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averse et contre ces appréhensions dii chaud, du froid et du niouvenienf, qu'on pardonne h peine h une femme ou h un vieillard. Vn philosophe prétendait que la propreté est une vertu. Je suis de son avis; c est une vertu et la source de plusieurs vertus telles que le sentiment de Ja dignité personnelle, la franchise, la fermeté. L'Ame s'étiole et s'abaisse dans une enveloppe malsaine et frileuse. Les Grecs commencèrent à dégénérer quand ils commencèrent à s'habiller » et plus loin : « Je ne parle que de Teau, de l'eau vive et pure, véritable fontaine de jouvence, qui donne à la jeunesse toute sa force et toute sa grâce et qui recule les limites de la vie. Mon élève, grAce à ces immersions salutaires, ne craindra ni le vent, ni la pluie, ni le froid , il ne marchera pas enseveli sous un double et triple vêtement, il ne connaîtra pas le honteux et ridicule usage du cache-nez, il ne tiendra pas sa fenêtre close et sa chambre calfeutrée, en y conservant le mauvais air comme s'il était important de ne pas le perdre. J'ai toujours admiré l'histoire de ce charlatan qui faisait fiu'lune en vendant de l'eau claire sous le nom d'eau merveilleuse. Ce voleur avait peut être découvert, en cherchant autre chose, le grand secret de la médecine. Boire de bonne eau et s'en inonder tous les jours, c'est la meilleure recette contre les maladies ».
On ne saurait donc trop insister sur les bons effets de l'eau froide ; car non seulement elle prévient les maladies, mais encore elle les combat avantageusement lorsqu'elles sont déclarées. Depuis la déccmverle de Priessnitz, la plupart des maladies sont traitées par l'hydrothérapie. La fièvre elle-même est loin d'être une contre-indication h l'emploi de l'eau froide. Toutes les fois que la température du corps, chez un fébricitant, s'élève à un degré tel que, s'il persistait, il serait incompatible avec la vie, on use des lotions froides, des bains
froids. Cette pratique est aujourd'hui courante dans Jcs hôpitaux, et la fièvre typhoïde, la rougeole, la scarlatine graves ne sont pas traitées autrement. Qui ne reconnaît l'action bienfaisante de Teau froide dans les cas de rhumatisme chronique, de chorée, de scrofule, etc. ? On le voit donc, sans faire de Teau la panacée universelle, on peut dire que c'est un grand moyen dont l'hygiène et la thérapeutique disposent, et on doit reconnaître aussi qu'il est peu de médications applicables à un plus grand nombre de cas divers. « L'hydrothérapie n'est pas un système médical nouveau, a dit Scoutitten, mais elle peut y conduire ».
Et cependant que d'opinions préconçues, que de préjugés existent dans le public ! On redoute l'eau froide comme un ennemi dangereux. On l'accuse de produire (les refroidissements, d'engendrer le rhumatisme. C'est aux médecins qu'il appartient de déraciner ces vieilles erreurs et de répandre les saines doctrines. Le travail est toutefois bien pénible, je le reconnais, car toutes les fois qu'on découvre un fait nouveau, qu'on développe une idée originale, on ameute autour de soi la foule des ignorants. « Un médecin raisonnable, a dit Zimmerman, dans son remarquable traité de « UExpé- 7Hence, ne peut espérer se faire goûter que parmi les gens qui lui ressemblent, mais il aura toujours tort de vouloir paraître sage parmi des insensés. Les jugements qu'il porte des maladies, ses traitements, ses remèdes seront toujours blâmés ou méprisés de ceux à qui sa manière de penser doit nécessairement déplaire, et il sera fort heureux s'il n est pas traité d'empoisonneur ».
Galilée fut appelé sorcier et emprisonné pour avoir soutenu que la terre tournait. La science a bien progressé depuis Galilée, mais l'esprit de routine est resté toujours le même. Il faut donc s'armer de courage et, pour
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ne pas faiblir dans sa tâche, songer qu'on travaille pour le triomphe de la vérité.
Mais ce n'est pas tout que de constater les bons effets de Teau froide et d'en vulgariser Tusage, il faut encore étudier scientifiquement son mode d'action sur l'économie et pénétrer le mécanisme intime à l'aide duquel elle produit ses effets remarquables. C'est là un problème de haute physiologie et qui est loin d'être encore complètement résolu.
3* Mon entraînement ne s'adresse pas seulement k l'homme qui veut chercher à obtenir par la gymnastique une grande force et une puissante musculature ; mais encore à celui qui veut essayer, par ce moyen, de relever ses faculté| morales. En effet, comme le dit Montaigne ; « Ce n'est pas une âme, ce n'est pas un corps qu'on dresse : il n'en faut pas faire à deux; et comme dict Platon, ne pas les dresser Tun sans l'autre, mais les conduire également comme une couple de chevaulx attelez à mesme timon >.
C'est par une hygiène bien réglée que nous devons cherchera lutter contre les passions qui nous tourmenlent sans cesse. Le vieil adage : « Mens sana in corpore sano », restera éternellement vrai. Aujourd'hui, on se laisse vivre, pour ainsi dire, sans se soucier que Ton a un corps qui réclame des soins; aussi le corps, cet esclave avili et faible, n'obéit il plus à la voix de la volonté et de la raison. « Dignior est anima quam corpus », dit l'école de Salerne, et c'est précisément en vue de « l'esprit » que je cherche à fortifier le corps.
Faites-vous une constitution vigoureuse par Tentraînement, et je vous assure que vous acquerrez une énergie morale que rien ne pourra dompter. Ceci est un fait d'observation. Et si je pouvais montrer le niveau moral que l'on atteint par la gymnastique faite d'une façon intelligente, comme j ai pu faire voir, à l'aide
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des photographies, Jes gros biceps que l'on gagne, on serait forcé de reconnaiire que ce que je dis est absolument vrai.
A notre épocjue, Téducalion est regardée comme complète lorsque le jeune homme a appris ce qu'on appelle la « science » chez les gens du monde et le « savoir-vivre », moi, je dis qu'elle est complètement manquée s'il est resté faible et débile. On croit qu'on a suffisamment fait quand on a formé un avocat, un littérateur ou un médecin; je trouve qu'on n'a accompli que la moitié du programme, si, oubliant la gymnastique, on n'a pas en même temps façonné « un homme ». Ce dernier a besoin d'être entraîné plus que jamais; justement pour lutter contre les influences débilitantes qui tiennent à un genre de vie tout h fait contre nature et qui est dû h un excès de raffinement dans la civilisation.
Dans les grandes cites surtout, quel frein voulezvous opposer au flot débordant des passions si vous n'avez pas la gymnastique? Quand |)ar Tentrainement on a acquis la force et la souplesse et qu'on s'est attaché, ne se contentant pas de la correction « apparente et toute extérieure des habits », à se faire un corps harmonieux par le développement méthodique et régulier de ses diflïrentes parties, il en coûte de voir ses muscles disparaître, sa force s'en aller; on évite alors tout ce qui peut enlaidir et rendre faible, c'est, en somme, l'élévation du niveau moral de l'individu par le culte de la beauté physique; c'est la religion de l'art qui conduit au vrai et au bien.
Donc, mon entraînement ne sert pas seulement à développer les forces physiques de l'homme et h produire des athlètes et des lutteurs, mais encore à augmenter rintelligence et la force de volonté d'où naissent toutes les vertus. C'est pour cela que je suis partisan d'une
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gymnastique simple et régulière. Les philosophes grecs considérant toujours Thomme dans sa double nature physique et morale, enseignaient à leurs élèves des exercices mêlés de chants, de danses et de leçons de philosophie, essayant parla, disaient-ils, «de corriger Texcessive rudesse de ceux qui se livrent uniquement aux travaux corporels » .
4° En perfectionnant ainsi par la gymnastique les instruments de la vie, selon Theureuse expression de Royer-Collard, en amenant par des exercices méthodiques lorganisme au plus grand déploiement de forces dont il est susceptible, on produit dans l'économie toute entière des modifications si profondes et si considérables, qu'il semble que la constitution du sujet soumis à Tentralnement ait été complètement changée. Or,rindividu entraîné n'est pas le seul à bénéficier de ces avantages. Ces nouvelles qualités acquises sont transmissibles par la voie de l'hérédité. C'est donc l'amélioration de la race que notre entraînement poursuit; amélioration qui ne portera pas seulement sur quelques organes, mais sur tous. Voyez ce qui se passe pour nos animaux domestiques. Quand nous voulons avoir de beaux produits, nous choisissons un certain nombre de mâles, aux formes les plus parfaites et nous les destinons spécialement ù féconder les femelles. Nous mutilons les autres pour les empêcher de se reproduire. Dans l'espèce humaine, il n'en est point ainsi. Les accouplements étant laissés à la fantaisie de chacun, sont le résultat de spéculations diverses sur lesquelles les lois ne peuvent évidemment exercei' leur pouvoir. On se marie ou trop jeune, ou trop vieux; on se marie pour « faire sa position », comme on dit vulgairement et pas du tout pour avoir des enfants vigoureux et perpétuer une belle race. Ce qu'il y a de sûr, c'est que l'espèce humaine est aujourd'hui, en France surtout, complètement dégradée. Com-
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parez, je vous prie, les statues grecques qui, pour la plupart restituent fidèlement les types d'autrefois, aux hommes de notre époque, et vous verrez la distance infinie qui sépare les anciens des modernes. Rien ne ressemble moins à l'homme tel que je le comprends, tel que les statues antiques nous le représentent, tel enfin que j'ai essayé de le façonner par l'entraînement, rien, dis-je, ne ressemble moins à Thomme que les produits avortés de notre civilisation. Pendant dix années, j'ai examiné soit à l'hôpital, soit dans les gymnases, soit ailleurs, un nombre considérable de sujets; c'est là que mon opinion s'est fondée et elle est basée sur l'observation. Je parle donc en médecin et non en moraliste.
La race, ai-je dit, dégénère ; le mal est grave, il n'est pas toutefois sans remède. Sous l'influence heureuse de la gynmastique, les qualités développées chez l'individu entraîné se transmettront à ses enfants ; il se fera une sorte d« sélection au profit des forts; sélection pourtant incomplète puisqu'elle sera contrariée par l'action en sens inverse qu'exerceront les faibles; néanmoins la moyenne sera satisfaisante. Du reste, en cultivant ainsi les formes extérieures par un exercice raisonné, on modifiera les sentiments que les deux sexes ont l'un pour l'autre. La femme recherchera et appréciera mieux les qualités nobles et viriles que doit avoir l'honmic, à savoir : la force, la santé, le courage, la beauté plastique. Vax un mot, le plus beau et le plus fort devra l'emporter sur les autres; ce qui, dans Tordre physiologique est indispensable pour que la race se maintienne et ne dégénère pas.
Avant de contracter le mariage, le jeune homme devrait founiir, dit le D"* Cazalis, un certificat de santé; ne pourrait-on pas demander aussi un certificat d'entrainement? Ce serait l'idéal ! et à coup sûr la régénération rapide de l'espèce.
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5® Dans notre siècle, Tétude de la plastique est comploteuieut délaissée. Autrefois les artistes faisaient une éducation plus complète de leur art. Ils connaissaient mieux les formes de Thomme et les représentaient avec plus de vérité. « ils suivaient, jusque dans le. cirque, les gladiateurs, pour tâcher de surprendre leurs attitudes diverses, leurs mouvements et les révolutions subites qui en résultaient dans les reliefs musculaires ou le rapport des parties ». Il n'est pas étonnant que leurs œuvres, en sculpture, aient atteint un degré de perfection qu'on ne pourra jamais dépasser. Ce n est donc qu'en examinant des sujets parfaitement entraînés que l'artiste pourra arriver à se faire une idée bien exacte de la figure humaine. Mais l'étude des formes extérieures étant abandonnée aujourd'hui, nous avons perdu la véritable notion du beau. Et pourtant qui ne se sent transporté d'enthousiasme en voyant les lignes si parfaites du corps humain? Regardez, pour ne prendre qu'un exemple, l'épaule d'un sujet entraîné; voyez le magnifique relief que fait le muscle deltoïde. Comme il donne Tidée de la force, de la puissance, comme la ligne qui l'encadre est vive et bien accentuée. Toute trace de graisse a disparu ; nous n'avons sous les yeux que le nmscle bien nourri, bien développé, recouvert par une peau mince et transparente, laissant voir à travers elle le sang qui circule dans les veines et les artères. Voilà la véritable beauté, je plains celui qui n'a pas su la contempler, car il a laissé passer, sans le voir, le plus beau chef d'œuvre de la nature vivante. « Si nous représentons les dieux sous des formes humaines, disaient les Grecs, c'est qu'il n'y a pas de forme plus belle ».
Cependant l'anatomie des formes ne servirait pas seulement à l'artiste, mais encore au médecin, qui pourrait souvent mettre à profit ces connaissances précieuses
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pour la solution de certains problèmes de pathologie ou de médecine légale.
6° L'entrainement, en fortifiant tous les organes, les empêche de se déranger dans leur fonctionnement; il a donc pour but de prévenir les maladies : « Quand Thygiène scientifique, dit M. le professeur Bouchardat, se sera emparée des méthodes de l'entraînement, quand elle les aura éclairées, dirigées par une attentive et minutieuse observation, j'ai la ferme conviction qu'il en surgira des découvertes aussi utiles qu'inattendues qui nous permettront de consolider et de perfectionner des santés avec autant de certitude qu'on peut en espérer, lorsqu'il s'agit d'un être vivant. C'est la voie dans laquelle on doit s'engager pour combattre efficacement nos ennemies les plus implacables, la vieillesse et la mort prématurée ».
L'individu entraîné ne contracte ni rhumes, ni bronchites, ni refroidissements ; il ne se plaint jamais de rhumatisme; il est moins sujet que d'autres aux maladies épidémiques. C'est là ce que M. Fonssagrives appelle la méthode de l'endurcissement. « Endurcissez le jeune homme, dit Montaigne, à la sueur et au froid, au vent, au soleil et aux hasards qu'il lui faut mépriser; ôtez-lui toute mollesse et délicatesse au vestir et au coucher, au manger et au boire; accoutumez-le à tout; que ce ne soit pas un beau garçon et dameret, mais un garçon vert et vigoureux »,
Quelle que soit, du reste, l'idée qu'on se fasse de l'étiologie des maladies, il est indéniable qu'un sujet vigoureux, sans tares héréditaires, faisant tous les jours de l'exercice, mais non surmené, ayant le corps « aseptique », c'est à-dire propre, sera réfractaire à presque toutes les maladies. Toute la prophylaxie de ces dernières se trouve donc renfermée dans le dosage exact du travail et l'hydrothérapie. Voilà le but idéal de