AVANT-PROPOS
rhygicne : ne pas être malade. Mais pour arriver à ce résultat, il faut uécessairement la vie au grand air. Il faut arriver à faire comprendre à Thomme que le plus grand des biens, c'est « la libre jouissance de la nature extérieure de l'air et de la lumière », comme le dit le grand écrivain Russe Tolstoï.
Nous nous tuons en respirant Tair empesté des villes au lieu d'emplir nos poumons « des parfums que la colline exhale » (Lamartine)-. Aussi, aujourd'hui, lamédication est devenue souveraine; la médecine ne semble plus avoir aucun lieu do parenté avec l'hygiène. 11 faut pourtant changer les termes du problème si on veut arriver à un résultat. Travaillons d'abord par tous les moyens à rester bien portants, nous verrons après. Malgré la grande efficacité de tous les sérums présents et à venir, je prétends que les microbes nous laisseront tranquilles, et ne pourront rien sur nous, si nous ne leur donnons aucune prise.
Donc, la gymnastique aidée de l'hydrothérapie, en créant une santé robuste, inaltérable, prévient les maladies qui, une fois déclarées, laissent le plus souvent le médecin impuissant à les combattre. D'ailleurs, ainsi qu'en fit l'aveu M. le professeur Bouchard, au congrès international de médecine de Bordeaux, tous nos procédés de thérapeutique n'ont d'autre but et d'autre efficacité que de faire appel à l'énergie, à la résistance de l'organisme ; après avoir employé le remède destiné à éveiller l'organisme, à le solliciter au combat, nous ne pouvons plus rien qu'attendre et tout est à faire encore pour remporter la victoire. L'organisme saura se défendre de la meilleure manière qui soit au monde et que nous comprenons mal.
Tous nos moyens d'actions supposent la réaction naturelle de l'organisme, et nos thérapeutiques les plus récentes ne sont que des procédés de la « méthode
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naturiste »>. Et c'est pourquoi cet organisme doit être sain et fort, si nous voulons en espérer quelque chose, sinon, rien n'y fera et tout est perdu d'avance.
7° La science dercntrainement, en même temps qu'elle fournit de grands résultats pratiques, donne encore un vaste champ d'études où la biologie a largement h glaner. 11 appartient au médecin surtout de parcourir cet immense domaine, car toutes ces recherches doivent être basées sur l'anatomie et la physiologie. La respiration, la circulation, les muscles, les sécrétions, mémo le système nerveux subissent, sous Tinfluenc^î de la gymnastique et de rcntrainement, des modifications remarquables, qu'il est très intéressant de mettre en relief.
M. le professeur Marey, en appliquant, à l'aide d'appareils enregistreurs, la méthode graphique h. la physiologie, a puissamment contribué à mettre la question de l'entraînement sur un terrain scientifique. Il a étudié, à l'aide de la chronophotographie, les mouvements de rhomme, la marche, la course, les diverses espèces de saut, l'escrime, etc. « Dans tous les genres de lutte et d'escrime, dit-il, il y a certains actes rapides que Toeil ne peut suivre et que le langage ne saurait expliquer clairement. Veut-on enseigner la manière de les produire en les exécutant avec lenteur, on les dénature complètement. Ici encore une série d'images à raison de
10 à 20 par seconde fait assister à tous les détails du mouvement. On saisit une phrase d'escrime entière avec tous ses détails. »> (Marey, Le mouvement, Paris, 1894).
11 a soumis à une révision complète, basée sur la chronographie, les données jusque-là peu certaines de la locomotion du cheval. La succession des appuis et levés des pieds aux différentes allures, le passage d'une allure à une autre, etc., etc., sont aujourd'hui bien connus grâce à ses travaux et à ceux de Muybridge.