‹ De l'entorse juxta-épiphysaire et de ses conséquences immédiates ou éloignées au point de vue de l'inflammation des osChapitre 12 sur 14 · L. OLLIER. — DE l’entorse JUXTA-ÉPIPHYSAIRE · texte numérisé non relu

L. OLLIER. — DE l’entorse JUXTA-ÉPIPHYSAIRE

Grasse), etc., ont cherché dans les articulations la cause de cette lésion et l’ont placée, les uns dans le poignet, les autres dans le coude. Goyrand i, après l’avoir attribuée à une luxation de l’extrémité supérieure du radius en avant, la considère dans un second mémoire comme produite par la luxation du .cartilage triangulaire de l’articulation radio-carpienne.

Pour moi, si j’en juge par quelques cas qu’il m’a été donné d’observer, je vois dans cette lésion une entorse juxta-épipliysaire de l’extrémité inférieure du radius ou du cubitus s’accompagnant de plus ou moins de distension des ligaments, des muscles et autres tissus périphériques, mais consistant essentiellement chez les enfants de un à trois ans dans les lésions que j’ai décrites plus haut : torsion, inflexion de la substance osseuse périphérique, ruptures trabéculaires du tissu spongieux, décollements périostiques. En expérimentant sur les cadavres d’enfants de cet âge, on reproduit toutes ces lésions, dans le radius ou dans le cubitus, suivant le sens dans lequel on imprime des mouvements forcés au poignet. Si l’on prend la main du cadavre, de manière à exagérer fortement la flexion de la main sur le bord cubital de l’avant-bras, et qu’on soulève alors le cadavre par la main, en la maintenant dans la position indiquée, le poids du cadavre tend à augmenter l’angle que fait la main avecl’avant-bras; le cubitus cède alors, et il se fait une encoche au niveau de la portion juxta-épiphysaire avec tous les désordres que nous avons décrits plus haut. Si, dans un autre mouvement, on tend à exagérer l’extension de la main, c’est-à-dire si l’on renverse fortement la main sur la face dorsale de l’avant-bras, on produit une entorse juxta-épiphysaire du radius, celle que les enfants se font en tombant sur le paume de la main et qui amène souvent une fracture ou un décollement diaphysaire du radius. On peut produire les lésions de l’entorse dans le poignet, le coude et l’épaule par l’extension forcée successive des trois articulations, en procédant comme nous l’avons expliqué plus haut à propos de nos expériences générales C’est même cette multiplicité de lésions qui explique pourquoi on a tantôt placé dans les articulations du poignet, tantôt dans l’articulation du coude la cause de la pronation douloureuse. Chassaignac ® avait vu dans cette lésion une pseudo-paralysie qu’il n’expliquait pas.

1. Bulletin de la Société de chirurgie et Union médicale, 1861.

2. Déjà, dès le siècle dernier, Berlrandi et Reichel, et postérieurement Rognetta, avaient indiqué l’action de soulever brusquement les enfants par la main comme pouvant amener des décollements de l’épiphyse supérieure de l’humérus et de l’extrémité inférieure des os de l’avant-bras. (Voy. Rognetta, Gazette médicale de Paris, 1834.)

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