DE L ENTRAINEMENT EN GÉNÉRAL
que souvent, dans les solennités publiques, on faisait paraître des esclaves ivres pour dégoûter à tout jamais le peuple de tomber dans un vice aussi dégradant.
Quelle est l'action intime de Talcool sur Torganisme ? C'est ce que Ton ne sait pas au juste. Certains auteurs Lallement, Perrin, etc., soutiennent que lalcool ne subit aucune oxydation dans les tissus et est éliminé en nature parles poumons.
Pour d*autres, Mialhe, Bouchardat, Sandras, il subit une véritable oxydation dans Torganisme, une partie est brûlée et transformée en acide carbonique, ce serait alors un véritable aliment respiratoire.
Selon Gubler, Talcool est brûlé mais à petite dose seulement; si la quantité est un peu considérable, il s'élimine en nature par le poumon.
Dujardin-Beaumetz dit : « L'alcool, par son action sur l'oxyhémoglobine, modifie et arrête dans une certaine mesure le travail d'oxydation de l'économie ». C'est donc, d'après lui, un anti-déperditeur, un aliment d'épargne. Je lis dans le Diclionnaire encyclopédique (article Obésité de M. E. Démange) : « L'alcool pris à » doses modérées, mais répétées souvent, détermine » une diminution dans la quantité d'acide carbonique » exhalé et fait baisser le taux de l'urée ; il ralentit w donc les oxydations ; il exerce une action indirecte, » mais incontestable sur la nutrition, dont il diminue » la dépense ; il en résulte une augmentation dans le » poids de Tindividu et son engraissement ».
Qu'on ajoute k ceci que l'alcool est un grand stimulant du système nerveux, qu'en outre il favorise la sécrétion des glandes de l'estomac, qu'enfin il n'est pas sans action digestive sur les graisses, et Ton comprendra facilement pourquoi l'alcool peut être recommandé dans l'entraînement, comme excitant et aliment d'épargne.
Du reste, d'après certaines statistiques, l'alcool, pris
surtout SOUS forme de vin, même avec excès, favoriserait la longévité, peut-être justement à cause de son action ralentissante sur la nutrition.
Dujardin-Beaumetz et Audigé ont prétendu que Talcool provenant du vin était le moins nocif; que par contre les alcools de fruits, surtout de grains, étaient beaucoup plus toxiques.
Certains auteurs ont, au contraire, avancé une opinion qui parait étrange au premier abord ; ils ont dit que les plus vieilles eaux-de-vie, les plus pures au point de vue commercial, étaient aussi les plus dangereuses et présentaient un haut degré de toxicité.
Quoi qu'il en soit, nous continuerons à regarder comme par le passé la bonne eau-de-vie de raisin comme la moins nocive et nous en conseillerons Tusage jusqu'à plus ample informé. La dose quotidienne ne doit pas dépasser 15 à 30 grammes au plus, soit deux petits verres de capacité moyenne pris dans le thé ou le café chauds et sucrés. Jamais d*a1cool à jeun.
Quant à ce qui me concerne, j'affirme que Talcool m'a été indispensable, et quand je le supprimais j*avais une moins grande énergie pour soulever mes poids et pour tous mes autres exercices. Du reste, tous les hommes forts que j'ai vus prenaient de l'alcool, je veux bien admettre que beaucoup en mésusaient, mais enfin leurs forces n'étaient pas quand même diminuées. J*ai remarqué aussi que l'excitation produite chez moi par 15 ou 30 grammes d'eau-de-vie ou de rhum pris aux repas dans du café, du thé ou même du lait dure un certain temps et me permet, dans une après-midi, par exemple, d'exécuter tout mon programme de gymnastique variée. Est ce à dire que je me fais le défenseur de l'alcoolisme? certainement non. D'abord il y a une grande différence entre l'homme qui prend une petite quantité d'alcool, h une heure déterminée de la journée.
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après le repas, à un moment où tous les hygiénistes en somme recommandent Tutilité d*un petit verre à liqueur pour favoriser la digestion, et celui qui, sans autre but que la satisfaction d'une passion, absorbe à tout propos des liquides alcooliques plus bu moins toxiques, sous couleur d'apéritifs! A notre époque, on a le tort de tout exagérer, et parce que l'alcoolisme fait des ravages effrayants, étant pris dune façon inconsidérée, on le proscrit d'une manière absolue. C'est comme si un médecin ne voulait plus faire figurer dans ses ordonnances certains médicaments très toxiques, comme la strychnine, la digitaline ou l'aconitine, sous prétexte qu'ils ont causé beaucoup d accidents pris à des doses trop élevées. Eh bien! malgré toutes les ligues antialcooliques, dont je suis, du reste, quand il s'agit de réprimer l'ivrognerie, malgré l'expérience de Stéphane, citée par le D' Tissié, où dans une course vélocipédique l'alcool (?) fit baisser la vitesse sensiblement après une courte excitation, je persiste à croire que l'alcool pris à « très petite dose » est un excitant du système nerveux et par conséquent très utile à ceux qui se livrent aux sports athlétiques.
Quant à la quantité de 15 à 30 grammes que j'ai indiquée avec 500 ou 600 grammes de vin dans les vingtquatre heures, un litre au plus, c'est celle à laquelle, après des tâtonnements, je me suis arrêté pour moi, mais je ne prétends pas l'imposer à qui que ce soit. En ces matières, toute personne qui s'observe bien arrive vite à comprendre ce qui lui est utile ou nuisible. L'alcool est un poison, je le reconnais, mais l'arsenic aussi en est un, et cependant nous nous servons tous les jours de ce dernier pour relever les forces des malades. Donc, guerre à l'alcoolisme! Mais grâce pour la petite ration d'eau-de-vie prise après le repas, et absorbée dans le but unique d'augmenter ses forces.
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Du tahac. — Sans entrer dans les discussions qui ont eu lieu au sujet du tabac, sans chercher à savoir si réellement il doit être rendu responsable des mauvais effets qu'il produit sur la santé et la moralité de ceux qui en abusent ; si son influence sur les sociétés est aussi désastreuse que Jolly a voulu essayer de le montrer, je prétends néanmoins qu'au point de vue de l'entraînement, le tabac doit être absolument proscrit. La nicotine qu'il contient est un poison d'une extrême violence dont la toxicité est aussi grande que celle de l'acide prussique, puisque une dose de 3 milligrammes suffit pour tuer un homme. Mais dans le tabac fumé la nicotine n'est pas le seul agent dangereux. Le I)*" Pommerol y a signalé aussi la présence de l'oxyde de carbone qui vient joindre ses effets désastreux à celui de l'alcaloïde. Chacun sait que le tabac produit la stomatite et des troubles digestifs. Sa fumée chaude et acre en contact avec les muqueuses pharyngienne et laryngiennes détermine la raucité de la voix et même l'aphonie. Il noircit les dents et devient fréquemment une cause de gingivite. Un grand fumeur mange peu d'habitude et boit beaucoup. Le tabac ne donne pas de forces, n'excite même pas, mais au contraire déprime le système nerveux; dans cette dernière appréciation je ne me place qu'au point de vue de Tathlélisme. Il indique chez le sujet qui se livre à son usage un manque de volonté. Pourquoi donc faire une chose, agréable sans doute, mais nullement profitable à l'organisme? D'ailleurs, j'ai rarement vu un hercule fumer. Presque tous les hommes forts s'abstiennent de tabac. L'hygiène et Kcntralnement ne peuvent donc que le proscrire d'une façon absolue, car il ne donne qu'un plaisir momentané, sans que Téconomie en ressente quelque influence au point de vue de l'augmentation des forces.
Du sommeil. — Quand on se livre aux exercices cor"