‹ De l'Entorse Interne du Genou: Arrachement du ligament latéral interneChapitre 14 sur 23 · EVOLUTION · texte numérisé non relu

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Vers le cinquième ou sixième jour, queïquefois même avant, l'épanchement reste stationnaire.

La résorption commence presque immédiate, et son premier signe est la tension moindre du liquide intra-articulaire. Aussi le genou cesse d'être douloureux spontanément, lechoc rotulien est facile à mettre en évidence. On peut alors sentir la crépitation sanguine, au niveau des ecchymoses, à la face interne du genou, le long de la cuisse, plus ou moins haut vers le périnée, suivant l'abondance de l’hématome. Quelquefois nous l'avons trouvée tardivement, localisée uniquement à l'insertion supérieure du ligament.

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La durée de l'épanchement varie suivant deux facteurs : la gravité de la lésion et l’âge du sujet. Le rôle de la lésion sera étudié plus bas ; quant à l'âge du sujet, il a une importance moindre ; d’une façon générale l'épanchement se résorbe assez facilement chez le jeune sujet, surtout si l’on prend soin de lui faire garder l’immobilité untempssuffisamment long. Chez l’homme de l’âge müûr et chez le vieillard, la résorption est beaucoup plus lente,d’autant plus que des questions de diathèse peuvent venir entraver cette résorption.

Ajoutons que, dans les premiers jours où l’on permet la marche, on voit souvent se produire un peu d'épanchement articulaire le soir. Il faut attribuer ce gonflement à la fatigue, et ne pas le mettre sur le compte de l’épanchement sanguin survenu immédiatement après l’entorse, car ce dernier est justiciable dela ponction, tandis que l’hydarthrose du soir est justiciable du massage. Dans les formes légères de l’entorse cette hydarthrose disparaît vite; dans les formes graves, au contraire, elle persiste et même peut s’aggraver. Elle indique qu’il ne faut pas abandonner son malade, mais se préoccuper de son entorse, car des complications ultérieures pourraient survenir.

Plus tard, l’afrophie musculaire commence à se manifester, visible surtout à la face antérieure de la cuisse. Le quadriceps est flasque à la palpation et la mensuration de la cuisse, pratiquée à 30 centimètres de la pointe de la rotule, donne ordinairement une différence de 2 centimètres au profit du membre sain.

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ForMES CLINIQUES

On peut distinguer deux grandes formes cliniques de l’entorse du genou avec arrachement du ligament latéral interne : une forme légère, bénigne, correspondant à une désinsertion partielle du lHigament, et une forme grave correspondant à la désinsertion totale du ligament ou à l’arrachement de la portion osseuse sur laquelle il s'insère.

Forme légère; désinsertion partielle du ligament. — ]1 n'existe pas de mobilité latérale, pas de dislocation articulaire. Les signes de l’entorse sont réduits au minimum. Un seul signe est constant et toujours net : c'est la douleur exactement localisée à l'insertion supérieure du ligament et maximum en ce point. C'est le signe capital qui permet d'affirmer la lésion. D’autres signes viennent se surajouter : l'ecchymose peu marquée, la gêne fonctionnelle et l'épanchement articulaire. Même dans ces cas légers l'épanchement articulaire est à peu près constant, mais il est plus lent à se former, peu abondant, le genou est peu douloureux, il s’agit d’une hydro-hémarthrose.

Tous ces signes s’atténuent rapidement, la douleur et l’épanchement articulaire persistent en dernier lieu; ordinairement tout disparaît vers le quinzième jour ou la troisième semaine. Quelquefois, il est vrai, l’hydarthrose reparaît dans les premiers jours de marche, mais c’est une complication fugace qui disparaît d'elle-même; chez les vieillards elle est un peu plus tenace, il faut alors faire de la compression et surtout du massage du membre.

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Forme grave. Désinsertion totale du ligament. — Dans ce cas les signes se trouvent à peu près au complet, la mobilité latérale, le choc du plateau tibtal : le relâchement du ligament, et souvent la douleur à la contraction des adducteurs. Quant à la douleur au niveau de l'insertion supérieure du ligament, elle est extrêmement vive. L'épanchement est très abondant, de formation rapide et provoque une vive douleur; 1l est constitué par du sang à peu près pur. Il est assez lent à se résorber, et si l’on ne ponctionne pas, met souvent un mois à disparaître complètement.

Cette forme est surtout intéressante, parce que, si les malades ne sont pas soumis à un traitement sévère, elle expose souvent à des complications ennuyeuses.

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