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d’entrer en condition, un homme pesait, par exemple, 128 livres; au bout de quelques jours il n’en pèse plus que 120 ; peu de temps après, il en pèse de nouveau 128, quelquefois plus, quelquefois moins, selon 1 org'anisation. Mais ses membres ont sing-ulièremenl aug-menté de volume. Les muscles sont durs, saillants, et très élastiques au toucher ; ils se contractent avec une force extraordinaire sous l’influence du choc électrique. L’abdomen est effacé, la poitrine est saillante en avant, la respiration est ample, profonde et capable de long'S efforts. La peau est devenu très-ferme, mais lisse, nettoyée de toute éruption pustuleuse bu squameuse, très-transparente. On attache une grande importance à cette dernière condition : quand la main d’un homme convenablement préparée est placée devant une bougie allumée, il faut que les doigts paraissent d’une belle transparence rosée. On tient beaucoup aussi à l’uniformité de sa .coloration. Si une partie est plus colorée qu’une autre, on juge que la circulation ne s’y exécute pas avec une régularité suffisante. Ges modifications de la peau sont des plus remarquables, on les observe constamment et elles sont considérées comme un des effets certains de- l’entraînement. On note encore que les portions de la peau qui recouvrent la région axilliaire et les côtés de la poitrine ne tremblotent pas pendant les mouvements des bras, qu^elles paraissent, au contraire, parfaitement adhérentes aux muscles sousjacents. Cette fermeté de la peau et la densité ou tissu cellulaire sous-cutané, résultant l’un et l’autre de la résorption des liquides et de la graisse, s’opposent à la production des épanchements séreux ou sanguins qui suivent ordinairement les contusions. G est là aussi un Barrion. ^
poipt essentiel. Sir John Suiclair assure que l’entraînement donne aux os plus de résistance, et qu ils sont rarement fracturés dans ses sortes de combats; il est plus probable qu’ils sont protég'és alors par le volume, la dureté et l’élasticité des masses musculaires. Il parait certain que oette g'ymnaslique athlétique diminue nota- Ijilement la sensibilité, ce qui se conçoit, puisque cette faculté est ordinairement en proportion inverse du développement de l’apparail locomoteur > toutefois si le corps se fortifie ainsi contre la douleur, il ne faut pas croire que les sens perdent en rien de leur activité ; les hommes qui ont subi ce rég-ime prétendent tous que leur vue est devenue plus nette, leur ouïe plus fine, leur esprit plus dég-agé; un sentiment général de bien-être, de confiance en soi-même en est le résultat ; de là vientque les Anglais ont habitude de dire que l’entraînement agit sur le moral aussi bien que sur le physique de l’homme. »
Quelle différence peut-on faireentreun pugiliste développé par te travail et un de ces soldats antiques dont les statues grecques.et romaines nous ont laissé le type, et qui nous paraît si souvent Jexagéré. L’homme d’aujourd’hui est capable tout comme celui d’autrefois : de travaux longs et pénibles|qui peuvent même dépasser la puissance de l’animal le plus robuste, lorsqu’il s’est préparé longtemps et avec soin. Si on laisse de côté l’exemple de Phylonidès qui,|au dire de Pline-le-Jeune, aurait parcouru eu un jour la distance qui sépare Elis de Sicyone, c’^est-à-dire plus de 220 kilomètres, exploit qui tient de trop près^au merveilleux pour qu’on puisse l’accepter, le plus grand coureur de la Grèce fut ce soldat qui se rendit en deux jours d’Athènes à Sparte,
faisant ainsi 30 lieues par jour. Cet exploit vient d’être imité par un américain, M. Wetson qui a parcouru en cinq jours une distance de 400 milles ang-lais ou 160 lieues. Cet exemple est d’aulant plus remarquable que M. Wetson n’est nullement un coureur de profession ; c’est un journaliste qui a entrepris ces courses de résistance à la suite de paris. Ce fait nous montre que ce n’est nullement la force et la santé qui manquent aux générations actuelles pour imiter les anciennes ; il ne leur faut pour cela qu’un peu d’énerg-ie et de cette patience dans le travail qui est le véritable courage.
Tout récemment, le capitaine Web traversait à la nage le détroit du Pas-de-Calais, parcourant ainsi sans aucun repos une distance de 23 milles marins (42,596 mètres). C’est la plus longue course qui ait jamais été exécutée à la nage, tant dans les temps anciens que dajts les temps modernes.
11 est impossible de pour.suivre plus loin l’étude des effets de l’entraînement sur l’homme lui-même, mais les animaux soumis à ce régime présentent des résultats plus étonnants peut-être, et que l’on peut suivre jusque dans l’intérieur des tissus. Les plus complets sont ceux obtenus par Bakevroll. 11 y a un siècle, environ, l’Angleterre n’avait pointd’agricuJture et pour ainsi dire point de bestiaux. Un homme parut, Bakewell, simple fermier de Disliley qui entreprit de créer dans son pays des races d’animaux domestiques qui n'’eussent pas d’égales au monde. Insouciant de la beauté qui tient à la grâce et à la proportion des formes, il eut uniquement en vue cette beauté purement relative, qui. n’est dans un animal que la conformation la plus parfaite pour l’usage auquel on le destine. Ainsi dans les bœufs réser vés pour
la boucherie, il voulut què les parties charnues qui constituent les mofceaux de choix se développassent avec un volume énorme au préjudice des parties basses ou parties de rebut. Après quinze années d’essais, il put montrer une race nombreuse de bœufs dont la tête et les os étaient réduits aux plus petites dimensions, les jambes courtes, la panse étroite, la peau fine et souple, tandis que la poitrine était vaste, l’intervalle qui sépare les hanches larg-ement développée et les masses musculaires si considérables, qu’elles formaient à elles seules plus des deux tiers du poids total de l’animal. Bakewell jug-ea que les cornes des bœufs étaient inutiles et souvent dangereuses ; il créa des espèces complètement dépourvues de cornes. C’est encore à lui que l’Angleterre doit cette race de gros chevaux qui font le service du roulage de Londres. La réforme des betes à laine fut sans contredit la plus difficile de ses entreprises et le plus beau de ses triomphes. Lui seul est parvenu à obtenir chez ses moutons de Dishley, la réunion de deux qualités que certains agronomes regardent comme incompatibles, la finesse de la laine, et œ développement des parties charnues. Le procédé suivi par Bakewell dans ses expériences consistait dans l’emploi simultané de deux moyens, ^accouplement des animaux de choix dans la génération, et plus tard un régime çonvehable.
■ Les idées dé Bakewell sont maintenant appliquées dans toute TEurépe. L’art du régime a été poussé à une étonnante perfection. On cdtinait a des signés certains quels sont les animaux prbpres' 'ou improprès à l’engraissement, quelles conditio'tià sont nécessaires pour lés àmehèr à uu degré d’embonpoint déterminé, sur
quels org-anes il faut directement agir pour favoriser ou accélérer la nutrition, quels aliments produisent la g-raisse ou les muscles, le lait chez les vaches, la laine chez les moutons. On mesure exactement pour chaque animal la nourriture, l’air, la lumière, le mouvement dont il a besoin pour être amené à tel ou tel état, pour être employé à tel ou tel usage. On sait à quel moment et dans quels cas la graisse s’accumule sous la peau ou bien dans l’intérieur des cavités splanchniques, ou bien dans le tissu même des organes. On calcule avec précision combien de livres par jour viennent augmenter le poids du corps pendant la durée du traitement. On soumet enfin au régime de l’engraissement toutes sortes d’animaux; ainsi des poissons, auxquels on a fait subir l’opération de la castration, sont placés dans de la mousse imbibée d’eau ; là ils restent absolument immobiles, vivant uniquement pour manger et digérer, et arriyent ainsi à un, volume extraordinaire, jjy; Tous les détails qui précèdent s’appliquent a l’enj, traînement du pugiliste. C’est le seul, en effet dont le médecin doive ,s’inquiéter, car il peut seul consolider la
santé., L’entraînement des jockeys, qui ne cherchent
qu’à maigrir le plus complètement et le plus rapidement possible, ne se compose que de purgations répétées
Q, et de suçes qui épuisent et attaquent la fibre musculaire.
Le même reproche pent être fait a l’éducatien des cougr reurs^un coureur après deux jours d’en train em eut di- . jminue ff’un poids de.18 livres et après cinq joui’s de livres,, Uu: homme qui pesait 120 livres se. troiive . prdinairisnient ,rédujt., iSp , quelquefois
,^mqin&à 80 iiyrç^. P’un' jo% à qn sait ce,qia’ils
ijrdpiventiperdjçejjy;,^
me viderai de 7 livres ; à la première marche, je pèse* rai 8 livres de moins. » Ils perdent plus le premier jour et chaque jour de moins en moins. Avant l’entraînement, le coureur ne pouvait courir l’espace d’un mille sans perdre haleine ; après, il court facilement 25 milles. II y a en Ang-leterre des coureurs qui ont fait 25 milles par jour, à reculons pendant six semaines. Une telle préparation réduit le corps de l’homme au plus petit volume possible, mais lui enlève en même temps une partie de sa force. Cependant, il faut bien conA enir que le coureur qui ne cherche pas à maig-rir trop rapidement et réduit la perte à une livre au plus par journée d’entraînement, qui surtout ne compromet pas sa santé et sa vie par des paris insensés, possède une constitution forte malgré une apparence chétive, et uneassez g;'rande résistance aux causes morbifiques.
Un système particulier d’entraînement est encore appliqué à une autre profession, celle des plong-eurs. Spalding*, ing’énieur ang'lais, a fait des remarques importantes sur le rapport qui existe entre l’activité de la respiration et celle de la digestion. 11 a constaté que l’on consomme d'autant plus d’air dans la cloche à plongeurs "qu’on s’est nourri de substances animales ou qu’on a fait usage de substances stimulantes. Lorsqu’il •voulait se livrer au fond de la mer à des travaux de quelque durée, il se réduisait à une diète végétale et à de l’eau pour toute boisson. Les plongeurs comme les coureurs s’habituent à développer leur force respiratoire par un exercice préalable et comme eux acquièrent bientôt sous ce rapport des facultés extraordinaires. On voit que ce genre d’éducation, tout en rendant le travail du plongeur moins pénible, place
l’homme qui le subit dans de mauvaises conditions hygiéniques. Il est privé de viande et de boissons toniques ; il doit vivre en partie dans une atmosphère dont la pression diffère beaucoup de la pression normale; il doit arriver rapidement à la langueur et à l’anémie.