est étalée, les fibres adhèrent au tibia sur une longue étendue, l'insertion supérieure est, au contraire, ramassée en un faisceau épais, s’insérant sur une petite surface.

D'autre part, cette insertion répond au versant antérieur du tubercule du condyleinterne quiestcriblé d’orifices vasculaires, par conséquent plus friable. Enfin, la rotation joue le principal rôle.Le lijament latéral interne présente cette particularité d’être constamment tendu. Dans l'extension, il est faiblement et également tendu dans toutes ses parties. Dans la flexion il est tendu, mais ce sont ses fibres antérieures et surtout ses fibres les plus élevées qui se tendent les premières ; puis,à mesure que la flexion s'accentue, les fibres postérieures se tendent à leur tour en tirant sur leur insertion supérieure suivant

une direction oblique en bas et en arrière. Les fibres subissent ainsi un mouvement de torsion que nous avons vu très net sur certaines pièces où le ligament arraché, semblait en même temps tordu. Dès lors, la désinsertion du ligament s'explique facilement. Les fibres n'étant pastendues en même temps, s’arrachent successivement les unes après les autres. Ce fait nous explique aussi l'importance de la rotation de la jambe dans la production de l’arrachement du ligament latéral interneet l'impossibilité où nous nous sommes trouvés de produire cet arrachement dans l'extension complète de la jambe sur la cuisse. Ce mécanisme nous fait voir qu’il n’est pas besoin d’un traumatisme considérable pour produire un arrachement partiel du ligament et que, dans ces cas, si quelques fibres seulementsontarrachées,on peutavoir les signes nets de lésion du ligament, avec une mobilité latérale peu marquée et quelquefois nulle.

D'autre part, il nous a paru que l’on avait d'autant plus de chance d’avoir un arrachement partiel du ligament que l’on avait produit une rotation plus marquée. C’est dire que l’abduction de la jambe pratiquée en saisissant le pied au niveau des méta-

tarsiens donnerait un arrachement partiel, tandis quesi l’on a saisi le membre inférieur au niveau de la tibio-tarsienne ou du tarce, on aurait plutôt un arrachement total.

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