‹ De l'entraînement complet et expérimental de l'hommeChapitre 18 sur 53 · ÉTUDK SUR LES AGRÈS · texte numérisé non relu

ÉTUDK SUR LES AGRÈS

au-dessus de l'autre. En descendant la corde, il faut étendre complètement Tavant-bras sur le bras.

La corde lisse développe d'une façon remarquable les biceps, les grands dentelés, les grands pectoraux, les grands dorsaux et aussi les muscles de l'abdomen.

A côté de la corde lisse vient Texcrcice de Técbelle, à laquelle on monte à l'aide des mains, soit par les échelons, soit par les montants dont les angles doivent être bien émoussés.

Elle agit comme la corde lisse. Il y a aussi, dans certains gymnases, des échelles dites horizontales qui sont placées coiimie leur nom l'indique et qu'on peut utiliser quelquefois.

Puis viennent ensuite les barres parallèles. 11 y en a de grandes et de petites. Toutes deux sont également très utiles. Les exercices qu'on prati([uesur les grandes barres sont relativement peu pénibles, aussi peut-on les faire durer assez longtemps. Quand on s'exerce aux parallèles, il ne faut jamais négliger de faire les mouvements en avant comme en arrière; ces derniers sont beaucoup plus durs. Les barres parallèles développent surtout et presque exclusivement le triceps brachial et le grand pectoral. Elles dégagent aussi la poitrine en portant fortement les épaules en arrière. Elles ont été et sont toujours un de mes exercices favoris, je ne saurais trop les recommander. Je dirais même qu'il est presque impossible d'avoir de beaux pectoraux si Ton ne fait pas de barres parallèles.

Les anneaux agissent comme la corde lisse, ils font travailler les mêmes muscles. En effet, lorsqu'étant suspendu par les mains on cherche à soulever le corps, les muscles du thorax prennent leur point d'appui sur l'humérus et soulèvent le tronc. Pour se servir plus facilement des anneaux, il faut qu'ils ne soient ni trop éloignés, ni trop rapprochés l'un de l'autre ;

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il est nécessaire, en outre, de recouvrir toute leur surface d'un morceau de cuir, pour que les mains ne soient pas blessées. Tous les mouvements faits aux anneaux sont trop connus pour qull me paraisse utile d'y insister. Je dois dire cependant que Ton peut exécuter, avec ces agrès, des mouvements de force véritable et des mouvements acrobatiques ou d'assouplissement. Je n'ai pris dans les anneaux que ceux qui peuvent avoir une certaine influence sur le développement des muscles. Exemple : Traction sur les bras, le corps étant suspendu ; Tangle droit, le rétablissement avec ou sans engagement des mains, la planche en avant ou en arrière, etc., etc.

Je ne parle que pour mémoire des autres agrès que Ion trouve dans les gymnases, à savoir : des perches fixes et oscillantes, de la corde à nœuds, de la barre fixe. Je ne pelix m'empêcher de citer ici le nom d'un peintre de mes amis qui était d'une force extraordinaire à la barre fixe, je parle du regretté P. Lehoux. Il faisait, entre autres choses, l'équilibre sur une seule main à la barre fixe.

Nous n'insisterons pas non plus sur le trapèze, dont on a singulièrement exagéré l'importance. Cependant on peut en tirer quelque profit, chez l'adolescent, pour développer la souplesse. Dans tous les cas, il ne faut pas en abuser, comme on l'a fait jusqu'à ces dernières années où le terme de gymnastique était synonyme de tours d'acrobatie au trapèze. Le trapèze est loin cependant d'être abandonné, et on voit presque dans tous les circ{ues des artistes exécuter des exercices très remarquables et à des hauteurs vertigineuses; tout ceci n'a rien à voir avec la véritable gymnastique.

La plupart des appareils que je viens d'indiquer sont très usités dans la gymnastique française ; ce sont ceux dont je me suis servi pour m'entralner et que j'ai tou-

jours VU employer par les autres. Toutefois, en réfléchissant beaucoup à cette question et, je dois le dire, un peu ébranlé dans mes idées par la critique qu'a faite de cette méthode M. le D' Tissié, j'ai compris pourquoi, dans la gymnastique française, les sujets d*élite pouvaient seuls arriver à un bon résultat, et pourquoi les faibles désertaient si vite le gymnase quand ils avaient fait quelques séances de corde lisse ou d'anneaux. C'est que ce travail aux agrès est excessivement pénible et ne peut être soutenu que par ceux qui sont déjà naturellement vigoureux. Aussi j'emploie, maintenant que l'âge mûr est venu, un autre moyen très simple pour développer chaque groupe musculaire pour ainsi dire isolément, ou l'entretenir. C'est le système de la poulie. On la fixe d une poutre sur laquelle passe une co?de. A l'extrémité de cette dernière, on attache à l'aide d'un nœud coulant une haltère d'un poids variable selon le muscle que l'on veut faire travailler et selon aussi la force du sujet. Ainsi, par exemple, pour exercer le pectoral, j'attache le poids de 40, 50 ou 70 livres, et je le soulève autant de fois que je le désire. Pour le grand dorsal, je mets un poids de 20, 25 ou 30 livres, je tire sur la corde, le bras étant élevé au-dessus de la tête et je l'abaisse selon la ligne d'action du muscle.

Pour les fessiers et les muscles du membre inférieur, on fait un œillet à l'extrémité de la corde; on y passe le pied et on abaisse un poids de 50 ou 70 livres en étendant la cuisse sur le bassin.

Veut-on exercer lesh grands droits, les obliques, fortifier en un mot toute la sangle abdominale, il suffit de tirer en marchaut, avec les deux mains, sur la corde ; on peut aussi se coucher horizontalement, le milieu du corps reposant sur une chaise et perpendiculairement au montant, les pieds fixés pour ne pas basculer en

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aprière; dans cette situation, on fléchit le thorax sur le bassin très lentement, et les grands droits se contractent avec énergie. Cet appareil est, on le voit, très simple et n'est pas fatigant comme tous les engins que Ton utilise d'habitude dans les gymnases.

Pour s'exercer encore avec moins d'efforts, on peut fixer une petite poulie à une certaine hauteur du sol, h 1"50 ou 1™80; sur celle-ci, on fait glisser une corde à laquelle on attache un poids de 15, 20 ou 30 livres; à l'autre bout de la ficelle se trouve une poignée en bois; il suffit de tirer dans le sens de la direction de la contraction d'un muscle pour faire, d'une fac^on suffisante, travailler celui-ci en répétant, grûce au poids léger, le mouvement, le nombre de fois que Ton désire. Les mouvements peuvent s'effectuer debout ou couché. Il est possible aussi de placer deux poulies l'une près de l'autre, de manière à faire agir en même temps ou simultanément les deux bras à la fois.

Les appareils si vantés dans les réclames des journaux de sport ne valent pas mieux que ma poulie et ma corde dont le coût revient à 0 fr. 75 !!

CIIAPITHE VIJI

Elude sur les gros poids. — Que fauUil entendre par gros poids ? — Du développement. Ses dangers, son action sur certains groupes musculaires. — De la volée. Son utilité. — Du deux temps. — C'est dans la volée et le deux temps qu'on peut le mieux juger de la force de l'homme. — De l'arrachement. — Mouvements de la volée et du deux temps plusieurs fois répétés. — Mouvements de la volée et du deux temps avec un poids de 20 kilogs dans la main qui ne tient pas l'haltère. — De la barre à sphère ou grosse barre. Son poids. — Comment il faut exécuter le mouvement de la grosse barre. — De la jonglerie avec le poids de 20 kilogs. Description des mouvements. — Mouvements divers que l'on fait avec canons, sacs de blé, de sable, etc. — Description d'une série de poids pour un sujet moyen. — Etude générale sur la force. — De la massue. — Utilité des poids. — Psychologie de l'athlète.

J'ai dit, au début de ce livre, que mon entraînement suivi sans relâche a toujours été méthodique et que j'avais cultivé tous ou presque tous les exercices physiques.

Cependant, les gros poids ont été cultivés par moi avec prédilection, parce qu'ils devaient montrer de la façon la plus péremptoire à quelle puissance musculaire on pouvait arriver.

Les poids constituent, en ejffet, le meilleur dynamomètre des muscles, et la valeur d'un bras qui soulève 150 livres en deux temps par exemple ou qui met 120 livres à la volée ne peut être le sujet d'aucune contestation.

Cet entraînement athlétique que je pratiquais a été au début de ma carrière critiqué comme du reste Téqui-

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talion, la déclamation, et même Thydrothérapie; toujours, sans doute, à cause de mon titre de docteur qui aurait dû, au contraire, me conférer, aux yeux du public, une compétence supérieure en la matière, mon expérience h ce point de vue étant basée sur des principes scientifiques et ne pouvant être sujette à suspicion, car je ne crois pas que jamais amateur ait soulevé plus de « fonte » que moi. Je ne dis pas «< plus lourd » que moi, bien que je n'aie pas vu les gros poids qui constituent ma série, mis à bout de bras par personne!

Tous les reproches qu'on a adressés à la gymnastique française, évidemment un peu trop faite d'attitudes violentes et d'efforts, pourraient, a priori, s'appliquer surtout aux poids, car il est indéniable que, pour soulever une grosse haltère, il faut faire un effort considérable. Mais c'est justement cet effort qui est bon et salutaire quand il n'est pas répété trop souvent, quand l'organisme est préparé de longue date pour ce travail, quand le sujet n'est pas trop jeune ou qu'il n'a pas atteint un âge trop avancé.

On ne doit pas fixer par avance le poids qu'on doit soulever un jour; on s'exerce d'une façon régulière, on assiste à l'augmentation de ses forces, on les essaie de temps à autre, voilà le principe.

Ici ce n'est pas du tout comme dans les courses de chevaux où un poulain est mis au rebut d'emblée parce qu'il n'a pas d'ores et déjà une vitesse suffisante pour suivre les autres. L'effort, ai-je dit, est utile, mais c'est notre civilisation qui, peu à peu, a mis notre organisme au-dessous de sa tâche. Ne voit-on pas, dans la vie sauvage, l'animal se livrer à un perpétuel effort, soit pour se mettre, par une course effrénée, hors des atteintes de ses ennemis, soit, comme le font les fauves, pour fuir en franchissant des obstacles avec de lourdes proies?

Les poids apprennent h savoir mesurer l'effort à faire. Dans la vie ordinaire, bien des hernies viennent de l'inopportunité d'un mouvement violent, mal préparé, mal assuré ; tandis que celui qui « sait » remuer les poids sait aussi /comment il faut tenir le corps et établir une synergie musculaire favorable pour faire aisément un exercice qui deviendrait volontiers dangereux sans cette mise au point de tous les leviers de la machine.

De plus, ils habituent les muscles k obéir aux ordres de la volonté, un « je veux w impératif est nécessaire pour soulever un gros poids.

Enfin, pourquoi tairai-je la satisfaction, puérile si Ton veut, mais d'un sentiment bien humain, que l'on éprouve à se sentir « le plus fort »; il faut se rendre justice à soi-même aussi bien qu'aux autres ; et si, grâce à cette supériorité, on est devenu moins pusillanime, si on a pris de la confiance et de l'assurance en soi, si on se sent plus virilement homme, n'y a-t-il. pas déjà là de quoi être reconnaissant à cette rude et altière gymnastique ?

Toutefois, je ne saurais trop le répéter, il jie faut pas abuser des poids. Il vaut mieux modérer qu'exciter l'ardeur des jeunes gens qui, se sentanLvigoureux, se livrent avec excès à cette gymnastique athlétique.

Les gros poids faits sans discernement ou commencés trop tôt, alors que l'organisme n'est pas suffisamment développé, usent vite et produisent de la raideur, chose contraire à la vie, qui doit résider surtout dans la souplesse et la variété d'attitudes et d'aptitudes. Aussi je ne cesse de proclamer la nécessité des sports variés et non la spécialisation, qui, là comme ailleurs, est contraire à tous les principes biologiques.

Les poids enseignent à penser à faire agir, tous les muscles dans un mouvement violent. Ainsi, quand vous

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faites une volée avec un poids très lourd, vous emmagasinez d'abord une grande quantité» d'influx nerveux», puis, en saisissant rhaltère, vous devez songer à répartir le « fluide » uniformément dans toutes les parties du corps; ne pas oublier, par exemple, de serrer très fortement Fhaltère, de produire un grand mouvement d'extension de la colonne vertébrale, de garder un équilibre parfait sur les deux jambes; c'est une sorte de mise en branle d'une série de forces qui, quand on n'est pas entraîné, se contrarient mutuellement, mais qui, dans le cas opposé, obéissent comme une armée aux ordres d'un chef unique. Le chef c'est le cerveau, les nerfs les aides de camp, les bataillons sont représentés par les muscles. Et de même qu'un tacticien voit pendant la bataille les points faibles de ses troupes, de môme l'athlète, en soulevant un poids, s'aperçoit vite des parties qui demandent à être fortifiées. L'entraînement gymnastique a pour but de développer chaque muscle spécialement, comme on fait manœuvrer isolément une recrue qui apportera, une fois bien exercée, son contingent de force et d'énergie à la masse pour le résultat recherché.

Si une bonne méthode est indispensable en gymnastique, elle est non moins utile quand il s'agit de poids, d'abord pour éviter tout accident et ensuite pour les faire avec aisance, le « sourire sur la bouche », comme nous disions au gynmase. Maintenant quelle est la meilleure méthode à suivre pour s'entraîner dans ce genre -de sport? C'est un point sur lequel on a discuté. Vaut-il mieux, par exemple, dans une séance, soulever 90 ou 100 une fois, que 60 ou 70 dix fois de suite? La réponse ne peut être douteuse. 11 est préférable, pour Taccroisement du muscle et l'augmentation de la force, de répéter le mouvement avec une haltère légère que de faire une fois un effort violent avec un gros poids. Tout

le monde est d accord là dessus ; maïs ce qu'on ne dit pas c'est qu'il faut quand même s'exercer avec des poids de plus en plus lourds si on veut gagner d'une manière sensible. Je m'explique. Travaillez le 110 par exemple pendant six mois ; faites4e aisément cinq ou six fois de la main droite comme de la gauche ; vous croyez que le 120 ne sera plus qu'un jeu pour vos biceps, il n'en est rien; vous devez le travailler longtemps avant de le mettre à bout de bras. La force de résistance sert bien à quelque chose, mais il faut surtout l'effort de volonté dans le soulèvement des gros poids, avec des muscles bien préparés, cela s'entend.

11 faut donc s'exercer avec des haltères légères, mais une fois par semaine au moins, après avoir suivi toute la série, s'arrêter pendant un certain temps, s'acharner après le poids qu'on désire voir s'élever au-dessus de sa tête. C'est là l'entraînement aux poids que j'ai suivi et que je conseille. Du reste, pour moi, le travail était double, car je voulais que mon bras gauche allât de pair avec le droit et il m'a fallu une ténacité inouïe pour arriver à les rendre presque égaux.

Maintenant qu'entend-on par gros poids? Nous les faisons commencer à partir du 90. En effet, tout individu vigoureux, faisant de lagymnastique, peut soulever sans un entraînement spécial 70 à 80 livres ; presque toujours il est arrêté brusquement au 90. Sont bien rares (je n'en ai jamais vu) ceux qui, sans être exercés d'une façon particulière, enlèvent du bras droit comme du gauche cette dernière haltère.

Nous allons décrire les principaux mouvements qu'on peut exécuter avec les poids; à propos de chacun d'eux nous donnerons les résultats que nous avons obtenus nous-même.

Nous allons commencer par le développement plus connu aujourd'hui sous le nom de « dévissé ». Ce mou-

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vement qui s'exécute avec l'haltère de 110, 120, 130, 140 ou môme 150, consiste, après avoir assujetti le poids à Tépaule, à plier le corps du côté opposé au poids que l'on veut soulever, de façon à appliquer fortement Tomoplate au thorax et à faire servir, pour élever le poids eu Tair, le deltoïde, le sus-épineux, sous-épineux, petit rond, grand rond en un mot tous les muscles de Tépaule. La force est évidemment augmentée par ce moyen. L'haltère à soulever, le triceps brachial et le deltoïde représentent un levier du troisième genre dont la puissance est plus grande quand le corps est plié en deux que lorsqu'il est droit.

Ce mouvement n'est pas dangereux, mais il est très pénible ; il est le type de l'effort violent et prolongé ; aussi on voit le visage de l'individu se congestionner par arrêt de la circulation veineuse, ce qu'indique la turgescence des jugulaires; il y a anémie'du cerveau.

Le sujet a quelquefois des éblouissements, des vertitiges, et titube comme les animaux à qui Ton vient d'enlever une grande quantité de sang ou comme ceux que Ion fait périr d'hémorragies. Ajoutons qu'à la suite de ces développements faits avec des poids trop lourds, il se produit un tiraillement de la capsule fibreuse de l'articulation de l'épaule et par suite surviennent des douleurs souvent fort longues à faire disparaître.

Le mouvement appelé « développement » fortifie et grossit remarquablement les muscles de l'épaule, en particulier le deltoïde; cependant le développement avec torsion du corps est mauvais pour les raisons que j'ai indiquées plus haut, aussi je conseille d'y renoncer, car il fatigue beaucoup l'articulation scapulo-humérale.

M. Paz, dans son Traité de gymnastique raisonnée, juge sévèrement ce mouvement (Paris, 1880). Il dit à ce sujet : « L'enlèvement sans élan ne peut se faire qu'avec » une haltère d'un poids très inférieur, ce mouvement

» est tellement simple que nous n'avons pas à lexpli- » quer; mais il est des amateurs qui parviennent, au » moyen d'un truc que nous allons éventer, à lever sans » élan des poids relativement considérables. Voici com- » ment ils procèdent. Ils portent d'abord Thaltère à » Tépaule droite et penchent ensuite le corps sur le côté » gauche, pendant que le bras résiste au poids plutôt » qu'il ne le soulève, de façon que la tension complète du » bras soit produite par la flexion latérale du corps plus » encore que par Tefl^ort du bras. C est là, nous devons » le dire, un mouvement aussi disgracieux qu'il est » opposé aux lois de la statique de l'homme ».

Bien que j'aie débuté dans l'entraînement des poids par le développement, que je sois arrivé à un résultat que je n'ai vu guère atteindre par personne (j'ai soulevé ainsi, sans élan, 130 livres du bras gauche, 150 livres du bras droit), je suis absolument de l'avis de M. Paz : le développement avec les gros poids est un mouvement disgracieux, très pénible, et qui peut devenir dangereux. Je conseille de ne pas dépasser le poids de 110 livres. 11 est bien entendu que dans tous ces mouvements que je vais décrire, le bras gauche doit travailler comme le bras droit; car un véritable gymnaste doit paraître aussi fort d'un bras que de l'autre. Je dis, devra, car en réalité, et autant qu'on s'exerce, il y aura toujours une différence Chez moi elle est de 10 livres environ. Chez tous les autres hercules que j'ai examinés et avec qui je me suis exercé, j'ai trouvé une dill'érence colossale. Exemple : un hercule fait 125 livres à la volée du bras droit et 90 seulement du bras gauche. — Un autre, M. Moreau, 125 livres à gauche, et 90 à droite.

Après le développement vient la « volée », c'est-à-dire un mouvement dans lequel le poids est porté rapidement et H avec élan » au-dessus de la tête en décrivant un arc de cercle. Voici du reste comment on doit procéder

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dans l'exécution de ce mouvement. L'haltère est placée de telle sorte qu^une boule soit en avant et l'autre en arrière, bien en face de soi. Les pieds, écartés modérément de manière que la base de sustentation ne soit ni trop large ni trop étroite, doivent se trouver « à peu près » sur la même ligne transversale que la boule postérieure. On serre vigoureusement la poignée de l'haltère en ne la saisissant pas trop en avant, défaut ordinaire. On applique la main laissée libre sur un genou, puis brusquement on élève le poids au-dessus de la tête en le suivant constamment de l'œil. Il faut toujours que la « volée » soit faite vivement. On laisse retomber le poids après l'avoir tenu quelques instants au bout du bras, tout naturellement, en le fixant sans cesse et de manière que les deux boules touchent le sol en même temps pour que la poignée ne se brise pas.

On arrive par la volée à soulever des poids relativement énormes, 1 20 livres par exemple et même 125 livres. Je n'ai jamais vu faire plus. Un hercule a cependant, m'a-t-on affirmé, enlevé 130 à la volée, mais je ne l'ai pas vu. Quant à moi, je suis arrivé à faire 120 livres du bras droit comme du bras gauche. C'est le poids maximum à la volée que j'aie toujours soulevé dans mes exercices en public. La plupart des sujets non entraînés que j'ai examinés et pris au hasard mettent à peine 70 et 80 livres et encore passent-ils pour très forts.

La volée est le meilleur de tous les mouvements faits avec les gros poids, parce qu'il nécessite le déploiement d'une force générale et très grande, parce que l'effort ne dure pas longtemps et d'autre part enfin parce que le poids, n'étant assujetti nulle part, tombe • facilement si on ne peut le soulever. En un mot, on ne peut faire dans ce mouvement que ce que l'on est capable de faire.

On peut répéter souvent la volée dans une même

séance. On commence par le 70 pour s'échauflfer (qu'on me pardonne cette expression de gymnase, car elle peint bien la circulation plus active qui se produit alors dans le muscle), puis on passe au 90 et on finit par le 1 10. De temps en temps, on touchera le 120.

La volée n'a pas d'action spéciale sur tel ou tel groupe musculaire,^ elle fait tout travailler, par conséquent ne développe aucun muscla en particulier.

Cependant c'est la masse sacro-lombaire qui sembla le plus bénéficier de ce mouvement. La main joue aussi un rôle considérable. Il faut avoir de la « poigne » pour bien exécuter la volée. J'ai vu des individus très forts ne pas pouvoir faire de volée, parce que leur main trop petite ne leur permettait pas de serrer suffisamment le poids. J'ai eu moi-même beaucoup de difficultés à vaincre à ce point de vue. Voici comment on peut arrivera surmonter cet obstacle. A chaque séance de gymnastique, on devra balancer un certain nombre de fois le 70 ou le 80, entre les jambes légèrement fléchies, tout en l'élevant à une petite hauteur devant soi et en concentrant toute sa volonté sur ce serrement de la poignée, de manière que les doigts et le pouce restent collés pour ainsi dire à l'haltère à chaque oscillation de celleci. Du 80, on passera au 100 et au 110 et on sera étonné des résultats obtenus.

Un autre moyen qui réussit aussi, c'est de travailler toujours pendant quelque temps avec des poids dont la poignée est très grosse, par conséquent très difficile à saisir; par exemple avec un 90 ayant 13 à 14 centimètres de circonférence au lieu de 8 à 9 centimètres ; avec un 110 de 12 centimètres comme celui que je possède dans ma série et qui est plus difficile à soulever, à cause de cette disposition, que le 120 lui-même.

Une observation que j'ai faite aussi, c'est que les sujets qui ont de très larges épaules font moins bien les

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volées et les arrachés que ceux qui les ont tombantes. Chez les premiers la contraction musculaire nécessaire pour attirer le bras en dedans en lève une certaine somme de force, tandis que les autres sont naturellement bien placés en face du poids, le bras se portant verticalement et non obliquement.

Il y a aussi une autre espèce de volée qui consiste à saisir de la main gauche le ppids enlevé par la main droite au moment où il arrive au-dessus de la tête. Ce mouvement ne peut s'exécuter qu'avec des poids relativement légers.

Passons maintenant à un autre mouvement très connu dans le sport athlétique sous le nom de « deux temps ». C'est de tous les exercices celui à Taide duquel on peut soulever les plus gros poids. 11 est du reste très simple. Il se décompose, comme son nom l'indique, en deux temps. On se place comme pour la volée. On saisit le poids d'une main, on le tire fortement à soi et on le met à côté de l'épaule, Tavant-bras fortement fléchi, le bras appliqué sur les parties latérales de la poitrine. Dans cette position, la boule de devant doit être plus haute que celle de derrière. On fléchit légèrement et également les deux jambes, puis, à un moment donné, on les détend brusquement et, lorsque le poids monte par la déflexion de lavant bras, on plie de nouveau sur les jambes de manière à se mettre, pour ainsi dire, sous le poids. Il faut toujours regarder l'haltère, ne pas la perdre de Toeil et ne pas la porter en avant, faute commune, mais la diriger bien en l'air au-dessus de la tête. Le poids doit toujours être mis à l'épaule « épaulé », en terme de gymnastique, avec une seule main, pour que le mouvement soit correct. C'est avec le deux temps qu'on peut soulever les poids les plus lourds. Je suis arrivé à épauler avec la main droite et à mettre au-dessus de la tête 162 livres; à gauche j'ai fait 135. C'est

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dans le deux temps et la volée qu on peut le mieux juger de la force d'un homme. En effet, dans les deux mouvements, il faut une forte « poigne », des bras solides, des reins vigoureux et par dessus tout, pour le deux temps, de bonnes jambes.

On fait aussi avec les gros poids un mouvement qui est très brillant et qui demande encore beaucoup de force, qu on appelle « Tarrachement •>. Le poids ici est placé en travers, entre les jambes. On le saisit brus((uement et on le met en Tair, au boutdu bras, en un temps. Les sujets entraînés peuvent ainsi soulever 120 livres. Je n*ai jamais pratiqué ce mouvement avec des poids aussi lourds.

Nous venons de décrire les (juatre principaux mouvements qu'on peut faire avec les gros poids, mais il ne s'ensuit pas qu'on doive toujours les exécuter tous dans une même séance de gymnastique. Bien au contraire, on n'en fait (|u'un à chaque leçon. On peut aussi, quand on s'exerce avec le 100, répéter le mouvement plusieurs fois, par exemple une volée quatre, cinq ou huit et même dix fois, sans laisser le poids toucher la terre. Il en est de même du deux temps; le poids élant en Tair, on le ramène à l'épaide, puis au-dessus de la tête sans le laisser aller plus bas. Ces mouvements répétés plusieurs fois de suite fatiguent énormément les articulations ; c'est l'eftort violent et répété que nous avons dit dé^h être très mauvais ; il ne faut pas en abuser.

La volée, le deux temps peuvent être compli([ués d'une autre manière; pour cela ou place dans la main rcblée libre un autre poids, ordinairement le poids de 40 livres. Au moment où l'haltère est au-dessus de la tête, on étend le bras; ce qui fait que les deux bras sont étendus l'un horizontalement, l'autre verticalement, et supportent, l'un l'haltère, l'autre le poids. Ces exer-

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cices sont très durs, et ceux qui ne font le» jHiids que par « tpuc » et sans grande force réelle sont vite réduits à l'impuissance dans la volée ou le deux temps quand on ajoute ainsi un autre poids dans leur main.

J'ai vu à Paris un hercule, au gymnase, faire 133 livres du bras droit avec le poids de 50 livres dans la main gauche — en deux temps — . J'ai fait, quant à moi, 110 livres du liras droit à la volée avec le poids de 20 kilogs dans la main gauche et 135 en deux temps de la main droite avec le même poids de 20 kilogs dans la main gauche.

La série des poids.

Pour que le poids ajouté ne gftne pas trop dans ces mouvements, on le place au-dessus de la hanche en pliant un peu le poignet.

Les grosses haltères peuvent aussi être mises à bout de bras avec les deux mains, une main tenant comme d'ordinaire la poignée, l'autre main poussant la boule inférieure; c'est l'haltère en <i chandelle «, On peut La

faire debout ou assis, à cheval par exemple. Lorsqu'elle est au-dessus de la tête, on ne la maintient plus qu'avec un seul bras et il est possible alors de recevoir un poids de 20 kilogs dans la main redevenuc libre.

Toutes les fois qu'une grosse haltère a été mise à bout de bras par la volée, Farraché, le deux temps ou le développé, on peut facilement la faire passer d'une main dans l'autre sans plier les bras, en fléchissant simplement les jambes et les redressant brusquement.

On se met aussi à genoux et on se relève avec Thaltère au-dessus de la tête, le bras toujours bien verticalement tendu.

Après les haltères, l'athlète a encore à sa disposition, pour mesurer ses forces, la grosse barre. C'est une barre en fonte plus ou moins longue et volumineuse et terminée à ses deux extrémités par deux boules massives ou creuses, celles-ci pouvant se changer à volonté.

On construit aussi des barres très commodes pour s'entraîner et qu'on peut charger encore plus facilement. Ce sont des barres ordinaires, mais dont la poignée dépassant la boule est munie d'une vis à laquelle on peut adapter des disques en plomb de poids variable. On peut ainsi se rendre compte facilement des progrès accomplis chaque jour.

11 y a des barres à sphère de tous les poids; mais pour les tours de force deux suffisent : une de 150 ou 160 pour s'exercer habituellement et l'autre de 190 ou 200, qui est à peu près le poids maximun qu'on peut songer à atteindre. La barre des frères Barrois pesait 160 livres; celle de Charles le Marin 195. Mon ami, le prince San Marin, qui a été aussi mon élève et dont on a tant parlé il y a quelques années, est arrivé à soulever 230. C'est ce que j'ai « vu » faire de plus extraordinaire jusqu'ici. Il est vrai de dire qu'il n'épaulait pas la grosse barre en deux temps, mais en trois, ce

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qui est beaucoup iitoiuH griicieiix, mais enfin, malgré tout, il la mettait k bout de bras. Voici le mouvemenl : Dans un premier élan, on fait arriver l'haltère Jusque sur le ventre; de là, on la place sur les poignets et on la fait monter ensuite au-dessus de la ti^le.

Aujourd'hui, à l'Acatlérnie athlétique de Paris, dirigée par M. Noël, on voit, dit-on, des hercules qui font 270 et même 280 livreson barres ! La célèbre « Miss Athleta »

a fait, ma affirmé M. de Lapouyade, 180 livres devant lui. Ce doit être la première femme qu'on ait vue soulever un poids semblable. Quant à n^oi, je suis arrive à lever 208 livres et je dois dire que je n'ai pas essayé d'aller plus loin. A quoi bon? Je ne cherchais pas à obtenir un record. Voici du reste comment on doit exécuter le mouvement dit « en deux temps » de la grosse barre, bien plus difficile d'ailleurs que celui dit en trois : On saisit la barre avec les deux mains nton se redresse complètement. Dans celle position, on se baisse un peu pour prendre l'élan des reins, mais sans que la barre revienne toucher la terre et on la jette sur les poignets; de là, on la fait monter au bout des bras comme dans le deux temps ordinaire. Ce mouvement est dur et dangereux. 11 est bon de mettre toujours quelqu'un derrière soi qui puisse vous soulcnir diins le cas où on serait trop fortement poussé en arrière par la barre lorsqu'elle arrive sur les poignets.

Il y a encore une nutre manière d'utiliser la grosse barre pour les tours de force. Etant couché horizontalement sur le dos, on élève les bras verticalement audessus de la tête et on reçoit la grosse haltère. Au milieu, on fait asseoir un homme ainsi qu'aux deux extrémités. La difficulté consiste surtout h muintenir en équilibre tout l'appareil, la barre et les trois hommes.

On peut aussi faire la grosse barre en développement mais son poids alors doit osciller entre 100 et 130.

Enfin avec les petites barres à sphère on exécute des mouvements qui*renlrent dans la gymnastique proprement dite et qui favorisent beaifcoup le développement, du deltoïde et des muscles du bras.

Dans la grosse barre, les muscles qui entrent surtout en jeu sont les spinaux postérieurs renforcés en haut par les muscles de la région postérieure du cou, et en bas par les fessiers, qui, prenant alors leur point fixe sur

106 DE 1,'ESTBAINEHEiNT CHEZ l'hOMHE

le fémur iiiiinobilii>é, redressent le Itassin. \usst malgré le pouls énorme que l'on a A mettre sur les poignets, ré(>aulenic)it Ne fait avec assez de facilité. Cela tient à ce que la niasse à soulever, les pieds reposant sur le so! et les muscles représentent un levier du troisième genre assez Ijien disposé pour produire une grande force. En eOetdcpuis le sommet delà tëtejusqu au sacrum, les muscles de la colonne vertébrale se succèdent sans interruption : le bras dc'levier delà puissance est donc très long. Dans ce mouvement de l'épaulement. les muscles de l'avniit-bras, principalement leurs tendons dans la paume de la main, subissent une traction très forte et des tiraillements dans leurs gaines. Quand la barre est

X humnies dessus.

sur les poignets, ce sont, comme dans le deux temps ordÏFiaire, li^s muscles des membres inférieurs qui poussent le poids au-dessus de la tète.

Dans le soutien de la grosse barre, le corps horizon-

talenient étendu, c est le triceps brachial qui maintient le bras droit. Le point d'appui du levier est représenté par Tépaule qui touche le sol, la puissance, parle triceps, la résistance, par le poids à maintenir sur les poignets. Dans cette situation, TeiTort porte surtout sur les ligaments du coude et de Tarticulation radio-carpienne. C*est une sorte de mouvement passif, comme lorsqu'on soulève la grosse barre la tête en bas, suspendu par les pieds.

Maintenant quelques notions sur ce qu'on appelle la jonglerie avec le poids de 20 kilogs. Je ne connais pas d exercice plus gracieux, plus utile que celui là, car il met en action tous les muscles de rorganisiue. Il faut, pour bien jongler, autant de souplesse que de force. Les jambes travaillent autant que les bras, Tœil autant que la main. Il est regrettable que cet exercice soit, par mépris, délaissé dans les gymnases et abandiF)nné aux seuls hercules de foire. Ou peut pourtant le mettre en première ligne pour développer la souplesse, la force et le coup d œil. Il n'est nullement dangereux.

Les mouvements qu'on exécute avec le poids de 40 livres sont très nombreux Je vais les mentionner avec quelques détails, plus loin. Toutefois, pour bien les comprendre il faut les voir faire souvent.

Les .poids qui servent à « jongler » ne pèsent pas d'habitude réellement 40 livres. Ceux des saltimbanques ne pèsent guère que 20, 25 ou 30 livres au plus. Apollon, lui, jongle avec de réels 20 kilogs. C'est dire assez combien le véritable poids de 20 kilogs est difficile à bien tenir à bras tendu.

La plupart des personnes qui ne sont pas familiarisées avec les exercices gymnastiques répondent toujours et sans hésiter quand ou leur demande : Combien tenezvous à bras tendus? Oh! facilement 40 livres ! Or il y a peu de gens, même parmi les hercules, qui peuvent se

108 DE LEXTRAINEMEIST CHEZ LHOiMME

vanler de les tenir correctement. Quelques attilètes de profession sont cependant arrivés à faire 50, 60 et même 70 livres, comme Louis ThomaSsin. Les fi'ères Barrois faisaient 60 livres. L'athlète Bonnes tient, parait-il, 50 livres à bras tendu, par Tanneau. Mais ce sont là des hommes exceptionnellement vigoureux et rompus à ce genre de sport. Ajoutons que leurs poids étaient très larges et pesaient d autant moins à Textrémité du levier.

Que faut-il entendre par : tenir correctement un poids de 20 kilos à hras tendus? 11 faut que le bras et Tavantbras soient sur la même ligne, le poignet à hauteur de l'cpaule ou même un peu plus bas; que le poids repose sur la face palmaire de la main et ne soit pas poussé jusque sur la face antérieure de lavant-bras, faute toujours commise par les <c truqueurs ». Enfin il faut rapprocher les deux talons, avoir la tête haute, le corps droit, la main opposée reposant le long du corps et le fameux « sourire sur la bouche ! »

Le bras tendu nous montre l'exemple d'un levier du troisième genre dont le point d'appui est à Tépaule, la résistance à Textrémité du membre supérieur, la puissance au niveau du deltoïde. Or le levier de puissance est ici très court; le deltoïde, en effet, s'insère au-dessus de la portion moyenne du corps de rhumérus;par contre, la résistance, représentée par une partie du bras, de Tavant-bras et du poids, oflre évidemment une disposition tout à fait désavantageuse pour la facile exécution du bras tendu. On comprend donc, par ce simple énoncé, que les bras courts sont beaucoup plus favorisés pour le mouvement que les l)ras longs., ceux surtout dont les os ne sont pas bien dans le même axe.

CVest pour cela que j'ai vu des gens très forts ne pouvoir jamais arriver à bien faire un poids de 20 kilos.

Il y a même dans l'économie peu de mouvements où un seul muscle est, comme ici, chargé de le produire.

Rii eiret. dans le bras tendu, seul te deltoïde entre en action avec le |>etit muscle sus-épineux ; et encore toutes les fibres du premier ne se contraclent-clles pas; la partie antérieure, moyenne et postérieure du muscle agissant avec une énergie différente selon que le poids est fait sur le eAté ou en avant.

TraiEi poids ^e 20 kilos

Voici maintenant résumée toute la série des mouvements Tails avec les poids de 20 kilogrammes, lels que j'ai t'iiabitude de les exécuter. Ces mouvements denian-

110 DE l'entraînement CHEZ L*HOMME

dent à être répétés souvent pour être bien faits. Une recommandation importante, c'est de toujours s'attacher à les tenir avec une grande correction. Par exemple, comme je Tai dit, avoir toujours le bras bien tendu quand on reçoit le poids dans la main et le corps bien droit; ne pas se raidir sur ses jambes quand on jongle, etc., il faut en un mot faire tous ces mouvements avec conviction, je dirais presque avec dignité, si on ne veut pas ressembler à certains mauvais hercules à la parade. 11 faut toujours de plus répéter à gauche ce qu'on a exécuté à droite.

Premier mouvement, — Simple bras tendu du bras droit; poser le poids à terre; même mouvement du bras gauche. Lorsque le poids est sur le sol, il doit être placé en long, entre les jambes, la partie du poids où est l'encoche dirigée en arrière.

Deuxième mouvement. — Prendre le poids d'une main, le balancer légèrement, le tirer à soi et le recevoir sur le membre supérieur ainsi disposé : Tavant-bras est fortement fléchi sur le bras, celui-ci écarté du corps à hauteur de l'épaule; le poing devant la poitrine au niveau du sein.

Troisième mouvement, — Prendre le poids de la main gauche, le balancer entre les jambes et le recevoir dans la main droite, tout le membre supérieur droit très légèrement fléchi et placé au-dessus de la tête.

Quatrième mouvement. — Le poids étant dans la main, au-dessus de la tête, le membre supérieur très légèrement fléchi, le faire sauter de la main droite dans la main gauche et vice versa. Ce mouvement se produit uniquement avec les jambes.

Cinquième mouvement. — Le poids étant encore dans la même situation, le faire tourner plusieurs fois sur lui-même, dans le sens de sa longueur.

Sixième mouvement. — Balancer le poids entre les

jambes, le recevoir le bras tendu, en avant de soi.

Septième mouvement, — Recevoir le poids sur le dos de la main, le bras tendu, Tavant-bras en pronation.

Huitième mouvement. — Poids à la pincette : prendre le poids par son rebord et le mettre à bras tendu en avant.

Neuvième mouvement. — Prendre le poids par Tanneau et le mettre à bras- tendu en avant.

Dixième mouvement. — Double bras tendu en croix de fer.

Onzième mouvement. — Bras tendu d un seul bras, la main en pronation, le poids tenu par son long rebord ; bras tendu le poids retourné.

Douzième mouvement. — Double bras tendu. Mais cette fois les pouces seuls passés dans les anneaux maintiennent les poids. L'avant-bras en forte supination.

Treizième mouvement. — Faire passer le poids par dessus Tépaule et le recevoir de la même main par Tanneau.

Quatorzième mouvement. — Faire passer le poids en arrière, et le recevant en avant avec la môme main qui Ta lancé, le mettre à bras tendu.

Quinzième mouvement. — Faire tourner le poids en avant et en arrière.

Seizième mouvement. — Double tour.

Dix-septième înouvement. — Lancer le poids en Tair et le recevoir par Tanneau.

Dix-huitième ?nouvement. — Volée avec deux poids de 20 kilos tenus dans la même main.

Dix-neuvième mouvement. — Volée avec deux poids de 20 kilos tenus d'une main et un autre poids de 20 kilos tenu dans la main opposée.

Vingtième mouvement. — Deux poids placés Tun sur l'autre sont pris par leurs rebords et élevés audessus de la tête en deux temps.

112 DK L'ENTR>:i?i£MENT CHEZ x'hOMME

Vingt-et'Unième moii'vement. — Double bras tendu, le poids retourné ou.-îa croix de ler retournée.

Vingl-deiixiême inoiwepient. — Bras tendu, le poids saisi par la face du côfô où est lanneauet près d'une, de ses extrémités. Poids à la coiffe. •'

Vingt-troisième mouvement . -^. Tenir le poids à bras tendu, le petit doigt de la main seul engagé dansTanneau.

Les exercices qu'on peut faire avec les gros poids comprennent donc : la volée, le deux temps, l'arrachement, le développement, la volée et le deux temps d'une main avec un poids de 20 ou 25 kilos de l'autre main et la grosse barre. On pourrait y ajouter la marche pendant quelques pas avec un poids dans chaque main; le 160 par exemple à droite et le 140 à gauche (*).

Enfin, je ne parle ici que pour mémoire des poids que Ton peut soulever suspendu par les pieds à des anneaux ou au trapèze. Tous les mouvements exécutés! la tèle en bas sont répudiés par la saine gymnastique. Il y a déjfi quelques années, un hercule, Charles le Marin, a soulevé aux Folies-Bergères un bœuf de 1.200 livres, étant suspendu par les pieds. Ces exercices prouvent moins une grande force musculaire qu'une extraordinaire résistance des tendons et des ligaments qui, chez certains individus, sont d'une solidité extrême. Tout le monde connaît le supplice de Damien que quatre chevaux ne purent écarteler vivant, ce qui faisait dire à une belle dame de Tépoque qui assistait à l'exécution : « Oh ! les pauvres chevaux, comme ils tirent » !

(M Je ne prétends en aucune façon fixer ici pour chaque sujet et chaque mouvement spécial d'haltères des maxima, mais j'indique d'une manière générale ce qu'un individu ordinaire peut arriver à obtenir en suivant les règles de l'hygiène. Mon entraînement, je le répète, ne vise pas le « record ■ mais s'attache à faire de l'homme un être aussi complet que possible.

Je ne fais que mentionner ici les boulets dont quelques hercules se servent pour jongler et qu'ils reçoivent clans des entonnoirs ; les canons, sacs de sable, troncs d'arbre que Ton prend avec les deux bras et que Ton charge avec ou sans élan sur Tune ou l'autre épaule. Ces mouvements, qui sont les plus naturels, peuvent avoir quelque utilité pratique à un moment donné ; mais ils déforment vite le squelette si on en abuse ; exemple : les forts de la halle à Paris, les meuniers, etc. Avec le sac de blé qui pèse exactement 162 livres ('), on peut faire des tours de force très remarquables, très appréciés à la campagne surtout où le paysan ne juge de la vigueur d'un homme que par la manière plus ou moins aisée avec laquelle il manœuvre le sac de froment.

En mettant le sac de blé sur les mains, à plat, on peut le soulever en deux temps, comme la grosse barre, ainsi que je l'ai fait souvent. On le saisit aussi en l'embrassant'dans toute sa longueur et on le met lentement sur l'une ou l'autre épaule. Ainsi chargé, on se couche, on se met à genoux et on se relève ayant toujours le fardeau dessus.

Voici maintenant quelques détails sur les poids que nous possédons, afin que celui qui en voudrait de pareils pût se guider facilement. A Paris, on ne trouve guère chez les marchands que le 100 ou le 110, ou si on rencontre des poids plus lourds, ce sont de grosses haltères massives, souvent peu en rapport avec la grosseur de la main et la taille de celui qui voudrait les utiliser. Les gros poids se font sur commande. Us sont en fonte, creux ou pleins. Les poids creux se chargent comme on le désire avec du plomb, du plâtre ou du sable. La poignée de l'haltère ne doit être ni trop grosse ni trop petite. Il est indispensable que sa surface soit parfaitement lisse.

(*) Dans le Sud-Ouest.

114 DE l'entraînement chez l*homsie

Il est bon qu'elle traverse le poids de part en part et soit fixée aux deux extrémités par des boulons, car la poignée de Thaltère se casse quelquefois en tombant et grâce à cette disposition il est plus commode de la faire remplacer.

Ma série comprend tous les poids, depuis le plus petit jusqu'au 162 livres inclusivement. Tous les gros poids ont été faits sur commande. Ils ont une poignée faite pour une main moyenne ; ils ne sont pas gênants, c'est-à-dire que pour les mettre à bout de bras il ne faut aucun artifice, rien que la force. J'en possède cependant quelques-uns, très volumineux, difficiles à soulever, mais moins lourds et qui produisent beaucoup plus d'effets lorsqu'on s'en sert.

J'ai trois barres à sphère ; deux en fonte, une de 130 livres et l'autre de 208 livres. J'en possède une en bois qu'on charge à volonté et qui est faite de deux barils cerclés en fer et réunis l'un à l'autre par une grosse barre du même métal.

Les poids de 40 livres qui servent à la jonglerie doivent être confectionnés avec beaucoup de soins pour être facilement maniables. II est indispensable que l'anneau soit assez large, pas trop épais, bien perpendiculaire au poids pour glisser sur lui et, qu'en outre, le plomb laisse en bas un rebord libre d'au moins trois travers de doigt.

Une bonne ceinture pour maintenir la paroi abdominale est nécessaire quand on fait de grosses haltères ; il faut aussi des manchettes aux poignets et des chaussures à talon large et peu élevé. Enfin voici quelques conseils pratiques, en apparence insignifiants, mais en réalité très utiles. D'abord, c'est de bien faire essuyer la poignée du poids avant de s'en servir et de ne pas manquer de se frotter les mains avec de la résine ; en second lieu, c'est de le faire placer en bonne position

ÉTUDE SUR LES GROS POIDS Ml>

par une personne exercée. En le préparant soi-même, outre qu'on impose une véritable fatigue à la main, il se produit un phénomène bizarre qui fait qu'on est comme effrayé de la pesanteur du poids et qu'on se dit : « Oh ! non ! je ne le soulèverai jamais ! » Du reste, si on nianque une grosse haltère, il faut toujours attendre quelques instants avant de tenter un nouvel essai et ne pas, avec précipitation, réitérer plusieurs fois de suite le mouvement, comme font toujours les personnes non habituées à ce sport.

Au point de vue purement athlétique, un poids est un poids; c'est-à-dire que lorsque vous dites que vous faites le 120 à la volée, on ne tient pas compte de la dimension de ce poids ; on ne recherche pas si sa poignée est grosse ou petite, longue ou courte; on constate le fait et voilà tout. Mais il ne s'ensuit pas que parce qu'on soulève « son » 120, dont la poignée est faite pour sa main, et dont la grosseur des boules est en rapport avec sa propre taille; il ne s'ensuit pas, dis-je, qu'on puisse faire tous les 120. Loin de là. Ainsi, j'ai dans ma série une haltère de 110 livres qui est plus difficile pour moi à soulever que le 120, à cause justement de la grosseur de la poignée. J'ai un 90 dans les mêmes conditions. J'ai souvent vu travailler, à Paris, Louis Thomassin, dit de Lyon, l'homme le plus fort que j'aie eu occasion d'étudier de près, avec une haltère de 110 livres que j'épaulais d'une main avec une très grande difficulté, tant les boules étaient grosses et la poignée volumineuse. Mais j'ajoute que cet hercule avait 1 mètre 82 de taille et que je n'ai que 1 mètre 72.

Ceci m'amène à faire une remarque, importante, à à savoir que la force réelle de l'homme est presque inconnue du public et même des médecins. Que de fois, par exemple, ne m'a-t-on pas dit : Oh ! monsieur, vous êtes bien fort, vous; mais moi je connais un tel

116 DE l'entraiivement chez lWmme

qui met 200 livres avec un seul bras au-dessus de la tête. Erreur, absurdité! En voyant soulever et même en soulevant une haltère, à moins d'être très habitué, on ne peut juger exactement de son poids. On peut très bien, devant le public, faire passer pour un 120 et même un 130, un 90 un peu difficile comme poignée; une barre de 190 livres pour une de 300.

L'hercule, dontj'ai parlé plus haut, annonçait toujours son haltère de 110 comme pesant 150 et tout le monde le croyait. Du reste, cet homme, véritablenjent extraordinaire, aussi fort qu'il fût, aurait été dans l'impossibilité de travailler toute la journée sur la place publique avec un poids pareil. Donc, pour juger un poids, il faut le voir sur la bascule et ne pas se fier à ce qu'on dit.

Les légendes les plus absurdes courent dans le public concernant la force physique de Thomme. Depuis l'antiquité jusqu'à nos jours, on s'est plu à exagérer encore la force déjà très grande de ces athlètes fameux qui ont excité à un si haut degré l'admiration de leurs contemporains.

Voici quelques histoires fabuleuses à ce sujet : Ainsi Milon de Crotone, qui fut tant de fois vainqueur aux jeux Olympiques, chargeait un bœuf sur ses épaules, faisait le tour de l'hippodrome au pas de course, tuait l'animal d'un coup de poing et le mangeait pour son dîner! Salvius portait 200 livres sur les épaules, 200 aux mains, 200 aux pieds et montait sans difficultés sur les bâtons d'une échelle ! On raconte encore que Maurice, comte de Saxe, étant entré un jour chez un maréchal-ferrant pour faire ferrer son cheval, brisa tous les fers que lui présenta l'ouvrier en disant : « Tes fers ne valent rien mon garçon, c'est du plomb que tu me donnes ! » L'histoire ajoute qu'ayant remis une pièce de six livres à l'artisan, celui-ci la lui rendit brisée en deux morceaux en disant : « Seigneur, vos écus ne valent

pas plus que mes fers ». Qui n'a entendu parler des exploits du major Barsabas, celui qui prit tlne « enclume de 500 livres et la cacha sous son manteau », etc.?

Tout cela ressemble fort aux sept travaux d'Hercule. J'ai lu, dans un livre assez récent, que <» l'hercule anglais Sandow, en s*exerçant tous les jours à enlever des poids, est arrivé à lever « lentement », d'une seule main, au-dessus de la tête, une haltère de 175 kilos, soit 350 livres! ! » Ici, je ne puis ni'empêcher de protester, car je prétends que ce tour de force n est pas seulement exagéré, mais tout à fait impossible. Les plus fameux hercules que j'ai vus ne seraient alors, comparés au Samson anglais, que des pygmées ! !

Il faut remarquer, d'ailleurs, que les professionnels ne laissent guère manipuler leurs poids qu'ils tiennent enchaînés en dehors des représentations. Ils ont tout intérêt à exagérer leur force et si on annonçait la pesanteur réelle de leur haltère au public, ce dernier, habitué à n'entendre parler que de chiffres fantastiques, serait désappointé.

Du reste, les moyens employés par cescharlatans.de la force sont incroyables et la substitution ou la diminution du poids de leurs haltères n'est pour eux qu'un jeu. Ils donnent à leurs engins des dimensions énormes et, vus de loin, on dirait en effet qu'ils soulèvent plusieurs centaines de kilos, lorsqu'en réalité la vérité est moins tapageuse et qu'ils sont loin de tant dépasser leurs aînés.

A ce propos, je vais dévoiler ici un truc qui m'a été indiqué et affirmé vrai p^r quelqu'un qui était « de la partie ».

Le poids creux est, par exemple, rempli de mercure. Sur la scène, à un endroit déterminé, se trouve marquée la place où le poids, après avoir été pesé publiquement, sera déposé. La barre du poids ou plutôt de l'haltère

118 DE l'entrainemknt chez i/uomme

est munie d'un petit système qui fait s'ouvrir, eu le. pressant, deux légères saillies en formes d'épines, presque imperceptibles, sur les boules et qui s'adaptent exactement à Tendroit désigné. Or l'hercule, tout en ayant l'air de manier ou d'essayer l'haltère, fait jouer le ressort; le liquide qu'elle contient s'écoule dans un récipient placé sous la scène, le fardeau est devenu léger et on applaudit avec force le truqueur qui le met gracieusement au-dessus de sa tête.

Les journaux sportiques donnant le compte rendu des séances ayant eu lieu à la célèbre « Académie athlétique », dirigée par M. Noël, affirment que ce dernier a fait en grosse barre 270 et même 290 livres. Ceci à la rigueur est admissible; mais le champion de Paris est en tous cas bien faible à côté de Sandow, puisque ce dernier met 350 livres au-dessus de la tête « lentement » et avec une seule main, tandis que Tautre n'enlève que 290 et encore avec les deux mains ! !

A côté des grosses haltères, de la barre et du poids de 20 kilos, j'étudie ici la massue, qui peut rentrer dans la catégorie des exercices de force lorsque son poids est un peu lourd. La massue ou mil est une masse de bois de forme conique, dont la plus petite extrémité est allongée en forme de poignée. Il y en a de grosses, de moyennes et de petites. Il existe aussi des massues en fonte, mais leur forme est dilTérente. A une extrémité se trouve une boule à laquelle fait suite un long manche. Inutile d'ajouter que la massue en bois à forme conique est plus facile à manier que l'autre.

La massue développe les muscles de l'avant-bras et le triceps d'une manière remarquable. Les professions comme celle de forgeron, où les ouvriers manient de lourds marteaux qui ne sont en somme que des massues, le prouvent d'une façon éclatante. La massue entretient la souplesse de toutes les articulations du membre supé-

ÉTUDE SLR LES GROS POIDS tl9

rieur, elle donne de la poigne. C'est Texercice le plus attrayant que je connaisse. Il présente cet immense avantage qu'on peut s y livrer partout, même dans une chambre. Cest le plus naturel, le plus ancien de tous; celui que les peuples primitifs employaient quand ils armaient pour mieux les exercer les bras des guerriers de glaives très lourds, afin que ceux dont ils se servaient dans le combat leur parussent légers. 11 ne faut donc pas négliger de faire un peu de massue à chaque séance de gymnastique. Mais pour en tirer tout le profit désirable, il faut exécuter les mouvements avec beaucoup de correction. Il ne faut pas balancer, autant que possible, le corps, mais au contraire le tenir bien immobile et serrer vigoureusement le mil. Du reste, il est bon, comme j'ai toujours Thabitude de le faire, de s exercer à la massue devant une glace et ce n*est pas seulement la massue mais tous les exercices de poids qu'il faudrait faire devant un miroir. A cela, je trouve deux avantages : le premier, c'est qu'on peut juger par soi-même si l'on exécute correctement le mouvement; le second, c'est de développer le goût et d'éveiller le sentiment esthétique par la vue des muscles se contractant sous ses yeux.

Les mouvements qu'on exécute avec les massues sont au nombre de sept. Les voici sommairement indiqués.

Il est difficile, du reste, de bien les comprendre si on ne les a pas exécutés au gymnase, avec un professeur derrière lequel on se place pour arriver, après quelques tâtonnements, à bien les faire.

Premier mouvement. — Prendre la massue, la faire passer derrière la tête et la porter en avant de soi verticalement placée.

Deuxième mouvement. — Faire passer comme dans le premier la massue derrière la tète, la porter en avant et exécuter alors un fort mouvement de supina-

120 DK L*ENTRALNEMOT CHEZ L HOMME

lion du poignet, de telle sorte que la massue regarde en bas. Par un brusque mou vement de pronation de l'avantbras, la ramener dans la position verticale.

Tr'oisinne mouvement. — Le premier temps est le même que dans les deux autres ci-dessus indiqués, seulement la massue, au lieu d'être portée horizontalement en avant, est dirigée en haut, au-dessus de la tête, le membre supérieur dans l'extension complète.

Quatrième ?nouvement. — Lancer la massue en dehors de soi, la faire osciller de droite à gauche, sur le plan antérieur du corps. Lorsqu'elle revient à Tépaule droite, faire exécuter un fort mouvement de supination au poignet avec un balancement du mil qui le ramène au point de départ.

Cinquième mouvement, — La massue est projetée en avant de soi du côté de Tépaule opposée à la main qui tient le mil, puis elle est portée au-dessus de la tête, le membre supérieur fléchi et ramené au point de départ.

Sixième mouvement, — C'est un mouvement de rotation. Les jambes étant écartées et placées l'une en avant de l'autre, on imprime à la massue un mouvement de rotation autour de la tête, d'abord de droite à gauche, ensuite de gauche à droite.

Septième mouvement, — Le corps étant dans la même situation, on projette la massue horizontalement devant soi en lui faisant exécuter un mouvement circulaire autour de la tête.

Avec les grosses massues, on répète cinq fois de suite le même mouvement. Avec les moyennes dix fois, avec les petites vingt. Le poids des massues oscille de 5 à 35 livres. Enfin on peut faire des massues avec les deux bras à la fois, comme on peut aussi exécuter les mouvements assis ou même à cheval, mais, dans cette dernière situation, on ne peut guère exécuter que les numéros un, deux, trois et sept de la série.

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