‹ De l'entraînementChapitre 5 sur 9 · IS · texte numérisé non relu

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sa souplesse; elle devient ég-aleraent moins imprestsionnable à la chaleur et au frpid. Le système musculaire ê’ag'ne de la force et de, J’énerg'ie ; il soutient sans fatig’ue, au bout d’un certain temps, ;des exercices dont il n’était pas capable auparavant. L’appétit est,plus vif et les dig’estions plus faciles, les fouptions intestinales se rég'ularisent, rassimilatipn, la,nutrition, l’absorption interstitielle sont activés, si bien que les g-ens obèses perdent l’excès d’embonpoint quiles fatig'ue.ebqueles gens maigres engraissent. L’innervation générale se modifie de la manière la plus heureuse, le sommeil devient plus profond et plus réparateur. L’activité du corps et de l’esprit redouble; onse sent plus d’aptitude au travail ; on éprouve enfin un sentiment général de force et de bien-être physique, intellectueLet moral, qui résulte de l’équilibre des organes et de l’harmonie des fonctions.

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Soins de la peau. Les entraîneurs ne se: contentent -pas des bains pour entretenir la propreté de la peau; dis y âjoutentdes frictions énergiques, répétées à chaque suée, en changeant de flanelle. Ges frictions sont pratiquées aveé des linges rudes, des brosses de crin. Pour obtenir une netteté complète de la peau, outre les moyens précédents, les pugilistes emploient le savon elles frictions avec une terre douce, dépôt récent qu’on trouve au bord de plusieurs rivières. Sous l’influence de ces soins, la peau devient très-^blanche, très-sensible aux étincelles et aux courants électriques ; elle est plus souple et très-mobile sur les muscles sous-jacents; La sécrétion cutanée s’opère facilement. Les échanges gadiéux qui |ont lieu à travers le tégument externe,Rentre le sang- et datmosphère iseifo’nti mieux, et plus cpm-

Barrion. ^ 3

plétement ; le sang* se trouvant débarrassé en partie de son acide carbonique par cette voie, le poumon est soulag-é dans la même proportion, ce qui n’est pas à néglig-er toutes les fois qu’il s’ag-it d’un travail pénible. Enfin c’est le seul moyen de faire disparaître ces éruptions de nature scorbutique, qui sont si fréquentes sur la peau.

Air pur. — 11 est préférable d’habiter loin des g’randes villes pendant la période d’entraînement ; il est nécessaire d’éviter les pays de marais qui pourraient produire l’anémie du sujet, ou tout au moins neutraliser les effets du rég-irae tonique qu’on lui fait suivre. Les deux écoles athlétiques de l’Italie étaient établies à Capoue et à Ravennes, localités remarquables par la pureté de leur atmosphère. Les entraîneurs ang-lais remarquent que les sujets élevés à la oampag-ne se présentent en meilleure condition que ceux de Londres. Il faut aussi avoir soin de choisir une saison où la température soit modérée, l’air sec et frais. Quand la température est trop élevée, le moindre exercice produit des transpirations abondantes suivies d’une faiblesse qui conduit au repos et à la paresse ; la dig-estion se fait avec difficulté et nécessite le sommeil; la soif devient impérieuse, les urines rares. Si l’humidité s’ajoute àla chaleur, le relâchement et l’atonie se manifestent à un haut degré ; le système musculaire est sans tonicité; la peau est dans un état de turgescence remarquable occasionnée par l’influence relâchante de la vapeur; le cœur participe aussi à cet état général de faiblesse; le pouls est mou et lent; l’appétit est considérablement diminué et tardif, les excrétions abondantes et bu-

mides. Le corps se bouffit, la peau se décolore, on voit apparaître les attributs du tempérament lymphatique ; cette température favorise encore l’accumulation de la g-raisse.

Les effets d’un froid sec et modéré sont tout opposés. Le corps se contracte, la peau est décolorée, la transpiration diminuée; les fluides, refoulés au dedans, se portent avec abondance sur les membranes muqueuses et le poumon ; l’appétit est aug-menté, la digestion devient plus puissante. De cet ensemble de phénomènes, il résulte une réaction salutaire, d’autant plus marquée quel’individu soumis à l’action du froid est doué d’une plus g-rande énergie et qu’il concourt davantag’e à la favoriser. Par suite de l’activité de toutes les fonctions, le cœur est animé d’une vigueur générale, la contractilité est augmentée, le besoin de mouvement et d’action se fait sentir. Cette température est la plus tonique, celle qui donne à l’homme la plus grande puissance d’absorption et d’assimilation. C’çst donc celle qu’il convient de choisir pour un sujet soumis aux pratiques de l’entraînement.

Influençes morales. — Quoiijue ces influences paraissent de peu d’importance à côté des autres points de la méthode, on doit en tenir compte, car l’exemple des armées en déroute a montré combien la frayeur, le désespoir, et en général toutes les passions tristes pouvaient déprimer l’organisme. Sous l’influence d’une vive émotion, d’un profond chagrin, l’estomac peut s enflammer, la digestion se troubler, des vomissements survenir avec tous les symptômes qui caractérisent la gastrite. La forme chronique avec dégénérescence ar«

rive sous l’influence habituelle de passions tristes, dépressives, débilitantes, dont l’effet primitif est de concentrer le sang- dans les viscères; puis viennent les eng-org-ements chroniques, les désorg-anisations. Si la cause persiste, on voit survenir les squirrhes et les cancers du pylore et du cardia; d’autres fois c’est une susceptibilité nerveuse qui fait percevoir aux malades les moindres modifications viscérales. En dehors du système dig-eslif, les chagrins peuvent produire la tuberculose, le diabète, l’anémie. Les entraîneurs anglaisent donc raison en écartant de leurs élèves toutes les causes de chagrins et en cherchant à les distraire autant que possible par des conversations agréables concernant la bataille prochaine, les rencontres d’autrefois, comment les batailles sont gagnées ou perdues, etc.

Aistinence vénérienne. —- Çi la continence extrême peut quelquefois troubler la raison et porter à des violences, la satisfaction exagérée des appétits vénériens est toujours une source de désordres, et de maux. Les troubles digestifs sont le premier résultat des abus sexuels ; la paresse de l’estomac, les régurgitations, le développement des gaz dans l’intestin, la perte d’appétit se montrent rapidement. Les aliments, mal élaborés par les sucs digestifs, ne sont pas absorbés; la résorption interstitielle est plus active. Les pertes étant incomplètement réparées,, il en. résulte l’appauvrissement du sang et un amaigrissement profond. Les sujets güi se livrent avec excès au qaït sont très-sensibles au froid et réagissent difficilement contre les éléments éktérieurs, les éléments nécessaires à la calorification fai-

sant défaut à l’économie. La [convalescence des g-ens affaiblis par les plaisirs vénériens est plus long-ue et plus pénible, ils arrivent rarement à la vieillesse, et neng-endrent que des enfants chétifs ; enfin la phthisie pulmonaire peut se déclarer dans ces org-anismes appauvris. Dans les cas où l’on jug-e utile de satisfaire la nature sur ce point, comme M. Coûtes le recommande, l’exercice de cette fonction doit être rég'lé sévèrement ; malg-ré l’affaissement qui pourrait en résulter, il serait assurément préférable d’ordonner l’abstinence complète du coït plutôt que de laisser le sujet entraîné libre de le pratiquer à sa fantaisie, car il dépasserait toujours la mesure nécessaire.

Abstinence des excitants du système nerveux. — L’excès d’excitants produit des effets locaux sur l’estomac et l’intestin, et des effets g-énéraux sur la constitution. Ces effets sont d’abord : une irritation habituelle, puis une inflammation chronique de la membrane muqueuse dig’estive et de ses annexes ; par suite dé cette irritation incessante, il n’esf pas rare de voir se développer les ■ dég-énérescences les plus g-raves, tels que : le cancer de ^ l’estomac que beaucoup de médecins attribuent à 1 us^e de l’eau-de-vie prise a jeun le matin. Le retard et la difficulté'de la dig-estion sont souvent le résultat de l’usag-e des alcooliques. Quelquefois l’ing-estion de ce liquide dans

l’estomac remplace presque complètement l’alimentation

solide; on a constaté dans ces derniers temps, un état ictérique, lié à différentes lésions organiques du foie.

Les effets généraux sont d’abord une modification du sang, inconnue dans sa nature et qui est due à l’action incessante d’un agent toxique étranger, l’alcool. Rœsch .. an . aol

l’a bien caractérisée^ lorsqu’il l’a définie un accroissement veineux du sang*. Les maladies que l’on attribue g*énéralement à l’excès d’alcool sont les suivantes : lés affections tuberculeuses et en particulier la phthisie pulmonaire; les maladies org-aniques du cœur, la cirrhose du foie, la maladie de Brig-th,lescong*estions cérébraies, les apoplexies sangaii nés et séreuses, le scorbut, l’épilepsie. Si l’alcoolisme ne détermine pas positivement ces maladies, il exerce au moins une grande influence sur leur production. Les affections calculeuses sont fréquemment la conséquence de l’usage habituel du vin associé à une nourriture très-azotée et au défaut d’exercice. L’abus des boissons spiritueuses détermine souvent l’impuissance, la stérilité, et exerce une influence sur la progéniture des individus des deux sexes qui y sont livrés. D’après Lippik, l’abus des spiritueux éteint en germe les deux tiers des enfants, et chez ceux qui naissent et qui vivent, il détermine des morts prématurées, une constitution faible, débile, délicate, quelquefois le rachitisme, la scrofule, des convulsions et des méningites.

Ce qui précède montre quel avantage il y aurait à supprimer les alcools chez l’entrainé; car il est bien difficile d’obtenir f usage modéré du vin chez un homme soumis à des travaux pénibles; il y aurait certainement avantage à lui substituer le café, surtout dans fété et dans les climats chauds, où l’usage d’un excitant est pre.sque nécessaire pour combattre l’inertie produite par la chaleur. [Le café est un stimulant spécial et énergique qui ne détermine ni chaleur ni stimulation locale épigastrique; son action est générale, il accélère la circulation, augmente la caloricité, favorise les secrétions

et lés excrétions, réchauffe et vivifie l’organisme. Son action calorifique en fait un des agents qui préparent le mieux l’homme qui va s’exposer aux intempéries de l’atmosphère à les subir sans accidents. L’infusion'de café est nourrissante et il est rare qu’elle soit indigeste; il faudrait que l’abus du café fût porté très-loin pour déterminer des accidents analogues à ceux que fon a désignés sous le nom de théisme ; des gastralgies, de l’anorexie, un abattement et une débilité générale. A plus forte raison doit-on s’abstenir des excitants employés par les naturels de l’Amérique du Sud, la coca, par exemple, dans le but de se mettre en état de soutenir de longues courses ou des travaux très-prolongés; quand bien même l’usage de cette plante éviterait réellement la fatigue que produit un travail pénible, cet avantage serait trop chèrement acheté, puisqu’on ne l’obtient qu’aux prix de troùbles notables dans la digestion, de cruelles insomnies, de l’affaiblissement des facultés intellectuelles, et d’un affaissement qui finit par conduire à une terminaison funeste.

En résumé, nous voyons que l’entrainement n’est pas autre chose que l’application sévère des principes de l’hygiène; les seuls po'intsde cette méthode que puisse négliger un homme soigneux de sa santé sont les évacuants et des frictions prolongées de la peau. Faut-il donc s’étonner que des hommes, concentrant toutes leurs forces sur un seul point et évitant avec soin toutes les causes d’affaiblissement, aient obtenu des résultats qui nous semblent aujourd’hui impossibles ? Je ne saurais mieux montrer les admirables effets de ce système qu’en reproduisant ici le passage suivant, tiré de l’or-

g'anoplastiehyg’iénig’ique de Rpyer-Collard(Mémoires de l’Académie de médecine, t. X).

« Un boxeur est un homme ordinairement âg’é de 18 ans au moins et de 40 ans au plus. Il entre dans l’arène nu jusqu’à Tombilic, ses mains sont fermées, mais non armées; placé en présence de son adversaire, il attend un sig'nal convenu pour commercer le combat. Alors ces deux champions cherchent à se donner de vig'oureux coup de poing’s depuis la tête jusqu à 1 épig*astre. On conçoit que des blessures graves, et même la mort puissent en résulter; on en a vu de tristes exemples, mais c’est là une circonstance extrêmement rare. Le plus souvent il ne reste plus au bout de quelques jours aucune trace de coups si terribles en apparence. On peut dire sans exag'ération aucune qu’en g-énéral les combats des boxeurs ne compromettent pas plus leur vie et même leur santé qu’une foule d’autres professions qu’on ne reg'arde pas comme dang^ereuses. Une force prodigieuse, une adresse singulière, une insensibilité aux coups qui passe toute croyance, et en même temps une parfaite santé, tels sont les phénomènes que vous présentent ces hommes, assurément fort différents des autres hommes. Gomment se sont-ils ainsi modifiés ? Est-ce par l’habitude même des combats? On serait tenté de le croire ; ne sait-on pas en effet que le corps s’endurcit, comme on dit vulgairement, aux coups et à la fatigue? Mais les débutants, ceux qui s’essayent à ce pugilat pour la première fois, ressemblent, sous ce rapport à ceux qui ont vieilli dans la pratique. Si ces hommes se sontfaits, pour ainsi dire, un nouveau corps et de nouveauxorganes, c’est par les préparations qu’ils ontsubies, par l’éducation spéciale qu’ils ont reçue. Avant

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