‹ De l'Entorse Interne du Genou: Arrachement du ligament latéral interneChapitre 17 sur 23 · IX. — Dracnosric · texte numérisé non relu

IX. — Dracnosric

Le diagnostic de l’entorse du genou se fera par le gonflement articulaire, la douleur maximum exactement localisée au niveau de l'insertion supérieure du ligament latéral interne, la mobilité latérale, l'écartement de l'interligne en dedans, le choc du plateau tibial. On recherchera en même temps s'il existe des autres lésions ligamentaires venant se surajouter à la lésion principale.

Le diagnostic différentiel est à faire avec : la contusion simple du genou; on se basera sur la notion d'un choc direct sur le genou, la douleur au point contus et localisée uniquement à ce niveau et les lésions cutanées qui peuvent exister. Il n'existe pas de mobilité anormale de l’article et rien de spécial au niveau des ligaments. Dans un cas, nous avons vu une hémarthrose à la suite d’une contusion du genou; malgré un examen minutieux de la jointure, nous n'avons trouvé aucun signe permettant d'expliquer cette hémarthrose. Au bout de quelques jours, le malade marchait sans peine. C’est évidemment un cas où la mobilisation immédiate eût donné d'’excellents résultats, en réduisant au minimum l'atrophie du quadriceps.

L'entorse externe est rare, nous n'en avons pas d'observations. Dans un cas d'entorse du genou par arrachement du liszament latéral interne, nous avons trouvé un point très douloureux en avant de la tête

hit du péroné, au niveau de la lésion décrite par M. Segond. Il est vrai que ce cas était complexe (Obs. IV), la malade étant tombée er descendant un escalier, s'était relevée,et, ne pouvant se tenir debout, était tombée de nouveau. Le diagnostic se fera par l’existence d'un point douloureux au niveau du ligament latéral externe, ou au niveau de la lésion de Segond. Enfin, dans ces cas, on peut avoir une déchirure des surtouts fibreux latéro-rotuliens externes.

L'arrachement du tendon rotulien : le diagnostic est assez difficile, lorsque le genou est distendu. L'ascension de la rotule passe inaperçue si l’on n’a l'attention attirée de ce côté. Il suffira de mesurer exactement la distance qui sépare la pointe de la rotule de l'épine du tibia ou de l’une des mailéoles ; d’ailleurs le malade est dans l'impossibilité de détacher le talon du lit.

La fracture isolée d'un condyle : l'examen clinique et la radiographie lèveront rapidement tous les doutes.

La fracture parcellaire du tibia. le tassement du plateau tibial se reconnaissent par la radiographie, l’existence du point douloureux au niveau du tibia, la déformation de l'épiphyse, l'existence de saillies ancrmales et de fragments plus ou moins mobiles, donnant de la crépitation; l'absence de signes au niveau de l'insertion fémorale du ligament latéral interne.

La luxation d'un ménisque : elle reconnaît pour cause une action musculaire énergique, extension brusque succédant à la flexion forcée, mouvement de

mn

rotation. Elle se caractérise par la douleur ou l'impossibilité de l'extension, la saillie anormale d’un ménisque.

Cette affection est assez rare et nous ne saurions admettre les conclusions de Pauzat (Rey. Chir., 95), qui dit que « si la déchirure des ligaments méniscaux constitue souvent la seule lésion de l’entorse du genou, elle coexiste, en général, avec la rupture des ligaments forts, si celle-ci vient à se produire ». Dans les cas d’entorse du genou que nous avons observés, nous n'avons pas trouvé les signes de luxation du ménisque. ,

C'est dans les formes chroniques de l’entorse du genou que le diagnostic sera surtout délicat. Il faudra d'abord éliminer la tuberculose et, ceci fait, ne pas se contenter du terme vague et imprécis d’arthrite chronique traumatique, ce diagnostic après l’entorse du genou est insuffisant, et, chose grave, il expose à une thérapeutique insuffisante, pointes de feu, immobilisation, qui n'aura pas d’autre résultat que de faire un impotent d'un malade atteint d’une petite infirmité. Un autre résultat d'un diagnostic incomplet serait de conduire dans certains cas à une intervention chirurgicale inutile (extirpation d’un ménisque).

Dans les formes chroniques, le diagnostic sera à faire avec l'arthrite tuberculeuse du genou succédant à un traumatisme. On évitera l'erreur par l'interrozatoire serré du malade par la constatation des signes de l'entorse interne, par l'absence des signes de tuberculose du genou : douleur au point anté-

rar =

péronier, épaississement de la synoviale au niveau de l'interligne interne, ganglions inguinaux. D'autre part, l'expérience nous a montré que, lorsque la tuberculose se greffe sur une articulation traumatisée, il y a toujours un-« intervalle libre », c'est-àdire un intervalle de quelques mois pendant lesquels l'articulation paraît saine. D'ailleurs, la loi de Max Schuller est moins fréquente qu'on ne l’a cru. Nous devons rappeler encore une fois que ce diagnostic est souvent très difficile, car il arrive que le malade vienne trouver le chirurgien le genou agrémenté de pointes de feu, ou immobilisé dans un silicate.

Nous avons vu un malade atteint d’une tumeur blanche du genou, consécutive à une entorse remontant à quelques mois. Il était entré à l’hôpital pour une entorse nouvelle, son genou était douloureux depuis quelque temps. Grâce à l'empâtement du cul-de-sac sous-quadricipital et grâce surtout à la douleur au niveau de la dépression anté-péronnière, nous avons fait le diagnostic de tuberculose. Dans les cas douteux, l'amélioration produite par le massage ferait éliminer la tuberculose.

Ainsi la tuberculose éliminée, en se basant sur la notion d'une entorse antérieure et surtout sur la mobilité latérale, on recherchera quelle est la partie de l'articulation qui est souffrante, s'il s’agit de prolifération synoviale, de méniscite, ou d’entorse récidivante, et c'est alors seulement que l'on instituera un traitement.

Les corps étrangers du genou sont souvent d’origine traumatique, la palpation minutieuse du genou

Eve permettra ordinairement de sentir le corps étranger. d'ailleurs, il n'existe pas de mobilité latérale. S'il existe de la mobilité latérale, il sera quand même indiqué d'intervenir si les troubles fonctionnels justifient l'intervention.

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