‹ De l'entraînement complet et expérimental de l'hommeChapitre 19 sur 53 · GROS POIDS · texte numérisé non relu

GROS POIDS

Tout le monde peut-il faire des poids?

En petire-t-on quelques avantages ? V-a-t-il des inconvénienla?

Triceps développa par la massue et les bdrres parallèle».

Et d'ahord tout individu sain peut faire des poids, dès lors qu'il peut faire de la gymnastique. Il n'est pas plus dangereux ou pénible d'exécuter une volée que la

planche, en avant ou en arrière, aux anneaux. Il me semble que lorsqu'un homme ne s'est pas soumis à lentralnement des poids, il ne connaît pas ses forces; il est un peu comme un cheval qui n a jamais disputé le prix de la course et dont on ne peut exactement apprécier alors la vitesse. Du reste je maintiens que ce sont des exercices pratiques. N a-t-on pas assez souvent l'occasion de remuer des fardeaux? Si certainement. Ce qu'il faut éviter, c'est Teffort au dessus de ses forces, c'est la fatigue, le surmenage.

Pour ma part, je n'ai jaiAais poussé mes forces aux dernières limites; aussi je suis demeuré sans tare et je fais toujours des poids avec le même plaisir, presque avec la même facilité. Il faut aussi suivre une progression méthodique et raisonnée ; commencer par un poids léger, le 60 ou 70, et s'arrêter sans regret lorsqu'on comprend qu'on a atteint le maximum de sa force. Il ne faut même jamais y arriver et il vaut mieux rester un peu en deçà que d'aller trop au delà pour ne pas voir survenir l'usure prématurée et la raideur.

Pendant les exercices exécutés à l'aide des grosses haltères, a-t-on quelquefois vu des accidents se produire? Je peux affirmer que je n'en ai jamais observé. Quand on a fait longtemps des poids, on sent seulement un peu de raideur aux lombes, et quelques tiraillements douloureux dans les reins, les articulations de l'épaule et du poignet, qui disparaissent facilement avec le massage. Maisen somme personne n*est forcé de pousser aussi loin que je l'ai fait cet entrainemeat spécial. En suivant les préceptes indiqués plus haut, on n'a pas à craindre non plus les ruptures tendineuses ou musculaires. Quant à la hernie tant redoutée, elle devient impossible ; en effet, les muscles de l'abdomen, étant toujours tenus en forme, ne se laissent pas distendre par la pression des viscères, et les anneaux fibreux

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eux-mêmes, points faibles naturels, sont toujours bien fermés, car les aponévroses deviennent plus résistîinlns chez celui <[ui fait un exercice quotidien.

Docteur Geori;es Bouhet.

Ce <[ue j'ai noté, c'est uae sorte d'état anémique chez des ouvriers qui travaillant beaucoup toute la journée venaient quand même s'cntrnlner aux poids, avec nous au gymnase. Ces hommes, malgré leur force, ont été vite usés; quelques-uns même sont morts jeunes encore. Il est vrai de dire aussi que l'hygiène suivie par eux était déplorable. Aucun ne voulait comprendre l'utilité de l'hydrothérapie.

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PSYCHOLOGIE DE l' ATHLÈTE

L'homme qui s'entraîne aux poids est un suggestionné de l'idée de force. SU sent en lui quelque aptitude pour ce sport, il travaille avec une opiniâtreté incroyable, jusqu'à ce qu'il soit arrivé à soulever Thaltère objet de son rêve. S'il y réussit, il éprouve alors un contentement intime tout particulier. Il n'y a guère que la haute école pour donner, à la même dose, cette satisfaction d'une grande difficulté vaincue.

Pour bien faire les poids, il faut une grande excitation cérébrale; il est nécessaire, au moment décisif, de faire appel à toute sa force de volonté, à tous ses moyens physiques, à tous ses muscles. Si on touche une grosse haltère, le 150 par exemple ou la barre de 200, le matin sans être « échauffé », on se demande comment on a pu, la veille, les mettre à bout de bras.

Certaines professions réclament de la part de ceux qui s'y livrent des efforts souvent violents et prolongés ; il semblerait donc que les personnes habituées à un travail pénible feront merveille aux poids. Il n'en est rien. 11 faut pour ce sport athlétique une éducation toute spéciale ; l'effort est autant « cérébral » que musculaire. Je me souviens d'une circonstance, où après avoir fait une conférence de plus de deux heures, en plein air, ce qui me contraignit h élever le ton de la voix pour me faire entendre par tous, je me sentis fatigué au moment où, ayant fini la série des grosses haltères, j'allais épauler ma grosse barre de 208 livres. Il fallait pourtant la soulever à tout prix, « l'honneur était enjeu ». Je me recueillis alors un instant pour « charger mes nerfs » et la barre monta avec facilité au-dessus de ma tête. Sans « la galerie », je l'aurais certainement manquée.

L'entraînement donne donc la force musculaire en

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rendant pour ainsi dire les muscles plus dociles à Texcitation céréhrale qui leur vient par les filets nerveux.

Dans les poids, c'est l'idée ou une série d'associations d'idées qui mettent en action non seulement un centre, mais tous les centres cérébraux, de manière à produire une synergie musculaire générale pour l'effort à accomplir. L'athlète « par entraînement » est un peu comme l'hystérique. On sait en effet que, chez certaines femmes, au moment des crises, la force est singulièrement augmentée au point que les hommes les plus vigoureux peuvent î\ peine les maintenir. Ici l'excitation part d'uncentre organique de la vie végétative, chez l'athlète elle part du cerveau, mais au fond le résultat est le même : c'est l'ébranlement de tous les centres psychiques et médullaires.

A côté des vrais hercules, il y a toute cette catégorie de faux hercules qui, abusant de la crédulité publique, ne doivent leur réputation qu'à des « trucs » ne demandant pas la moindre force. Il faut en effet bien le savoir : il y a des exercices en apparence très durs, vus de loin, et qui ne sont en somme que des escamotages de tours de force. On confond aussi souvent deux choses quand ou n'est pas au courant des questions qui touchent à Tathlétisme : la force véritable et l'endurance à la douleur dans le soulèvement d'un fardeau relativement peu lourd. Je m'explique. Voyez, par exemple, les portefaix. Ils descendent plusieurs étages avec une malle sur le dos. On s'imagine qu'ils font un tour de force extraordinaire lorsqu'en réalité ils portent à peine 100 ou 150 livres. Mais l'objet est difficile à manier et occasionne chez ceux qui n'y sont pas habitués une douleur en contusionnant des parties du corps non accoutumées à supporter ces sortes de pressions. Qui n'a vu des charpentiers porter souvent à de grandes distances, sur l'épaule, des troncs d'arbres, des ma-

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driers en réalité peu lourds, mais produisant chez des novices une douleur vive au point de contact de cette niasse dure avec les rameaux très nombreux, à cet endroit, du plexus cervical superficiel?

Lorsque les Romains faisaient la conquête de la Gaule, ils avaient Thabitude de crucifier les guerriers qui tombaient vivants dans leurs mains. Or, le fait de porter pendant longtemps la croix sur Tépaule jusqu'à Tendroit du supplice, était considéré comme une véritable torture. C'est que, comme je Tai dit, dans ce cas, les branches sus-claviculaires et sus-acromialcs du plexus cervical superficiel sont fortement comprimées sur la clavicule.

Les meuniers, qui pourtant manient le sac de blé avec une grande facilité, sont incapables, pour la plupart, d'exécuter avec 162 livres le véritable tour de force qui consiste à le charger sans élan <« de revers »> (*) sur Tépaule, à droite comme à gauche, ou de le mettre à bout de bras en deux temps comme la grosse barre, ainsi que je l'ai fait souvent devant eux. Ce mouvement est, du reste, assez difficile, car, dans son élévation au-dessus de In tète, le sac repose, à plat, sur les deux mains.

Mais c'est surtout pour les poids de 20 kilogs que la tricherie est grande. Aussi j'estime que ceux qui tiennent très correctement, à droite comme k gauche, 40 livres à bras tendus, peuvent être considérés comme de véritables hercules. N'oublions pas non plus que les personnes qui ont les membres supérieurs très courts, sont toujours grandement favorisées pour cet exercice.

D'une manière générale, il faut donc se défier des poids que l'on voit faire de loin et bien se persuader

(') Le revers consiste à saisir le sac « en chandelle » avec les deux bras el à le renverser sans élan en le faisant basculer sur Tune ou l'autre épaule.

que quand un homme possède une vigueur athlétique qui sort un peu du commun, sa réputation grandit si vite que les livres de ses poids se changent facilement en kilogrammes et ceux-ci en quintaux.

« Comme le nombre d'œufs, grâce à la renommée » De bouche en bouche, allait croissant. »

(La Fontaine, Le» femmes el le secret, i

PORTRAITS d'athlètes

Je vais donner ici comme complément à ce chapitre le portrait et la biographie de quelques amis qui se sont entraînés en même temps que moi, que j'ai pu étudier de très près, dont la force a été contrôlée d'une manière exacte et qui avaient à l'époque le même enthousiasme que moi pour « la sainte haltère! »

M. P. B,.,, du barreau de Paris.

M. P. B..., du barreau de Paris, dont je fis la connaissance au gymnase, et mon atné de quelques années, me communiqua vite le goût très vif qu'il avait pour les exercices physiques. Il m'a souvent raconté que ce goût lui était venu à la suite d'une leçon de philosophie dans laquelle son professeur, qui était un disciple de Herbert Spencer, en exposant à ses élèves les devoirs qu'ils avaient à remplir envers eux-mêmes, leur avait enseigné qu'il était nécessaire de développer leurs muscles et de tenir leur corps toujours alerte et dispos. Ce fut donc très sérieusement par devoir qu'il commença à faire de la gyninastique, en attendant, ce qui ne fut pas long, qu'il en fit par plaisir et qu'il y trouvât un dérivatif sans pareil à toute espèce de préoccupation.

Très jeune, en 1872, pendant les vacances, il avait

; L i!NTnAi:«iiXE>T chez I. homme

groupé un cerfain nombre de Jeune» gens de sa ville natale c|ui se constiluèrent en sociélé de gymnastique.

Au nomltre de ces sociétaires était un remarquable athlète, ancien cuirassier de ltciscliofren,quî,on peut le dire, débuta ainsi dans la vie publique, car la réputation qu'il acquit comme homme fort fut le commencement de sa forlune politique en contribuant à attirer sur lui l'attention de ses concitoyens qui l'élurent maire, puis député, puis sénateur. Nous avons nommé M. Vuillod, que ses collègues t>n politique cherchèrent à ridiculiser en l'appelant l'honinic-canon, pour rappeler qu'il avait figuré autrefois sur la scène des Folies-Bergères où il enlevait un canon.

Mou ami, P. B., qui ma toujours servi de ses meilleurs conseils, était parfaitement fort aux anneaux, aux barres parallèles, à la massue, aux équilibres. Il tenait arec la dernière correction le poids de 50 livres à bras tendus et le poids 20 kilos à bras tendus, par l'anneau. Les muscles de son épaule étaient admirables; je regrette de n'avoir à ma disposition qu'une photographie ancienne qui n'en fait pas assez valoir le mérite. Il cultivait aussi sa voix et nous nous sommes longtemps entraînés ensemble sous la direction de mon ami et professeur Villain, de la Comédie-Française.

Le D'' J.-L. Faure, professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Paris,

chirurgien des hôpitaux.

Ancien ami et élève en athlétisme, aujourd'hui mon maître en hiérarchie médicale, puisqu'il est agrégé et chirurgien des hôpitaux, le D' Faure dont je donne ici une photographie qui le représente adolescent, car il est jeune encore, ayant aujourd'hui à peine trente-six ans, était fortement musclé, ainsi qu'on peut en juger par la saillie de ses biceps.

Les premiers entraînements gymnastiques qu'il fit sous ma direction furent très suivis et lui permirent d'arriver rapidement à faire le 140 en deux temps.

Pris par le. dur labeur des concours, il ne persévéra pas jusqu'au bout, mais sut néanmoins conserver ses anciens biceps et, comme moi-même, s'en trouve bien dans diverses circonstances opératoires.

Son intelligence remarquable est ouverte à toutes les idées; c'est un des plus brillants parmi cette phalange de jeunes chirurgiens qui rayonnent dans la carrière.

Depuis sa thèse très importante sur l'appareil suspenseur du foie, le D'" Faure a publié de nombreux travaux

130 DE l'entra L'IEMOT CHKZ LHOMUE

sur différents sujets de chirurgie. Je citerai enti'e autres : son procédé d'hémiscction utérine dans l'hyiitérectoniie abdominale pour les inflammations des annexes, qui a été très apprécié par ses confrères ; son procédé de plissement de la paroi antérieure de l'estomac, de cure des hernies sans fils perdus, de g^astro-entérostomie, d'hémisection du thorax, formidable opération s'il en fut, etc., etc.

Docteur J,-L. Kauoe.

Je suis certain que mal§^ré la situation élevée qu'il occupe aujourd'hui, le D' Faure, quand il songe au passé, ne doit pas renier les bonnes heures du gymnase Mérat; car peut-être que sa fa^^on élégante et rapide d'opérer, la réalisation pratique de la chirurgie opéra-

toire idéale : i< Cilo, tiito et juciindè » lui viennent de l'équilibre parfait de ses muscles et de l'énergique possession de soi-même.

Qeoi^i Str«Uy, Nt k AEtklrch (Hiul-Rblo).

Ancien élève de l'Ecole normale supérieure et de l'Ecole des hautes études ; Agrégé de l'Université et dipldmé pour la langue russe; Membre de la Société

Georges Sthehly.

132 DE L ENTRAINEMENT CHEZ l'hOMME

asiatique; Auteur d'ouvrages classiques ainsi que de plusieurs traductions du Sanskrit, entre autres les lois de Manou.

Organisateur de concours interscolaires de gymnastique et très ferme partisan de l'éducation physique sur laquelle il a écrit en diverses revues de nombreux articles, le professeur Georges Strehly, après trentecinq ans de pratique gymnastique qu'il n'a pas entièrement abandonnée encore, est un exemple remarquable qui montre surabondamment que le culte de la force physique n'entrave en rien le développement des facultés intellectuelles.

Equilibriste sans égal, il s'est fait applaudir au cirque d'amateurs de M. MoUier, et a célébré il y a quelques mois l'anniversaire du cent millième équilibre sur les mains.

Très habile aux agrès de toutes sortes, il s'est créé dans le monde des hommes forts une réputation considérable et distinguée.

Je suis heureux en réalisant ce rêve, dont je lui faisais part jadis, d'écrire un livre sur rentrainement,que le professeur Georges Strehly, m'ait accordé l'autorisation de lui réserver une place aussi bien due à l'ami qu'au gymnaste accompli et convaincu qu'il est toujours demeuré.

Paul Magisson.

Paul Magisson, originaire de la Meuse, était étudiant en droit à Paris quand je le rencontrai. Très beau comme musculature et d'une force peu commune, il jonglait admirablement avec les poids de 20 kilos. Sa spécialité consistait à s'attacher au poignet une chaîne en fer au bout de laquelle pendait un boulet de 40 livres, le lançait en l'air et le recevait ensuite dans un

entonnoir, exactemetit comme cela se pratique au bilboquet. Le 120 à la volée était un jeu pour lui.

On peut voir par son portrait que les muscles de ses bras sont superbes; J'ajouterai qu'il est d'une belle taille et bien découplé.

Paul Magisson.

De plus, très intelligent, excellent cœur, ami fidèle et sûr. D'une famille riche et considérée, mon ami Magisson, très connu dans te monde des hercules amateurs et professionnels aimait à se mêler à eux et les émerveillait toujours par sa force et son adresse.

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Maurice Meaudre de Lapouyade.

Le nom de Maurice de Lapouyade est un des plus connus dans le monde des athlètes. Â Bordeaux, sa ville natale, il jouit d'une grande popularité. Nul, même parmi les professionnels, ne cherche à contester sa supériorité qui n'est d'ailleurs Tobjet d'aucune jalousie. Cela tient autant à la réalité de sa force qu'à la sympathie qu'il inspire par sa modestie et la droiture de son caractère.

M. de Lapouyade ne considère pas l'athlétisme comme un prétexte à concours et un champ à tours de force. 11 Festime comme un art qu'il convient d'apprécier et de cultiver au point de vue de la réalisation esthétique et des conséquences physiologiques de l'exercice lui-même avant d'en rechercher et d'en chiffrer les résultats immédiats. Aussi condamne-t-il ces efforts pénibles et maladroits en contradiction avec la force réelle et l'adresse de l'individu, c'est-à-dire avec le but à la fois esthétique et hygiénique vers lequel doit tendre chaque exercice du corps.

Dans le maniement des poids et haltères, M. de Lapouyade est incomparable par son aisance et sa distinction; rien sur son visage ni dans ses gestes ne laisse soupçonner le moindre effort, et les poids semblent avoir perdu toute pesanteur pour s'enlever d'eux-mêmes. C'est ainsi qu'il a fait 80 kilos à l'arraché de la main droite, et 70 kilos de la main gauche; 115 kilos en deux temps à deux mains (sans appuyer la barre sur la poitrine]. Ces chiffres eussent encore été certainement dépassés si M. de Lapouyade avait voulu sacrifier à la gloriole le souci de sa santé et la perfection de ses mouveinents.

M. de Lapouyade doit sa force à une hygiène rigoureuse (ni tabac, ni alcool), et à un entraînement ration-

ÉTUDE SUH LES GROS POrDS t35

nel, ainsi qu'à sa constitution et au parfait équilibre de sa structure. Admirablement proportionné, de formes aussi harmonieuses que robustes, plulAt svelte, rien ne trahit kous l'habit, la musculature dont il est doué, bien

Maurice Meaiui

qu'à sa forte carrure et à Taplonib comme à l'élasticité de sa démarche un connaisseurne puisse s'y méprendre. Agé de 31 ans, il mesure 1 mètre 75 et pèse nu 80 kilos. Voici ses principales mensurations :

Largeur d'épaules 54 centimètres

Tour d'épaules 1°»30 »

Tour de poitrine 1™12 »

Tour de taille 77 »

Tour de cou 40 »

Biceps 40 »

Avant-bras X\ w

Poignet 18

Tour de cuiss* 03

Mollet U)

Cheville 21 »»

Malgré sa force, M. de Lapouyade possède une exquise délicatesse de crayon et de pinceau faisant un étonnant contraste avec la vigueur de sa poigne. Parmi ses œuvres publi(?îcs, on doit citer spécialement : YEscrimeiise (Journal lEpée, 1897); la Tour de Pise [A travers l'Europe, 1898). Quelques amis intimes possèdent de petites merveilles de grâce et d'esprit. En 1900, il a fait paraître les Ombres au Tableau du Barreau de Bordeaux, silhouettes noires fixant avec une frappante vérité les avocats bordelais dans leur attitude familière.

Comme écrivain, il est Tauteur d'une étude sur la Justice Gratuite (discours de rentrée de la Conférence des Avocats, 1898), d'un article sur VAthlétistne {Revue encyclopédique de Larousse, 1899), d'une brochure de pensées intitulées : Paradoxes (1897) et d'une Généalogie des Meaudre (1901).

M. de Lapouyade, qui est avocat à la Cour d'Appel de Bordeaux, est un de ceux qui ont le plus fait pour le développement de la culture physique, et pour détruire ce préjugé que l'exercice des poids notamment ne devait être que l'apanage des professionnels. Il est une preuve

que, loin de s'exclure, la culture du corps et celle de l'esprit se complètent l'une l'autre, car sans la force physique il n'y aurait souvent pas d'énergie morale, de même que sans la volonté intelligente la force physique ne saurait donner aucun résultat bienfaisant.

a«orgea San-Msrln.

Qui ne se souvieni de cet athlète élégant qui, avec les traits d'un Apollon, avait les formes harmonieuses de ce dieu olympien?

Geurges Sam-Mahin.

Comme je l'ai déjà dit dans le cours de cet ouvrage, je peux le considérer lui aussi comme un de mes élèves, car ce fut moi qui lui appris à manier les poids et la

138 DE l'kntba]>emi!>t chez l'hohhe

grosse barre qu'il parvint à soulever chargée è 230 livres. Il y a une dizaine d'années, on remarquait beaucoup, à Paris, un lutteur qui, sous le masque de velours et le maillot de soie, tenait tète aux professionnels les plus renommés. Ce lutteur, beau, riche et titré, n'était autre que San Marin. Disparu depuis de la scène pari> sienne, il est retourné k Bucbarest, son pays natal, où il occupe, m'a-t-on dit, une situation importante dans une ambassade.

Louis ThomaBBln, dit de Lyon.

Je manquerais & la mémoire de celui qui, simple professionnel, fut toujours pour moi un ami sincère et

Louia Thomasi^in, dil de Lyon.

dévoué, si je ne lui réservais une place à côté de ceux qui, plus heureux et plus favorisés que lui par la fortune, ne pouvaient cependant qu'admirer sa belle et puissante musculature rappelant celle de Thercule Farnèse. L'unique photographie que je possède de lui, quoique assez imparfaite, en pourra pourtant donner un aperçu.

L'exercice favori de Louis de Lyon était la jonglerie avec les poids de 20 kilos, qu'il maniait, même les yeux bandés, avec une grande dextérité.

Il a tenu 10 livres à bras tendus et pratiquait aussi la volée et les deux temps avec les grosses haltères.

Beaucoup doivent encore se rappeler ce bon géant jovial, nous enseignant la pratique de son art avec tant de conviction, et qui dans l'espèce humaine, considérait surtout la taille et l'ampleur, prenant en douce pitié tout ce qui n'était pas fort et robuste comme lui!

Charles, le ICarin.

Charles, dit le Marin, était de petite taille; ses bras, très gros, mesuraient 0" 42 de tour; ses cuisses étaient énormes.

Il ne faisait absolument que des grosses haltères et la barre en deux temps où il excellait. Ni jonglerie, ni gymnastique. Je l'ai vu souvent mettre à bout de bras 150 du bras gauche avec un 50 livres du bras droit.

Il s'exhibait quelquefois en public, et aux Folies Bergères tout le monde a pu le voir suspendu par les pieds, la tète en bas, soulever avec les mains, un bœuf de 1200 livres.

La barre qu'il mettait à bout de bras avec les deux mains pesait exaclenieiit 195 livres ! ! !

Charles, te Marin.

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