DU SAUT
M. Lucas-Championnière s'est déclaré absolument hostile à Temploi de Teau froide dans le traitement de l'entorse. « Je ne connais pas, dit-il [Traitement des fractures par le massage et la mobilisation, Paris, 1895, p. 517), de pratique pire pour installer dans les articulations traumatisées des douleurs rhumatismales qui poursuivront ensuite le sujet toute la vie et que Ion attribuera d'abord au traumatisme, et non, comme il faudrait le faire, au traitement. Je crois qu'il est important de le dire une bonne fois pour y faire renoncer, et c'està propos de Tentorse surtout qu'on y peut insister ».
Le très distingué chirurgien de Paris me semble, en cette occurrence, bien sévère pour Teau froide. Je pense, quant à moi, que Teau froide exerce une action sédative des plus remarquables et à la suite des entorses, légères il est vrai, mais très douloureuses, du poignet, du coude et même du cou de pied, produites dans la gymnastique athlétique par les mouvements forcés, on voit tout rentrer dans Tordre, par la simple immersion, durant quelques minutes, du membre lésé, dans de Teau très froide. C'est ce qui m'est arrivé une fois, à la suite d'un mouvement forcé, en m'exerçant à la massue.
M. Reclus a adopté la pratique suivante dans le traitement de l'entorse : « Nous combinons, dit-il, le massage et l'emploi de la bande en caoutchouc à celui de l'eau très chaude sur la région entorsée. Immédiatement après l'accident, on applique la bande, mais elle doit être enlevée matin et soir pour éviter la macération du membre dans la sueur qui s'emmagasinerait sur le caoutchouc imperméable et provoquerait des éruptions cutanées. On profite de ce moment pour immerger la région malade dans un bain à 50 ou 55 degrés centigrades, s'il s'agit du pied ; ou peut la recouvrir de compresses de tarlatane imbibées dans de l'eau à la même température si la même distorsion siège sur d'autres