‹ De l'entraînement complet et expérimental de l'hommeChapitre 47 sur 53 · DU FERRAGE · texte numérisé non relu

DU FERRAGE

Ici je touche h une des questions les plus importantes de l'hippiâtrie et qui intéresse tout cavalier soucieux

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d'avoir une monture solide. « No foot, no horse »>, disent les Anglais. Dès les temps les plus lointains, Thomme a eu ridée de préserver le pied du cheval du contact d un sol trop dur; aussi voit-on dans l'antiquité les pieds des chevaux enveloppés avec des espèces de brodequins (soleae). Les Gaulois connurent Tart de ferrer avec des clous. Depuis lors, la maréchalerie a toujours été tenue en grand honneur, et celui qui, par exemple, au moyenâge, s'occupait de soigner les pieds des chevaux était pourvu de titres de noblesse. Ce qu'il y a de certain, c'est que tout cavalier qui se sert journellement du cheval doit être un peu initié à l'art de ferrer. Mais le rôle du « pédiatre » ne commence pas seulement lorsqu'il est nécessaire d'ajuster des fers aux pieds du cheval, il est bien plus hâtif; c'est lui, on peut le dire, qui façonne le pied du poulain. Vers le quatrième mois, quelquefois plus tôt, il est bon de commencer à« parer » le pied, et toutes les fois qu'on remarque que la corne a poussé et que les aplombs dévient, il faut retrancher les .parties exubérantes.

Pour moi, je surveille avec un soin tout particulier les pieds de mes chevaux, aussi tous mes poulains se font remarquer par des aplombs irréprochables : il est vrai que je ne laisse guère s'écouler deux mois sans examiner la manière dont se fait l'usure de la corne. On conçoit facilement que si le pied du poulain est ainsi bien dirigé, h l'état adulte sa conformation sera parfaite et le rôle du maréchal sera d'autant simplifié, car il n'aura qu'à ajuster simplement les fers. Au contraire, toute la série des pieds mauvais : « combles, encastelés, cagneux, panards » apparaîtra, si on ne se conforme pas à cette conduite. Donc,-comme je suppose que par une bonne hygiène on a un pied normal, la manière de ferrer sera très simple. Pour la selle, il faut des fers très légers, la pince doit être très raccourcie. J'ai toujours

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vu tailler la fourchetle, les arcs-boutanls, le talon, ajuster le fer chaud à la corne, passer la râpe et cela, malgré la théorie, je dois l'avouer, sans aucun inconvénient.

Il est indispensable de faire changer les fers, au moins tous les mois. Tout cheval qui est bien monté et qui a de bons aplombs use ceux-ci régulièrement; la pince est toutefois un peu plus amincie. Un cavalier soigneux ne doit jamais manquer de se faire présenter les vieux fers pour juger si les membres suffisent toujours à leur tâche. J*ai dit qu'un nouveau ferrage s'imposait tous les mois ; cependant si cette opération n'était pas nécessaire, on pourrait faire seulement le relevage, qui consiste à enlever les vieux fers, à parer le pied, et à replacer ceux-ci après les avoir remis en forme au feu de la forge. Le cheval est toujours parfaitement à Taise dans un fer déjà bien ajusté à son pied.

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