‹ De l'entraînement complet et expérimental de l'hommeChapitre 25 sur 53 · DU SAUT · texte numérisé non relu

DU SAUT

Il y a plusieurs espèces de saut.

Les deux plus usités sont le saut en hauteur et en largeur avec élan et le saut vertical et en largeur, les pieds joints. Dans les gymnases, on s*exerce de temps à autre à sauter avec un tremplin; c'est une excellente habitude, car le saut -trouve son utilité fréquemment dans la vie ordinaire. A Técole gymnastique militaire de la Faisanderie, les soldats sont souvent exercés à franchir, avec armes et bagages, toutes sortes de haies, fossés, banquettes, etc. Avec de Thabitude, on arrive à sauter des obstacles qui, au premier abord, arrêteraient les plus vigoureux, si par Tentralnement on n avait pas appris à savoir avec exactitude ce dont on est capable. Ainsi, au dernier championnat du monde, on a franchi 7" 21 en longueur, 1"65 en hauteur, à pieds joints, et 1" 89 en hauteur avec élan. 11 paraît même que le record de 7"" 50 en largeur et 1"* 98 en hauteur a été atteint.

Le saut est le résultat d*une brusque flexion de tous les membres inférieurs, suivie d'une extension vigoureuse qui projette le corps en Tair. M. le professeur Marey, toujours à Taide de la chronophotographie sur plaque fixe, a étudié le saut et montré exactement comment il se produisait; il a même l'ectifié certaines erreurs. « Ainsi, dit-il [Le mouvement, p. 132), en vertu d'une idée théorique, les gymnastes recommandaient aux sauteurs de retomber sur la pointe des pieds, pour amortir le choc contre le sol. Nos figures ont montré au contraire que, dans le saut en longueur, on retombe toujours sur les talons, et que c'est par la flexion des jambes et des cuisses que le choc est amorti ».

On voit aussi très bien la position des bras et des jambes dans les phases successives du saut eu largeur. D'abord extension vigoureuse de la jambe et élévation des bras qui donnent l'impulsion nécessaire au corps. Puis écartement des bras et des jambes. Enfln les mem-

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bres supérieurs s'abaissent, les jambes se rassemblent, se portent en avant et les pieds rencontrent le sol par les talons (Marey).

Le saut est fréquemment suivi d'accidents tels que entorse, fracture des malléoles. Aussi faut-il prendre de grands ménagements en franchissant les obstacles naturels. Malgré toutes ces précautions, il n'est guère de sauteur qui n ait à son actif quelque foulure et comme l'entorse est en somme un accident assez fréquent dans la gymnastique, je profite de l'occasion pour donner ici quelques conseils pratiques au sujet de son traitement.

Toutes les entorses sont loin de se ressembler quant aux lésions qui les accompagnent. Dans les formes légères, les ligaments sont distendus, mais non rompus; dans les formes plus sérieuses, les ligamenis et les tendons sont déchirés. Enfin, les entorses graves se compliquent de fractures des extrémités osseuses. L'entorse peut se produire dans toutes les articulations, mais elle est rare k l'épaule, aux hanches. Elle s'observe au contraire assez fréquemment au coude, au poignet, au genou, et surtout au pied.

Le remède souverain contre l'entorse, c'est le m:is sage. Immédiatement après Taccident, il faut faire des manipulations sur la jointure et bientôt la douleur disparaît, le sang extravasé se résorbe et les mouvements deviennent faciles. Quelles que soient les lésions pcriarticulaircs, il faut masser. Bien entendu les pressions, les malaxations de la jointure malade doivent se faire an début avec une extrême douceur. M. Lucas Championnière, qui a tant préconisé le massage même dans les fractures, compte aujourd'hui de nombreux partisans. Pour moi je n'ai eu toujours qu'à me louer de suivre ses préceptes et les fractures les plus compliquées que j'ai eues à traiter ont guéri très vite par le massage et la mobilisation précoce.

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