L. OLLIER. — DE l’ENTORSE JÜXTA-ÉPIPHYSAIRE
forcés des cirticulcitions sont les suivRrits • tension des ligaments solidement unis aux épiphyses cartilagineuses ou déjà ossifiées; pression des surfaces cartilagineuses l’une contre l’autre; résistance des masses cartilagineuses épiphysaires trop élastiques
Fig. 3.
Désordres produits sur le tibia par l’abduction forcée du pied. Décollameut de la diapliyse
sur son tiers externe.
Rièce prise sur un enfant de deux ans. Coupe oblique.
a, périoste de la face interne du tibia sans déchirure, mais décollé de l’os ; b, disjonction diaphysaire s’étendant jusqu’au tiers de l’épaisseur de l’os ; c, tassement du tissu spongieux vers la face externe de l’os; e, épanchement sanguin sous-périostique qui se continue en e' ; f, continuité du périoste et du cartilage de conjugaison.
pour se rompre; torsion, inflexion, écrasement des portions juxtaépiphysaires de la diaphyse déjà ossifiées, mais constituées à la périphérie par un tissu osseux, souple, flexible et peu friable, et à l’intérieur par un tissu spongieux, à trabécules friables, dépressibl e soit à la torsion, soit à la pression directe.
Si nous analysons plus exactement ce qui se passe dans le tissu
REVUE DE CHIRURGIE
spongieux juxta-épiphysaire, nous constatons les phénomènes suivants : écrasement du tissu spongieux juxta-épiphysaire, masqué d’ahord par la fracture incomplète, sous-périostale, de la couche compacte périphérique ; fractures trabéculaires du tissu spongieux ; expression du suc médullaire à travers les orifices vasculaires et les déchirures du périoste. Si l’effort continue; tassement plus prononcé de la substance aréolaire juxta-épiphysaire, séparation d’esquilles du tissu spongieux et décollement du cartilage de conjugaison, ou plus fréquemment fracture juxta-cartilagineuse de la substance spongieuse.
Chez les enfants au-dessous de quatre ans, à nutrition appauvrie et à plus forte raison chez les enfants un peu rachitiques, le tassement du tissu spongieux s’étend plus ou moins loin, et le cartilage ne se décolle pas ; les désordres du tissu spongieux se passent même à une certaine distance du cartilage de conjugaison ; l’écrasement maximum se fait à 8 ou 10 millimètres au-dessus de ce cartilage.
Chez les sujets du même âge dont le tissu osseux n’a pas éprouvé d’altération spéciale, la diaphyse [se disjoint; le tissu spongieux résiste, et la séparation s’opère au niveau du tissu spongoïde normal, c’est-à-dire au niveau de la couche la plus friable de l’os, là où le processus d’ossification est en train de s’accomplir.
Les lésions sont différentes sur les deux faces de l’os ; d’un côté, on observe le tassement et les fractures trabéculaires par compression ; de l’autre le décollement du périoste et la fracture par arrachement.
C’est la consistance plus ou moins grande du tissu spongieux chez les divers sujets qui explique le niveau des désordres produits par l’entorse. Lorsqu’il est souple et peu consistant, comme chez les rachitiques, c’est dans la substance osseuse, à une certaine distance du cartilage, que l’entorse produit ses effets; s’il a sa consistance physiologique, c’est au niveau de la couche spongoïde, plus près du cartilage, que les lésions auront plus de chance de se produire.
Tant que l’épiphyse est cartilagineuse, elle n’éprouve pas de lésion appréciable dans les mouvements forcés des articulations mais dès que les noyaux d’ossification ont envahi la plus grande partie de sa substance, et surtout dès que, ossifiée sur toute son épaisseur, elle est séparée de la diaphyse par une couche régulière de cartilage de conjugaison, elle prend part aux lésions que nous venons de décrire dans les parties renflées de la diaphyse. Ces lésions sont toujours moins marquées 'cependant et se réduisent au tassement et aux fractures trabéculaires, lésions qu’on observe du côté du cartilage de conjugaison et non du côté du cartilage diarthrodial.